Chez moi il est Piero de Belleville, parfois juste PdB, mais chez d’autres il aura un autre nom, et même le sien parfois (pendant le week-end). Mais, trait commun, chez moi et chez d’autres, bien souvent il ne signe même plus, et c’est à nous de reconnaître la façon de poser les mots, ou le regard, ou la question au monde – ou comment il lui parle, au monde. J’ai conçu dès le départ cette page comme une sorte de jardin ouvert, c’était avant Face Book qui en a pris le rôle à bien autre (…)
chronique photos et journal, par François Bon
Articles les plus récents
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Piero de Belleville
2 avril 2011, par François Bon -
Villeperdue
1er avril 2011, par François BonPetites complications de trajets et d’horaires à rendre compatibles, au lieu de filer à Poitiers soit en voiture soit par un petit bout de TGV, je me trouve à prendre le TER, c’est 1h20 au lieu de 50’ mais qu’importe s’il y a l’ordinateur et quelques souvenirs en bord de voie. Mais je savais pas qu’il s’arrêtait à Villeperdue, que Villeperdue était aussi une gare, et que lorsque j’examinerais ensuite la petite photo déclenchée sur l’iPhone, c’est la porte qui m’impressionnerait, dans cette (…)
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Areva coffre noir
30 mars 2011, par François BonPremiers repérages cet après-midi à la Défense, sans trop effleurer non plus ce qui devra naître dela semaine sans quitter l’île de béton, ses dix ponts, ses tunnels. Repéré aussi les zones wi-fi libres, les noms qui surplombent. Au-dessus, les tours. Dans ce flux qui s’engouffre au soir dans le terminal Jules-Verne le lien avec ces tours aux entrées contrôlées, affichant fièrement leur signe. Areva est un parallélépipède noir et lisse. Est-ce qu’à traîner les mots sur le ciment pendant 8 (…)
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Robert et l’envie de lire
27 mars 2011, par François BonComme nous passons un moment hier soir chez des amis, dans la pénombre, près d’un fauteuil, le Petit Robert ouvert, je reconnais aussitôt sa typographie. Le Petit Robert a été mon livre préféré, je crois que c’était un cadeau d’anniversaire ou de Noël sollicité et obtenu en 4ème, et je l’ai gardé au moins jusqu’à mes 30 ans et mon premier livre, passage au Littré. Je crois que défait, graisseux, sans couverture, il traîne encore quelque part ici. Francis Ponge au moins parle du Littré, et (…)
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gare possible, contingente, impossible, nécessaire
26 mars 2011, par François BonEn traversant la gare de Poitiers vendredi midi et empruntant la passerelle piétonne pour le centre-ville, si ce panneau m’a heurté c’est plutôt parce que moi-même n’avais pas encore rejoint le niveau de conscience ordinaire : prendre le train en plein midi, enfoncement perturbé dans bref sommeil, arriver pour l’atelier d’écriture à l’heure où les autres semaines on quitte la fac. Donc ce mot multimodal devenait vraiment une interrogation essentielle. « Les philosophes ont particulièrement (…)
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rasage à l’ancienne
25 mars 2011, par François BonDans le plaisir de recevoir par e-mail, chaque dimanche à midi sonnant (on dit sonnante, sonnantes, sonnant ?) les Notules de Philippe Didion, il y a l’équilibre de leur composition, avec la rituelle (mais toujours grave) exploration des nom d’un de ces monuments aux morts des villages perdus, puis la fin sur un vitrine de coiffure. On se croit tout fier de lui envoyer un Volt’Hair rue Voltaire, et il vous informe par retour que ce n’est jamais que le douzième à lui signalé. Il faisait (…)
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Internet de rue et café perdu
24 mars 2011, par François BonIl y a vingt ans, il y a encore dix ans, les cabines téléphoniques étaient un lieu de socialité paradoxale : vous proposant de vous isoler, elles étaient des points d’observation, de rendez-vous, la trace des précédents occupants présente par myriade de détails. Et puis délaissées, vidées même de leurs appareils, vitres rayées, quelquefois transformées en indécent aquarium vertical pour sans-abri en hiver (j’ai des photos). Dans les aéroports, ces dernières années, on s’est habitué à ces (…)
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les stylos, le polycop et l’ordi
22 mars 2011, par François BonJe suis toujours un peu jaloux des MacBook Air, finesse, légèreté et tout ça, démarrage immédiat. En même temps, je m’en tiens à mon 13" bien bardé de connexions, la charrue à tout faire. Ça ne se fait pas, de photographier les gens de dos, et encore moins ce qu’ils ont dans leur sac, mais ce garçon qui travaillait devant moi à des trucs très savants, au bistrot où je piqueniquais en solitaire ce midi, ce qui m’a surpris, dans le sac du MacAir, c’est la rangée soigneuse de huit stylos, 4 (…)
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duffle-coat
21 mars 2011, par François BonDans le chemin que prend cette Autobiographie des objets, arriver à une sorte de terrain plus libre : les figures obligatoires, qui provoquaient le recours à l’écriture, on les a affrontées. On ne peut traiter la construction d’un livre (j’entends par livre ensemble textuel disposant d’autonomie) à l’horizontale, un élément s’ajoutant aux précédents. Chaque élément ajouté chasse ceux qui lui seraient équivalents. On doit changer la résolution optique, utiliser un autre chemin pour (…)
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téléphone tortue
19 mars 2011, par François BonLes locaux de la fac de Lettres de Poitiers n’étant pas de première fraîcheur (ô pauvre destin des facs de Lettres), les équiper de prises de courant ne faisait pas partie du projet initial. C’est donc souvent que j’ai un ou deux téléphones portables derrière moi, puisque le prof, lui, a droit a des prises. Je ne sais pas auquel de mes étudiants et étudiantes appartenait celui-ci. Mais quand j’ai vu la tortue j’ai téléphoné (oui : j’ai sorti mon téléphone et j’ai pris une photo – le mien (…)