2019.09.25 | pilotis, allégorie & la rentrée sans toi


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Dans les souvenirs d’enfance c’est une manne jamais épuisable, au rythme de laquelle vivent toutes les familles du village. C’est encore le cas dans cet été 1973 (celui du coup d’État de Pinochet) en stage chez SKF à Fontenay-le-Comte, quand tu les voyais tous filer vers la côte pour la marée. L’estran maintenant est stérile, sur toute la longueur des côtes. Les cabanes sont restées. Parfois on les regarde, tremper leur carrelet rempli de restes un peu défaits. Mais ça reste une carte postale. Allégorie pour nous tous, se percher là-haut, tourner le dos à la vieille terre et lever la passerelle, avoir cabane face horizon. Pour qui écrit, encore plus, on laisserait venir les tempêtes, ça vous aérerait le dedans. Au lieu de quoi on fait trois photos de carte postale, et on reprendra les péages pour retourner à la ville. On ne sait même pas si on n’en est pas les seuls dépositaires, de l’allégorie sur pilotis. Sinon, aujourd’hui c’est la rentrée des étudiant.e.s, dans l’école où j’ai officié pendant six ans : pas de regret, c’est des étapes de vie — seulement tu te sens d’un coup renvoyé à ça, les petites îles solitaires de bois plantées devant la mer, en parallèle, et débrouille-toi avec ce que t’as.

 

 



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 25 septembre 2019
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