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Descartes crâne à Québec

Ce n’est pas de la faute des Québécois, et l’exposition paraît-il est remarquable, tant mieux. M’enfin, pourquoi venir respirer dans nos petits secrets de famille, pas les plus avouables ? En plus, ici, les urinoirs sont partout de marque Crane, on a ce mot-là devant les yeux chaque fois que. En Europe, c’est notre plaie : on a le crâne de Goethe et sa cervelle, à la BNF le coeur momifié de Voltaire en petites bandelettes sous le socle de la statue, et donc environ 4 ou 5 crânes de Descartes, dont le plus statistiquement et probablement original – et amoureusement taggué – aurait été dérobé dans sa tombe en Suède ? Pierre Bergounioux a tenu à rendre hommage à Descartes dans un livre, moi j’ai joué aux pilleurs de crâne à propos de Baudelaire : mais ce sont des mots (words, words, words). Aux États-Unis ils ont gardé la cervelle d’Einstein mais, las, sans y trouver quoi que ce soit d’es-spécial. Donc nos musées exportent le crâne de Descartes, je suppose location et assurances pris en charge par les destinataires, pour l’enrichissement pédagogique des petits loups d’ici. Est-ce qu’on pourrait leur suggérer, avant de se prosterner front contre le sol devant l’inestimable relique de l’inventeur de l’optique, l’immense fondateur de notre doute contemporain, d’avoir préalablement lu, pendant 90 minutes, dans la pièce attenante, le livre de Bergounioux ? Bon, on a eu en décembre la visite de Claude Ponti, en avril ce sera celle de François Place, au milieu donc la visite du troisième enfant. Vous croyez que le crâne de Descartes, puisqu’on habite à 6 minutes, ils nous le laisseront pour un dîner, à la place d’honneur ? Alas, poor Yorick...


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François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 20 janvier 2010
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