2019.10.11 | vie sauvage à Luçon


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La ville de Luçon, associée à des paysagistes de renom, a décidé l’implantation en son territoire de plusieurs de ces allégories pour méditation artistique. Non pas un lieu vide, mais isoler le lieu vide. Murs des trois côtés, six camions d’enrochement pour le côté dit de méditation, vue pleine face, mais sans possibilité de pénétrer. Pour le quadrilatère ainsi défini : livré à lui-même. Tant de ces plantes parfois sans nom se contentent de quelques fissures dans le béton. Approchez : votre téléphone vibre,portez-le à votre oreille, la voix vous dit de vous arrêter, de regarder. Qu’il s’agit d’une allégorie : à l’intérieur de vous aussi, aménager ces espaces vides, prévoir l’enrochement qui l’isole, ne plus entrer. Les plantes sont les souvenirs, les fissures sont les rêves. Les murs des trois côtés sont le passé, le présent et tout au fond l’avenir, indéchiffrable. Vous aurez gagné, même encerclé par le réel, qu’un espace résistera à toute appropriation. Vous continuez votre chemin, vous vous éloignez, la voix cesse. Maintenant c’est à vous, d’isoler à l’intérieur de vous les possibles terrains vierges. C’est ce qui remplace les anciens jardins publics bien peignés de Luçon,son jardin Dumaine. Le vide urbain est un dispositif optique. Quatre de ces allégories, dans les quatre orientations principales de la ville, tout autour de l’ancienne piscine murée : elle-même a ce rôle. À l’intérieur de vous, des lieux inaccessibles, mais de plus invisibles, parce que murés. En se faisant allégorie, la ville se réouvre à un imaginaire d’aujourd’hui, à la possibilité de liberté intérieur : décrivez la piscine vide murée qui est en vous, et vous la trouverez.

 

 



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 11 octobre 2019
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Messages

  • (il y a des trucs qui m’échappent par exemple le nobel de littérature à handke - quand j’étais petit (ça fait un bail, c’est vrai) je pensais que le nobel de littérature était quelque chose d’enviable, une renommée - ils l’ont donné à Patriiiiick et à Bob (bon, c’est aussi un chanteur et c’est quand même un poète et puis on l’aime depuis la grande route 61 - à d’autres dont j’ai oublié les noms mais peu importe - bof je me demande (j’ai lu la tribune de matton et py dans le canard et je me suis souvenu du dégoût qu’avait provoqué l’ enterrement de ce fumier en effet) (oeuvre/homme OSEF - quoi qu’il puisse arriver je ne lirai pas l’abject destouches) (je me souviens de ces chanteurs - une centaine peut-être (attends je vais voir) (on me dit 44) (c’est déjà pas mal - "laissez votre ego à la porte du studio" leur disait quincy jones à ce qu’il paraît) (le goût qui continue avec le live aid - cette mode ou bien) en tout cas image de bob qui chante là