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escripre

« Tu escriras écrire et non escripre. » C’est une phrase de Ronsard. Pour publie.net, occupé à insérer une à une, sur 300 pages, une bonne centaine de notes de bas de pages, plus les italiques des citations, dans un essai de Benoît Vincent sur Pascal Quignard (moi qui ai toujours détesté les notes de bas de page), ça m’a sauté à la figure : je connaissais les Petits traités par morceaux, quelques-uns des 40, mais pas dans l’intégralité qu’ils constituent. Et j’y lisais Quignard, l’explorateur qu’on aime tant suivre dans son Dernier royaume, avant de considérer sa matière pour elle-même. Via l’essai de Benoît Vincent, je découvre comment l’ensemble de ces paramètres qui touchent à la lecture et l’objet qui la transmet ici sont prégnants (le traité Du rapport que le texte et les images n’entretiennent pas, lui-même suivi de Les langues et la mort). Le mot écrire, l’invention de l’accent, le surgissement du e. Le mot page, et son étymon pagina. Le mot lire, du traité Lectio au traité Liber. Tous ces mots ont passé dans ce qui nous lie au numérique, et les routes ouvertes par Pascal Quignard avant le numérique, nous les lisons dans notre besoin et nos doutes d’aujourd’hui. Alors, aux Cahiers de Colette, rue Rambuteau, pour le dernier achat livre avant transfert, j’achète les 2 tomes Folio des Petits traités : ce sera Quignard, dans l’avion. Quelque écrit qu’il soit, l’obélisque de la Concorde n’est pas un livre, cite Quignard : heureusement, vous voyez ça, dans la valise ?


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
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1ère mise en ligne et dernière modification le 11 août 2009
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