c’est rien


Même rien du tout : la semaine prochaine, l’enseignant en année sabbatique (1 année sur 6, quel luxe ça peut sembler à nous, européens) repasse par la fac et donc va reprendre son bureau pourtant vide – il n’avait laissé que ses trombones et même pas le mot de passe admin du vieux Mac en service loyal (j’ai une session "invité" pour les tirages imprimante, mais l’horloge invariablement fixe sur 1999). Depuis septembre, si, un changement : j’ai mis le bureau en diagonale, au milieu de la pièce, c’est plus chouette pour les entretiens avec les étudiants. J’apporte seulement les livres dont j’ai besoin pour ma séance, tout le reste est dans l’ordi (la bibliothèque aussi), donc les étagères sont restées vides. J’ai repris le petit disque dur 500 Go que j’y gardais dans un coin pour les sauvegardes. On m’a proposé l’hébergement dans un bureau collectif, j’irai plutôt m’héberger chez « les Québécois » du CRILCQ, tout là-haut au 7ème j’aime bien ce couloir où toutes les portes sont toujours ouvertes, et dans la série préparatoire à bilan de mon année Québec il y aura certainement d’avoir appris l’art du bavardage hebdomadaire à certains taiseux. N’empêche, en quittant ce grand bureau vide où mon ordi a quand même accumulé un bon paquet d’heures de vol sur le câble Ethernet maison, interrogation sur l’espace. En France, on ne penserait même pas à aller poser ses affaires dans un bureau réservé avant d’aller retrouver ses étudiants : qu’ai-je besoin d’un bureau ? La cafet du sous-sol est certainement un lieu plus stratégique d’échange, pour prolonger les cours ou retrouver les étudiants du semestre précédent. Pourtant j’aime bien cette pièce, justement parce que vide, et l’ordi tout net sur la plaque de verre. Quand le propriétaire sera reparti, je reviendrai (je le partage avec Richard Bégin, qui enseigne le cinéma, et on voisine parfaitement), mais d’ici que la semaine prochaine le nomadisme me fasse oublier complètement qu’il existe ? Le bureau, par définition, c’est l’espace qu’encadre l’écran – où qu’on soit.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 10 février 2010
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