#Evry #10 | muette menace des antennes


Evry corps béton, roman-photo, le sommaire
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Nous sommes baignés par les antennes. Elles sont discrètes, mais omniprésentes. On ne s’en occupe pas. On ne sait pas qui s’en occupe, les entretient, répare, installe. Même chez soi c’est lesté d’antennes. Si le réel est manipulé par les antennes, comment ce serait absent de nos récits. C’était déjà un peu cela dans Tumulte (ou bien ici, sous ciel plus bleu) mais peut-être pas encore directement ciblé sur l’énigme des antennes. Ou encore, plutôt : non pas que les antennes soient si énigmatiques, et compte surtout la relation que nous entretenons avec les ondes qui nous cernent, et interagissons avec elles, mais énigmatiques les objets qui incluent les antennes.

Alors j’ai fait cette expérience. L’objet, l’énigme de cet objet aux trois antennes, était en plein dans le couloir. Aucune explication, aucune précaution indiquée. Alors je me suis positionné en face, juste en face, et j’ai pris un peu plus d’une heure pour avancer.

Détection de mouvement, reconnaissance faciale, balises de localisation, récepteurs sismiques, transmission des paroles, des images, des flux d’information, tout passe par les mystérieux capots de plastique terne des trois antennes.

L’idée, c’était comme on fait avec les animaux qu’on veut photographier : tu ne bouges pas, ils ne te repèrent pas. Avancer si lentement vers l’antenne qu’elle ne te détectera pas. Comprendre le rôle et le fonctionnement de l’antenne parce que tu auras réussi à t’approcher d’elle sans qu’elle te détecte. Je l’ai fait.

Y compris cette indication trompeuse sur les câbles, y compris le code énigmatique lui aussi qui les identifie. J’ai pu approcher les antennes comme personne ne l’avait fait.

Il faut observer soigneusement la très légère rotation du capot cylindrique gauche si on veut comprendre ce qui menace.

Voici les photographies qui en témoignent.

 

 



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 24 février 2020
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