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2021/08/09 | Tours, Buren du soir, tour du désespoir

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La place du Palais-Royal, à Paris, entre le Français et le ministère de la Culture (oh ce texte de Malraux en mai 1968, avec le soir qui tombe et le petit chat de Picasso), je ne l’imagine plus sans les Buren. Même les enfants qui se l’approprient, c’est un signe. À Tours d’ailleurs, peut-être que le problème n’est pas le Buren, aux villes de province le grand artiste livre ce qu’il juge bon pour la province, mais la Tranchée : cette avenue qui au XIXe remontait avec prestige depuis le pont et la rue Nationale pour s’en aller vers Le Mans et Paris, bordée de platanes et de vieux hôtels. Mais maintenant c’est sex-shops et kebabs, magasin de musique fermé, un coiffeur et un bar-tabac vers le haut, et rien à faire, cette trouée bourgeoise qui s’appelait Tranchée pour éviter les quartiers populaires et ouvriers de Sainte-Radegonde (maintenant l’agglo a tout mangé), avec ses deux pavillons de l’octroi, n’est plus qu’un genre de carie où le tramway fonce sans regarder. Les Buren, il y a dix ans, encore neufs, avaient du pimpant. Maintenant plus rien que des blocs urbains dans la masse des signes urbains, ici déclassés. La courbe réservée aux trams, dans le milieu du rond-point, écarte encore plus et la circulation, et d’éventuels piétons, et même le regard. Couleur béton recouvrante. Ce soir j’avais quelques minutes là pour une course, j’ai fait quelques photos, voir ça grand-angle. Sera pas facile de s’en débarrasser, du monument périmé. J’ai fait 2 images 360 aussi, mais je boude un peu, ces temps-ci, la 360 : faut dire qu’il y a ces vidéos en 1 minute qui ne prennent pas beaucoup de temps à faire et à monter, mais occupent pas mal les récréations cervelle.

 

 


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 9 août 2021
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