Julien Gracq photographe

la bibliothèque universitaire d’Angers rend publique sa collection de diapositives personnelles de l’écrivain décédé en décembre 2007


Il y a un an, vente aux enchères désastreuse des pauvres affaires de Julien Gracq – toute une intimité à l’encan, indépendamment de leur valeur littéraire ou pas (le petit carton reviens dans quelques minutes accroché à sa porte)...

D’autre part, la maison elle-même, léguée à la Fondation de France qui la refuse, transférée à la municipalité qui s’en défausse sur la Région... Et grand silence sur ce dossier depuis des mois.

Les manuscrits, eux, sont à l’abri : dépôt à la bibliothèque nationale, mais avec une nouveauté considérable, charge confiée à la bibliothèque universitaire d’Angers d’en assurer la numérisation et de développer et rendre accessible ce fonds numérique.

Olivier Tacheau, le directeur de la BUA, se rendrait lui-même à la vente Gracq, et dans son bureau, sous vitrine, il y a cet appareil photo dont Louis Poirier se servait...

Date importante : l’équipe de la BUA met aujourd’hui en ligne une première salve de ces images – le fonds Julien Gracq, et pour commencer une galerie d’images (descendre tout en bas de la page : l’ergonomie d’un site web n’a jamais été une préoccupation dans le monde des bibliothèques !) : depuis l’Espagne en 1960 jusqu’à l’Italie en 1976, via son voyage à New York sur le France en 1970...

Anecdote ? Pour qui a lu Lettrines, ou l’immense En lisant en écrivant, bien sûr que non. L’écriture de Gracq est infiniment liée à la notion de paysage, de trajet, à la géologie même de ce qu’on regarde.

Alors, dire que c’est comme une petite vengeance symbolique et affective par rapport à l’irrattrappable gâchis de l’an dernier ?

Et souvenir pour moi, à jamais, de cet après-midi dans sa maison, à parler jeu d’échec, Proust et Saint-John Perse, cosmologie et astrophysique... Et relire peut-être autrement, avec ces photos incluant fuite sur paysage, cet immense texte qu’est Le Roi Cophetua, ou bien La Presqu’île ou Les eaux étroites....

Julien Gracq photographe, Espagne ©BUA
Julien Gracq photographe, Espagne 1960 ©BUA
Julien Gracq, paquebot France 1970, ©BUA
Julien Gracq photographe, New York 1970 ©BUA
toutes photographies reproduction et usage éditorial sous réserve d’accord par la BUA, mais ils ne nous en voudront pas de faire connaître au plus vite, en hommage, cette si belle adresse...

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 23 novembre 2009
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Messages

  • Merci mille fois pour l’info.
    Bonne journée.

  • Merci, mille fois merci, de cette info qui réconforte, un peu, après le désastre de son après décès...
    On ne savait pas (tiens, prendrais-je ta manie du "on" ?) Gracq photographe et ma foi, sacré coup d’oeil ! Pas si étonnée néanmoins, vu son coup de plume... Merci encore.

  • Diapos : Julien Gracq devait donc avoir un petit projecteur, et un écran peut-être déroulant. Que sont-ils devenus ?

    Et qui se souvient avoir participé à ces soirées ? Les commentaires étaient-ils écrits de cette belle langue inimitable ?

    Ces photos sont littérature même, comme une trace rebondissante qui réapparaît soudain hors de la surface en apparence calmée.

    Merci à FB pour ce close-up.

    Voir en ligne : Le Chasse-clou

  • Merci François pour ce coup de projecteur.

    Pour compléter ton billet, le fonds Gracq à la BU d’Angers se compose essentiellement de correspondance avec éditeurs, auteurs et lecteurs, de photographies, de littérature grise (mémoires, thèses, articles) et des traductions de l’oeuvre, le tout préempté lors de cette fameuse vente, patiemment collecté auprès de l’auteur de son vivant ou hérité par testament et venant s’ajouter à un fonds bibliographique sinon exhaustif, du moins considérable sur Gracq.

    Concernant la numérisation, c’est bien la BNF qui en a la charge et non la BUA (de source sûre, cela devrait se faire bientôt dans le cadre des campagnes annuelles de traitement). Pour respecter les volontés de Grac, ces trésors seront consultables à la BNF ET à la BUA qui bénéficiera alors d’une "copie" locale (i.e sans doute d’un accès en ligne sécurisé) puisque le testament de Gracq ne prévoyait à l’époque que des photocopies ou des micro-fiches mises à disposition de la bibliothèque universitaire d’Angers, mais bon, je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans...

    Pour l’instant donc, la BUA propose les photos en ligne. C’est pas chouette, c’est pas "creative commons", c’est pas sur Flick-r mais c’est déjà mieux que rien car ça donne des idée de textes voire plus si affinités. On creuse pour mettre sur WP.