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C’était fin juillet, juste le jour où je partais pour Natashquan, un camion garé en travers du rond-point, et eux à débarquer cette horreur. Remarquez que l’artiste choisi par la municipalité de son maire n’a pas prévu un truc qui tienne debout tout seul (alors que les vrais chevaux dorment sur leurs quatre pattes sans tomber) mais lesté de quatre blocs béton haubannés (deux pattes plus la queue ça eût dû tenir debout, mais le vent n’était pas prévu dans le calcul). J’imagine la (...)

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C’est vieux et mal fichu, le lycée pro Truffaut, et à l’étroit dans une de ces vieilles écoles primaires qui sont la légende de l’instruction publique, mais c’est en plein Marais, à deux pas du musée Picasso. Les gamins ne sont pas du quartier (on ne va pas au lycée pro, quand on habite ces quartiers), ils viennent des arrondissements populaires et de la banlieue. C’est parce qu’ici on est au coeur de toutes les petites industries spécialisées de la mode et du luxe : pour cela, les (...)

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Tout le monde a en mémoire cette toile d’Edward Hopper (en tête de l’article) où le train — probablement celui qui le ramène de son atelier dans Manhattan à son domicile dans le Queens — quitte le mode souterrain pour rouler à l’air libre. Quand je passe à cet endroit précis, au-dessus du RER B, immanquablement je repense à cette toile, une de celles de Hopper que je considère importantes, symboliques. Mais si je veux photographier cette sensation en écho, je m’y prends comment ? Quand (...)

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Ou plutôt, il faudrait dire, « malgré soi peinte ». Ce qui m’était le plus cruel, dans ces 3 ans sans rien photographier, c’est de pouvoir stoker la récurrence des lieux qui sont pour soi hale ou passage réguliers. Bien sûr, je l’ai fait avec la fonction vidéo de mes appareils successifs : sur le RER A, l’usine en démolition de Nanterre, le cimetière d’Achères et autres repères. Mais c’est plus approximatif. Ou alors via l’iPhone et Instagram, mais c’est platte comme disent les copains (...)

précédent _ suivant Quand il n’y aurait que Sétif (mais il n’y a pas que Sétif, et on n’en finit pas de découvrir épaisseur et ramifications des crimes), on aura à assumer la mémoire coloniale, dans l’ensemble de nos gestes y compris intellectuels, on a eu bel échange sur cette question à Natashquan avec Rodney Saint-Eloi. Mais aussi on est libéré de l’assumer comme culpabilité : l’assumer est un geste libre, c’est même malheureusement bien trop souvent un geste citoyen. Et quelquefois ça vous prend comme un (...)

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J’ai pu assister à cet événement qu’on garde en principe le plus discret possible : les scellés hermétiquement mis sur une cantine souterraine en vue de sa conservation pour le futur. Des fragments souterrains de la ville, en période de décadence amorcée, choisis et répertoriés pour leur représentativité, mis à l’abri pour servir de témoignage, à quelque date indéterminée du temps que ce soit. Des archéologues viendront, de quelque espèce humaine ou non-humaine qu’ils soient, et (...)

précédent _ suivant Rien qu’une cour, mais une cour quadrangulaire, et en avoir exploré les points de vue depuis deux des parois contiguës, ceci à trois niveaux différents (le bâtiment d’où je photographiais faisant quatre étages, plus un sous-sol). Au début tu te dis que tu aurais pu faire une vidéo avec les plans de cour, les plans d’intérieur, les plans du sous-sol. Puis non : on fera trois pages successives, mais ce n’est pas limitatif, puisque c’est une nouvelle page qui semble s’écrire en toi, au (...)