2019.09.24 | énigme de l’image trouvée


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J’ai au moins deux amis artistes travaillant à partir de photos trouvées, il en existe certainement beaucoup plus. Vendredi dernier, le matin au Louvre j’ai stocké dans mon appareil un certain nombre d’oeuvres ou détails d’oeuvres. Je fais ça toujours, et je regrette un peu, ces trois ans où la vidéo avait la priorité, d’avoir négligé cette documentation que Lightroom rend facilement archivable, alors que j’efface mes rushes vidéo. Là on prépare la séance de vendredi prochain, non sans appréhension, parce que les mauvaises conditions d’accueil de vendredi dernier ont un peu gâché la journée. L’idée est que les élèves filment eux-mêmes, se filment eux s’ils veulent, filment devant des oeuvres ou détails d’oeuvres les textes qu’ils ont écrit, les paroles qu’ils veulent adresser. Donc on avait deux GoPro, et moi mon GH5 plus un petit LX15 point & shoot (justement, pour que photographier et filmer simultanément redevienne possible). En principe je garde pour moi le GH5 et fais tourner le LX15, mais la semaine dernière ils m’ont emprunté les deux. Dans les images retrouvées, celle-ci. Ce n’est pas moi qui l’ai prise, je m’en souviendrais. J’étais dans les mêmes salles, et simplement cette peinture je ne l’ai pas vue [1]. Lightroom précise qu’elle a été prise avec le LX15, à 15h51, au 1/60ème à 1.4 d’ouverture et 125 pour les ISO, au format 5472 x 3648. J’ai une vague idée de celle qui l’a prise. La magie ou l’énigme de l’image trouvée commence ici : en quoi le fait qu’elle l’ait choisie et photographiée conditionne en retour mon regard, et l’ouvre à cette peinture ? Que nous enjoint-elle d’y voir, quel rêve, quelle symbolique, quel espoir ?

 


[1Recherche images sur Google, résultat immédiat : Félix Thomas, 1853, Le pacha de Mossoul visitant les ruines de Khorsabad.


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 24 septembre 2019
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Messages

  • je regardai passer les gens - j’aime marcher j’avance, j’ai mal aux jambes, aux genoux, sous les pieds - j’avance je marche - je découvre j’adore ça en ville - ils ne se savent pas être dans la même image, non plus qu’y être simplement - tout le monde s’en fout remarque, je sais bien - j’aime ça mais l’automne va me gâcher ce plaisir - moins d’images, moins de sorties plus de travail - il y avait une fois un des principes d’une enquête qui était de confier aux enquêtés des appareils de photo jetables afin qu’ils fassent et rapportent des images de ce qu’il aimaient/détestaient/trouvaient/ dans leur promenade au parc - ça n’a pas marché : deux ou trois seulement acceptèrent et les images étaient floues - c’est une affaire d’usage et de tempérament - on avance sous le joug, rédige les devis, de soi-même on se propose pour réaliser ceci ou cela en pure perte - on agonit les directeurs (on dit managers ou mieux encore manageurs) on est content d’être en dehors de leurs immondes et minuscules pouvoirs - continue mon camarade, continue

  • je m’y retrouve bien, dans ton texte, merci