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Saint-Florent le Vieil, lumière langue

Bien sûr il y a beaucoup plus à dire sur ce qu’on apprend du fonctionnement d’une médiathèque qui marche, et j’y reviendrai. Appris plus que prévu dans ces mois de Bagnolet, et toujours parce qu’il faut toucher du doigt les rouages qui échappent. Par exemple, hier, le fait que l’absence d’un livre en rayon (les Don Quichotte d’Aline Schulman, les Poëmes en prose de Baudelaire) prouvant d’abord qu’on fait bien son travail, puisque justement ils sortent et sont lus, les livres... Mais bizarre qu’on ait prévu de passer notre journée à filmer, dans la bibliothèque vide, des déplacements, des trajets, et qu’on se soit fait avoir... par un chat. Une chatte, en fait, et sauvage. Entrée dans la médiathèque pour y planquer des juste-nés introuvables. Alors la nuit c’est fête, déclenchement des alarmes, déjections pas très agréables. Mais dans la journée, point mobile organique indétectable dans l’immensité des salles à livre. Même en s’y mettant tous. Un moment, dans le silence d’une lecture de texte, l’ai entendue miauler, puis détectée, derrière la cloison mobile d’un point de consultation vidéo. Coincée, et effrayée. On s’est mis à quatre, mais elle a rebondi deux mètres plus haut sur la mezzanine jeunesse et a filé, introuvable à nouveau. Rien de plus, pas d’allégorie, rien d’intéressant. Ou alors imaginer quoi : un livre du même type, dont on saurait l’existence dans la bib et qu’on n’arriverait jamais à localiser ? En tout cas, ô bibliothécaires lecteurs, si vous avez une solution (non destructive !) pour Bagnolet...



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 8 juillet 2009
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Messages

  • Auraient-ils remplacés les rats ?
    Un peu triste monde où la moindre présence déclenche des alarmes. Autres nuisances sans doute pas si lourdes (tout dépend de leur nombre). Le plaisir quand sortent les livres qu’on a contribué à réactiver. M’est souvent arrivé dans la bibliothèque de "l’usine". La dame qui me disait : C’est curieux depuis que pour toi on a ressorti "Les Thilbault" de la réserve, ils sont toujours demandés.
    Alors je souriais.

    Voir en ligne : traces et trajets

    • Je me souviens d’un été c’était un oiseau qui s’était invité dans les luminaires haut perchées qu’aucune échelle ne nous permettait de déloger. Toutes fenêtres grandes ouvertes, dans l’ancienne bibliothèque de la rue du Franc-Mûrier à Melun, on s’était tous mis en chasse nous aussi. Et il était finalement sorti tout seul le facétieux volatile, sans que nos menaces et nos vaines supplications ne servent d’aucune manière. Juste parce qu’il avait besoin de manger, de grand air. Quant au livre qui disparaît quand on le cherche, ce pas imaginaire mais dure réalité de nos rayonnages. C’est toujours le livre qu’on cherche qui n’est pas à sa place. Emprunté, mal rangé, déplacé, envolé comme l’oiseau, à croire qu’il est vivant le livre !

      Voir en ligne : Liminaire

  • ... on est épuisé. En dépit des doutes constants, on reprend le collier des mots. Ceux que l’on dit et écrit juste pour soi ; juste pour voir où ils emmènent. Comme Montaigne de son chat, on ne sait qui joue avec quoi.

  • qu’une chatte élise une bib pour y élever ses petits est vraiment bon signe pour la bib et son ambiance (et pas étonnant que ça se passe à Bagnolet)

  • et heureusement : déjà qu’on se demande où dormir...

    Voir en ligne : Fenêtres open space

  • Cette chanson m’appelle et toujours de Paris elle m’indique la réalité, depuis peut-être quarante ans, je ne sais pas (je vais me renseigner) et surtout "là bas où le destin de notre siècle saigne" sans doute, et puis tant d’autres mots, tant et tant (et c’est pourquoi je l’aime, Aragon) :

    "le crépuscule met ses lambeaux écorchés,

    Quand le vent hurle au loup dessous le Pont au Change,

    Quand le soleil au bois hurle avec les oranges

    Quand la lune s’assied de clocher en clocher

    Je pense à toi, Desnos, qui partît de Compiègne

    Comme un soir en dormant tu nou en fis récit

    Accomplir jusqu’au bout ta propre prophétie..."

    (photo de ma fenêtre : ce soit, à Paris, le crépuscule, de clocher en clocher...)

  • Je me décide ce soir à (enfin) compiler un an et demi d’interventions dans le petit journal. Il va falloir remonter dans le temps, celui qui manque oui, ou celui qui perdu ne se rattrape jamais mais là peut être un peu du coup. Me demande surtout ce que je vais y retrouver

    Voir en ligne : KMS

  • cette impression de déjà vu, contournant ce monoprix dans lequel je venais d’acheter mes deux bouteilles d’Hépar et mes quatre abricots quotidiens

    Voir en ligne : L’employée aux écritures

  • Une certaine tendance à l’insomnie, un besoin de vacances (pourquoi faire ? travailler...), une envie de Venise, Trieste, Lisbonne, Gênes, les caravelles, voilà, la Méditerranée et le Nouveau Monde, les Indes par Panam(a), "José" en boucle (Anis, Portugal...) avec des passages de l’opus 100 (Barry Lyndon et Marisa Berenson, évidemment) et la charrette qui n’existe plus (et les déclarations tva urssaf garp takatak ? ouais bon, on verra)

    • - bonjour madame - bonjour - au revoir - au revoir monsieur - entretien cata avec un directeur de pôle - emploi - vos loisirs ... la poésie sonore , improvisation - ah je ne connais pas ... blablabla ... en rentrant celle qui explique à l’enfant le vent du nord , le vent de chez toi

  • J’ai passé ces trois derniers jours soirées, dîner et déjeuner en compagnie variée d’hommes (et d’une femme) chaque fois passionnés, beaux et passionnants, qu’il était question de livres, de films de musique et de voyages et du filage du temps. Certains partages rendent la vie chaleureuse et belle. J’aurais mis si longtemps à rejoindre mon pays. Mais quel privilège qu’il soit ainsi.

    Voir en ligne : traces et trajets

  • Ca recommence (on est pris par ce petit journal, faut le nourrir), la voiture, les sacs, on va pleurer encore cette fois-ci mais c’est normal, il faut que les choses changent parce qu’elles ont changé, ce qui fait qu’on va retourner au bord de l’eau, on va regarder les mêmes paysages, sentir le vent et les embruns, regarder la mer monter, le soleil aller, les oyats et les chardons, le sel et l’écume, moi, ça me va mais c’est un peu mélancolique (je crois que ce sera la dernière fois)

  • De vendredi il ne reste que la sortie de bain le soir, à se demander si ça ne devient pas un réflexe Pavlovien, le désir qui monte avec l’odeur des sels de bains.

    Le mauvais temps laisse l’impression d’avoir été floué de quelque chose, l’été s’enfonce dans l’escroquerie. Ca donne aux rues de Paris une atmosphère irréelle. Comme une menace sombre sur la ville.

    (Mis en ligne la première partie de ma compilation du Petit Journal. Surpris de voir comme les jours s’enchaînent et écrivent une histoire)

    Voir en ligne : KMS

  • Finir la soirée avec de vieux Al Green et sa voix de velours parfaite pour l’été même si actuellement ça n’y ressemble pas. Je rêve de marcher pieds nus dans l’herbe sous les étoiles dans un grand parc avec au loin, les échos de la fête à mes oreilles et cette musique s’envolant dans la nuit. Dans la nuit humide.

    Voir en ligne : KMS

  • Ce soir, grande première, vais voir l’un de mes frères en concert.

    • ce qui les place les charge les architecture les hierarchise les majuscule les minuscule les livre les exclut les rejette les repose les secrète les fige les répand les entraîne les dépasse les sépare les camoufle les isole les torture les broie les interdit les porte les entraîne les détourne les embarque les écarte les déploie les lisse les fixe les infiltre les découvre les démolit les tranche les craque les écrase les brûle les abandonne les mêle les dévore les brusque les glisse les frôle les vide les retourne les liquide les décharge les déniche les considère les encadre les commande les éclipse les mesure les traverse les invente les incarne les parcourt les plaque les perce les lance les joue les immobilise les désinfecte les désanime les fissure les menace les irrite les brusque les coupe les déguise les éblouit les vole les déverse les plie les range les clame les épuise les brise les rejette les dénude les joue les marie les rouille les déchire les blesse les contemple les sculpte les brûle les efface les souffle les précède les suppose les manifeste les expérimente les aborde les métamorphose les rompt les asservit les hallucine les enchevêtre les retranche les inscrit les envoûte les tous les mots sont comme les autres ce qui les ...c’est la vie

    • C’est beau ces "les" alignés.

      Voir en ligne : KMS

    • les mots, il a fallu les trouver ce soir lorsque j’ai appris qu’une amie proche avait une vilaine tumeur à un rein et qu’il fallait enlever ce rein ;quelle terrible saloperie ! AME, accablée ce soir, abattue.

    • Courage et amitié, force et espoir...! Avec toi AME

  • cet apres midi !

    Amis du Petit Journal, a trop me parler du Portugal, non juste assez ! m y voici, m y voila.

    Voir aussi en ligne Meme si

  • Il en est de ma cuisine comme du reste, il y a toujours un goût d’insatisfaction, un goût d’inachevé, d’un petit quelque chose manquant pour que cela soit appréciable. Rien de mauvais non. Mais la petite touche de finition qui ferait que ça soit réussi.

    Journée entre deux, parenthèses, trains. Au milieu un peu trop de vide certainement.

    Voir en ligne : KMS

  • Le monde m’a surpris dans la rue Montorgueuil, juste avant de descendre les quelques marches, à coté de St Eustache. La chaleur fait sortir les gens, les fait parler plus fort aussi, comme si la température avait un rapport avec le niveau sonore. Au musée les mobiles de Clader étaient fixes, est-ce que c’était pour tenter (vainement) d’arrêter le temps ?

    Voir en ligne : KMS

    • cet après -midi à Maxéville , en remplacement , durée 4 mois , après signature , entrer dans la classe , rapidement vue en juin , avec l’enfant au ballon bleu , rentrée 1er septembre ... envisager enfin l’été comme un été de vacances , même si , ben oui , le mémoire faut le terminer !

    • Doucement, sans doute, mais pause, non, tranquille : back in Paris avant de retourner ailleurs, sans compter le reste, mais ce message car je compatis, KMS, vu que je compile les photos et les textes du PJ, et qu’on comprend que quelque chose se passe à part nous

  • ces lions bruxellois, capt(ur)és hier dans un quartier de sièges sociaux et bâtiments administratifs.

    Voir en ligne : traces et trajets

    • situation très dure pour les instants chavirés de Montreuil , grand lieu de l’improvisation musicale, qui risque de disparaître alors prendre deux minutes pour signer

    • merci Gilda (’tain, cette engeance léonine ne connaît donc pas de frontière ? Reçu d’ailleurs quelques uns, montpelliérains (cathares ?) de apap : qu’il soit ici remercié (et hop en voici un - deux : gémeaux ? plus écoeurant, pourtant, que l’astrologie, qu’y a-t-il ? et pourtant, comme la sorcellerie est belle quand elle est expliquée par les sorciers eux-mêmes : Jeanne Favret-Saada nous livre son expérience magnifique, avec sa complice, Josée Contreiras, dans leur "Désorceler" , L’Olivier penser/rêver ;

      les lions sur les portes ont quelque chose de spécial)

    • la nuit rêve un homme assis dans une pièce éclairée , reconnais mon voisin , ce matin écoute de Radio Greux via le site de Philippe Zunino , un voisin qui fait de l’art -audio , merci à tous les invisibles voisins via le Petit Journal ( un an que j’ ai ouvert la porte ...)

    • nina a dit...

      VIOLENCES+VOL :
      Ceci est une tentative de gros scandale public parce que ça calme pas mal les gros connards en attendant de trouver enfin un avocat qui réglera ce problème de non respect de mes droits les plus élémentaires et je le conseille à chacun qui peut avoir des ennuis avec ce gros connard de sarkozy ou sa clique de clowns de flics minables : je suis donc en train de régler un petit problème du genre détail avec cette grosse tache de si peu président de la république Française, en lui envoyant un avocat pour mises sous surveillance illégales, lynchage numérique inspiré de bonnes vieilles méthodes qui ne déplairaient pas au ku klux klan, lynchage qui n’a mobilisé personne sur le web ou dans la presse et plagiat, par une grosse pouffe, vulgaire et ridicule et qui passe à la télé, de mes petits textes web.

      Quant a sarkozy, s’il n’aime pas le web, et s’il n’aime pas la rue qui sait, la preuve, très bien se défendre, qu’il la quitte !

      nina- blog etc

  • Je tiens mais parfois avec difficultés (les lieux de vacances, si proches si simples si éloignés d’internet pourtant : la profonde Normandie, l’eau à 18 attention) et de retour, je marque, le travail à nouveau (retraite ? François nous sommes de la même année, qu’allons nous devenir ???) et encore les insomnies, le fado de Misia (recommandé par apap : on se voit mercredi ) la lecture l’écriture (chez moi, elle est grise) les enfants le couple la famille la place clichy avec mon frère, les mails des ami(e)s, les contributions, le blog - ça vient...- les bagages à nouveau et les appels téléphoniques, sms et compagnie... allez roulez

  • voir "ce cher mois d’août" surtout parce qu’entendu dire quelque chose sur le Portugal : rien de tellement formidable, sinon la fin avec l’ingénieur du son, le générique... les choses passent à présent, je reconnais les mouvements de caméra, les allers et retours fictions/vérité/réalité : le temps et les vacances, les jours pleins et les espoirs, continuer à explorer et tenter de donner une chance à qui peut la prendre... c’est la fin du mois de juillet, on a marché sur la Lune 40 years before on s’en fout vive la musique

  • Entendre de facon approximative, chercher Pereira printemps, decouvrir Pereira pretend, avoir souri de la meprise, regretter de ne pas l avoir avec soi.

  • depuis toujours, le jardin du Luxembourg est comme le parangon de Paris, comme la place Denfert Rochereau ou la gare de Lyon (ici, j’aime me croire dans "Blow Up" pas mon préféré mais tout de même). Aujourd’hui, dernière avant la rentrée

  • Je me souviens qu’il y a quelques mois en novembre, ma tante tombait dans les escaliers, qu’elle se fracturait son poignet droit, que deux broches lui furent posées (elle aurait sonné sous les portiques des aéroports) ; aujourd’hui, elle m’a dit que la villa où elle vivait, elle et sa famille dans les années 20 s’appelait Ramella "tu ne peux pas imaginer..." (fenêtre de l’hosto, la Tour Eiffel le parc à Dédé Citron -comme on disait- les nuages)

  • le truc vert est haïssable, on voit la bibliothèque, et au fond, la centrale de Vitry lu d’Issy, je ne sais pas bien, avec son panache de fumée, qui me fait toujours penser au Doulos, lorsque Delon court sur la passerelle qui enjambe les voies de chemin de fer (je ne suis pas sûr que ça se passe là, d’ailleurs) mais cet après midi, j’allais à mon rendez-vous et la pluie allait tomber (vous voyez le temps qu’on a Orsalia ?)

  • Mineurs des années 30 souriant, travaillant tandis que chante Margo Timmins (clip des Cowboy Junkies découvert grâce à Philippe Rhamy) : nous y revoilà.

    Voir en ligne : Fenêtres open space

  • Je ne sais pas, cette année, rien ne va plus comme avant, des aller-retour, des gens différents qui viennent, que je vais voir, probablement, les choses ont changé... peu de chose... et tout à coup tout a changé, un seul être vous manque et tout est dépeuplé ou quoi ? (la cale de Blainville-sur-Mer)(une semaine d’arrêt et Paris au mois d’août)

    • moi non plus , rien n’est plus comme avant ; je ressens continuellement les aléas qui peuvent s’interposer entre mes projets et leur réalisation ; tout peut arriver , maladie, accident,changements ou pépins divers et je ne suis plus jamais sereine, les craintes s’installent, et c’est sans arrêt "pourvu que..pourvu que.." étais-je inconsciente auparavant ou bien suis-je entourée de gens qui accumulent les ennuis ; ce doit être plutôt çà ; ma brave dame, il ne faudrait pas vieillir...Desolée, c’est un bien sombre retour dans le petit journal.

    • Le sentiment je le reconnais
      Ce "pourvu que" qui tourne dans la tete.
      Je me sens plus faible chaque jour qui passe.
      Comme si quelqu’ un "implante" devant moi des montagnes, et moi il faut les eviter tous comme dans ces jeux videos, pour les enfants, qui nous poussent continuer mais un son nous arrete et notre hero est retombee au premier niveau. Sauf qu ici on ne peut pas recomencer.
      Je penser que c’ est le temps qui pese sur nous, mais aujourd hui je sais que on avait depasse les bornes humaines "du temps" La notion du temps n’ est plus conforme a nos cellules mais on est pas conscient a ca.
      Et puis la crise economique et ses resultats autour de nous Nos amis au chomage, nos amis sans maison et nous toujours a une effort de depasser les dificcultes comme dans ces jeux mais le mechant pour l’ instant est plus fort que nous.
      Pourvu que .....

  • Pris à Bruxelles tout à l’heure. Quand je pense qu’en tout juste une semaine j’ai déjà attrapé l’accent, je me demande dans quel état nous retrouverons le tenancier après son année de travail en des contrées au français chantant.

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  • Il a eu la gentillesse de poser devant l’un des trois lions.

  • C’est qu’il commence sérieusement à me porter sur les nerfs, ce lieu qui doit m’accueillir en résidence en théorie à la rentrée et dont dépendent entièrement mes futurs revenus. A la rentrée ? Oui, non, peut-être... Un bon mois que ça dure. Et la meilleure : dans le mail écrit le vendredi soir, ils disent : on vient d’avoir une réunion, on vous propose deux scénarios (aucun détail), on vous appelle lundi matin, vous les explique, et ensuite il faudra choisir. Allez, bon week-end !

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    • Écrire est un métier qui requiert un grand sang-froid financier - du moins tant qu’on n’est pas rentiers -. Penses-tu que leur désinvolture soit volontaire ? Qu’elle est une façon d’obliger les postulants à accepter certaines conditions qu’en temps normal ils auraient refusées ? Courage de bonne patience.

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  • Il y a plus de trente cinq ans, ce même 2 août, dans une même voiture (celle-ci est sans doute plus âgée, le sigle me semble plus ancien - le sigle de la voiture de mon père, j’ai failli, avant hier soir à Montmartre le capturer sur une 404 verte, mais berline) nous partions pour le sud, l’Italie, la Sicile, le bateau, la Tunisie le pays Djerba Sousse Kairouan Monastir ElDjem et Carthage évidemment retour par Naples et le choléra et les poubelles qui brûlent dans les rues, la chaleur de plomb, les granites sur la plage de Latina où vivait mon frère, et le retour par Lyon

    • L’épidémie de choléra, en Italie je m’en souviens. Sans doute moi si souvent malade (enfant) la peur d’en attraper une de plus et qui serait fatale celle-là. Croire benoîtement les paroles rassurantes et peut-être un peu anti-sud de mes parents (mais non, dans le Piémont on ne craint rien).

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    • c’était aussi un 2 août, il y a 50 ans,à l’arrivée en vacances dans la Creuse, mes parents nous faisaient faire le tour des fermes pour dire bonjour aux cousins ; j’étais pre-ado et nous arrivione à la ferme lorsque les gendarmes en sortaient ; ils venaient d’annoncer la mort du fils en Algérie ; je n’ai jamais pu oublier les cris de cette femme qui ne reverrait jamais son enfant ; je m’en réveille encore parfois la nuit et cette scène me hante ; Enfin, il parait que ce n’était qu’une opération policière....

  • Un de mes acteurs préférés qui meurt (le crabe s’empare de la moitié de nous autres) et tout est encore dévasté (on subit) : je le voyais la semaine dernière avec Cremer dans un Maigret et je me souvenais de lui dans Quai Ouest, en 86 je crois bien aux Amandiers, Nanterre Chéreau enfin tout le bataclan, mais je ne l’aimais pas spécialement pour ça, je l’aimais parce qu’il vivait toujours sous nos yeux les gens qu’il incarnait, avec lui-même sa brioche, sa grosse tête coiffée, et ce sourire si amical et timide, cette lèvre un peu pendante et humide, un type adorable, alors je pense à lui

    • la dernière fois que je l’ai vu, c’est au théatre habertot en 2002, je crois, dans "le jardin des apparences", une voix inchangée depuis si longtemps,son côté un peu bourru, quand il entrait en scène, on le reconnaissait en deux mots ; il n’était pas le type prisonnier d’un physique ou des apparences ; il ne jouait pas, il "était".

    • moi aussi, triste. Même si je n’ai pas su le dire à la hauteur de l’absence qu’on ressent. En plus comme souvent quand des personnes ont été gravement malade et en sont revenues, mon optimisme naturel, ma naïveté incurable, mon beau brin de bêtise me font croire que s’ils s’en sont tirés, c’est pour continuer en nos compagnies une éternité. Les récidives et autres rechutes me laissent dés lors toujours pétrifiée (alors que pourtant je sais fort bien les risques de).

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