fragments du monde inconnu

atelier d’écriture avec les apprentis mécaniciens de Pantin : biographie par les objets


Je suis particulièrement sensible à cet atelier d’écriture, parce que, avec leur enseignant Pierre-Jean Mazel, c’est notre quatrième rencontre avec le groupe d’apprentis mécaniciens du Cifap Pantin.
Je parle de W de Perec, et je propose une biographie qui s’écrirait par les objets. Chaque deux ans, depuis ses six ans jusqu’à maintenant : dire l’objet principal, le faire exister par une phrase, non pas comme un manuel technique, mais de la façon dont il apparaît à l’enfant qui le reçoit.
Je donne des exemples pris à Perec. Dans W, la petite voiture rouge. Le titre : petit vléo à guidon chromé au fond de la cour.
Ce sera une séance magique, parce que les garçons ont pris leurs marques dans la bibliothèque. Chacun s’installe à la table de la fois précédente, ils se sont répartis dans tout l’espace, et c’est pour nous déjà un acquis : on est seul ou avec deux ou trois copains, mais on respecte l’espace et le temps de l’autre.
Et tout le monde écrira. Avec Pierre-Jean Mazel et Marie-Pierre Dégéa, qui coordonne ma résidence côté bibliothèque, nous passons parmi les groupes, et relayons les phrases écrites par les compléments parlés.
Il y a par exemple le fait de ne rien posséder : on va dehors.
Il y a les coins refuge : la chambre, ou ce garage dont on a la clé.
Il y a les symboliques qu’il nous appartient de faire émerger via la lange pour rétablir ce lien de la langue et du réel. Il ne nous appartient pas de décider que ces symboles sont la carte bleue, le téléphone portable ou la Playstation. Ce qui est de notre responsabilité, c’est de partager avec eux ce qu’apporte la langue quand elle nomme, et d’abord cette reconnaissance symbolique.
Et paradoxe éternel de l’atelier : on travaille sur les objets, il y a une contrainte formelle précise, mais maintenant que la confiance est établie l’écriture recueille bien au-delà. Elle accueille ce qu’on porte de souffrance, qui est lié intimement au parcours scolaire et ce qui vous a mené là, elle porte ces phrases inimaginables et de syntaxe très précise : « jamais été assez tendre » et le rôle ici décalé de l’adverbe.
Moi j’y apprends autre chose : un monde invisible. Le monde inaccessible. Le monde qui se superpose au nôtre et que nous n’avons pas encore appris à reconnaître. Et tant que ces mondes se superposent sans que la langue les relie l’un à l’autre, la friction sera violente. Ainsi ces rituels établis dans toutes les villes du pays, les brefs « runs » sur les parkings de supermarché, rituel d’affrontement ancestral, et reprise de possession du territoire éclaté de la ville. Le retour de la mosquée, quand il n’y a plus de bus ou que le reste de la ville fait la fête. Les fêtes technos et la pression que mettent sur vous les revendeurs de marchandises illicites, auxquels on résiste.
Aujourd’hui, nous savons pourquoi nous sommes ici, eux comme nous, ensemble.
F Bon, le 19 novembre 2005
les textes bien sûr sont anonymes

Vivre ne suffit pas
à propos de ce titre "fragments du monde inconnu"

Depuis l’âge de courir avec les autres dans les terrains vagues coincés entre les immeubles, dans les cités que l’on appelait « cités d’urgence », les animaux élevés dans les appartements, la folle du 5ème qui chiait sur les paliers, les caves où déjà on savait qu’il s’y passait des choses à n‚’en pas fermer l’oeil, à rêver d’un ailleurs qui ne viendrait jamais pour la plupart, la pauvreté au quotidien, même pas 2 francs certains jours pour acheter un timbre, parfois même pas de quoi s‚acheter du pain, les rodéos en voiture, les combats de chiens, les armes, blanches ou à feu, les Mobylette volées, les dealers, les vieux qui cognent, qui boivent, qui hurlent, la misère est une vieille dame qui n"est pas encore prête à rendre son dernier souffle.

Et cette humiliation de venir de là, où que l’on se présente, et même si on est blanc et blond, comme marqué « du quartier », tatouage à jamais indélébile de la cité, de la pauvreté, de la violence, de celles qui ne s’éteignent jamais, qui se retourne souvent contre soi, les autres, que certains se sont employés à transformer en force brute, en énergie, en compassion, à devenir assistante sociale, éducateur de rue...

Un jour, au coin de la rue, entre la tour H et la I se gare un bibliobus les mardis de 17 à 18. Un monde, le monde à sa porte.

Parce que vivre ça ne suffit pas, et que La Peau de chagrin à 11 ans, même si on n’y comprend rien, ouvre le chemin lumineux d’un ailleurs qui existe, d’un « monde qui se superpose au nôtre et que nous n’avons pas encore appris à connaître ».

Marie-Pierre D.


Fragments du monde inconnu

perspective vie
Les enfants naissent à l’aube et se suicident en juin.
Paniqué par l’échec scolaire certains se pendent.
D’autres partent sans un mot, l’arme du père à l’épaule, mitraillés la salle de profs.
Comme un dernier coup de force, ils fuguent ils claquent la porte, ils choisissent la galère, et sur le parvis, au bout ils recherchent un peu d’amour.
Au pied des cages d’escaliers, dans toutes les grandes cités ils traînent, ils vivent en bande. Ce sont les mineurs en danger.
Ils ne connaissent pas la Chine, ni le mouvement de la jeunesse.
Mais ils prennent de la morphine, et ils se foutent bien du reste.
Ecoute, Jeunesse de France : soyez unis pour gagner, l’avenir c’est pas la violence, mais la solidarité.

Parinor, les runs
Lundi 2 h du matin. Aux courses à Parinor, au run : il y a trois 106, elles font la course, juste derrière, une Mégane, 1L9 DTI, se fait rentrer dans le cul par un 205 GTI, c’est en direction du circuit Carole, au centre commercial, devant moi il a cartonné.
Des bonnes meufs, incroyables, une 206 2l 16 soupapes (c’est bon, ça moutarde), elle se fait courser par les flics, une Polo, j’ai trop rigolé, la 206 a essayé de s’enfuir, refus d’obtempérer.
Je n’y vais pas souvent, qu’une fois par semaine : il y a le vendredi soir, le lundi soir et le mercredi soir. Le bruit des moteurs, l’ambiance. Il devait y avoir au moins 200 personnes.
Il y a 3 semaines, au même endroit, la même ambiance, j’étais avec un copain qui a une voiture, une Fiat Coupé contre une Subaru, qui c’est qui gagne ? Dans la Subaru ils sont montés à cinq dedans, la Fiat il était tout seul, il est parti et il les a tracés.
Quand on est au run, on ne regarde pas les gens, on regarde les bagnoles. C’est des malades, ils arrivent au feu rouge à plus de 180, ils freinent normal.
La première fois c’est impressionnant, tu vois le bordel qu’elles font les bagnoles, au centre commercial, devant l’entrée de Darty. Mon daron me disait t’y vas pas, tu ne montes pas dans la voiture avec les autres. Là-bas il y a beaucoup d’accidents.
Moi j’ai été deux ou trois fois pas plus, le bruit des voitures, les bêtes de voiture qu’il y a là-bas, le moteur, tout neuf, nickel. Les Golf 3 VR6, même les premières Clio.

Samedi soir Mosquée
Samedi soir, tout le monde à la Mosquée, même les petits, à Stalingrad. A Gennevilliers, même ambiance, à part que je suis rentré à pied parce qu’il n’y avait plus de métro : revenu à une heure du matin, j’ai attendu dans la gare pendant un bon bout de temps, que dalle, rien, j’attends. Une demi-heure, il y avait des boîtes ouvertes. Religion, prière, discours, de la bouffe. J’y vais seul, comme un grand.

Mécanicien demain
Parce qu’on aime bien les voitures, la passion pour les voitures. Pas trop le choix non plus : si on t’envoie au Cifap, tu choisis un métier qu’il y a au Cifap. J’avais pas des bonnes notes pour aller au professionnel. Et au moins, là tu gagnes de l’argent : on est riche, comparé ce qu’on gagne à ce qu’on dépense.
Parce qu’il faut bien choisir un métier. J’aime les voitures depuis tout petit, et la mécanique c’est intéressant. Mais tu galères comme un chien, pour un salaire de minable : t’es toujours obligé de travailler, tu fais des trucs que tu n’as pas envie de faire. Il ramène la voiture : il y a ça, ça et ça à faire, et il part fumer sa clope.
J’aime bien la mécanique, parce que depuis tout petit je dépouille les vélos, mais ça paye pas assez de thune.
Tout ce qui est à faire à la main. J’aime bien les voitures.
Moi ça se passe gentiment, je prends mon temps, je suis dans une concession poids lourd, et les clients ils sont stressants, en général c’est des gros semis, et des camions comme ça ça rapporte une brique par jouir, alors le gars quand il amène son camion au garage, il veut à tout prix que ça sorte. Je fais semblant de travailler, je prends le Fenwick, je fais semblant de vider les poubelles, je regarde les autres qui travaillent. Je leur dis : j’apprends, je regarde.

Ce qu’on apprend
Il est en faillite mon garage. Toute la journée on boit des bières, on fume des clopes. J’apprends à fumer mes clopes moins vite, voilà ce que j’apprends. J’apprends à aller à Prisunic chercher des packs de bière. J’apprends à faire la vaisselle pour laver les verres de temps en temps. Ils ont plein de sous, ils ont des sous au noir, mais nous on voit pas les voitures passer.

Le père à ma soeur
En 92 quand je suis parti de chez ma mère, je volais des Mobylette et je les revendais. Avant ? Avant y en a pas. J’en parle pas. J’ai pas envie d’en parler. Ça ne regarde que moi. Ça ne se dit pas, je ne vais pas raconter quand le père à ma sœur me tapait sur la gueule avec un manche à balai. Il n’aimait pas les gosses, il ne voulait pas de gosse. Quand il me voit il baisse les yeux, il change de trottoir. A 14 ans je m’étais inscrit en boxe thaï juste pour lui mettre une branlée. J’ai perdu ma licence quand je me suis battu dans le métro. A1ors à 12 ans je traînais dans la rue, l’allais avec les manouches. On a fait plein de coins de la France. Quand ma mère s’est séparée du père de ma sœur, je lui ai présenté mon pote, maintenant ils sont ensemble.

La fête
Teknival c’est une sorte de fête, pas mal de musique, pas mal de son, pas mal de fumette, puis « tu veux du speed, tu veux du lsd », vas-y, va te faire foutre : j’aime pas toucher ces trucs-là. Chaque fois qu’il y en a une, on le sait par l’Internet, par SMS. C’est pour l’ambiance, pour la musique.

Etre artiste
J’ai toujours voulu être un artiste. En 92, je me suis acheté une guitare Fender et une partition d’Iron Maiden. En 96, je me suis acheté une Pigie Harvey. En 94, la basse et l’ampli pour jouer AC/DC.

La biographie par les objets

Trois vies
Vie numéro un
Ma chambre : il n’y avait rien, c’était vide sauf un futon. Il y avait la lumière, juste la lumière. Parce que je m’étais fait virer de ma chambre : ma sœur avait peur de dormir là-haut, elle était pas aménagée. Deux places qui tenaient toute la chambre, sur le coup c’était pas marrant. La chambre c’était un matelas.
Mon jouet préféré, c’était d’aller emmerder les gens dans mon quartier, et emmerder un clodo qui s’appelait Jean.
La musique ça calme, j’ai eu un lecteur CD, un lecteur minidisc, un lecteur mp3, un téléphone qui fait mp3, maintenant je vais dans les boîtes.
Cette chaîne, c’est un gars qui me l’a donnée, il en voulait plus, c’est un gars qui est pété de thune, il a 16 ans et une maison pour lui : vive la boulette.
Dans dix ans ? Je me vois vieux.

Vie numéro deux
Mon vélo, quand j’étais tout petit. Les gamelles que je me suis prises, les ballades en forêt avec mes parents, plein de trucs. Il était tout rouge, j’étais trop petit.
Moi j’étais plutôt dehors, pour aller avec des potes s’amuser, jouer au foot et tout ça. J’avais des chaussures de foot, juste des chaussures.
J’ai redoublé ma sixième. J’allais jamais en cours. Je sortais de chez moi, je ne revenais pas chez moi de toute la journée, j’allais chez des potes qui faisaient la même chose que moi.
Dans dix ans ? Je n’habiterai plus Paris, j’habiterai Amsterdam.

Vie numéro trois
Ma console. Je devais avoir 2 ou 3 ans, mon père me l’a donnée : la première Nintendo avec une grosse cassette, la première Sega aussi je l’ai, elle est énorme.
En CM2 j’avais un portable à carte bloquée, ma sœur l’avait eu avant. Ma cousine elle a 7 ans, elle a eu son portable il y a 1 an, en couleurs et tout, mieux que le mien quand j’ai eu mon premier : Mitsubishi, une antenne grosse comme ça, un frigo.
Mon premier discman il était bleu mais genre plastique transparent, où on voit à travers. Un Panasonic, il faisait radio. J’écoutais du r’n b, du rap, de la techno. Il est passé sous une voiture, mon Panasonic.

Jamais été assez tendre
Le plus que j’ai eu, c’est plus maintenant. J’ai ma moto, ma voiture, j’ai pu aller faire du sport un peu plus, j’ai une Playstation II. Je me suis acheté mon portable.
Plus petit, je ne me souviens pas. Quand j’étais petit, c’était plus ma grand-mère qui me gâtait, c’est elle qui m’avait acheté une chambre, un vélo aussi, et une voiture télécommandée. Les vacances je les passais aussi avec mes grands-parents, à la campagne, à Évreux.
J’ai eu un PC, il m’a beaucoup plu, c’était bien, on pouvait faire beaucoup de choses avec. J’ai eu aussi ma première paire de baskets, elles s’allumaient, elles faisaient de la lumière, j’ai eu ma première moto : elle était débridée, elle marchait super bien.
Mon beau-père il est artisan, j’avais des copains à côté de chez moi, j’étais plus à sortir. Ou enfermé dans ma chambre, ma peluche que j’avais depuis que je suis tout petit, des petites voitures : plutôt un bon souvenir. Mon coin de refuge, parce que mon beau-père n’avait jamais été assez tendre avec moi. Là je viens d’avoir un appartement avec ma sœur, je ne vais plus le voir.

Premières fois
Mon premier vélo j’étais heureux mais le seul problème, je ne savais pas en faire donc je n’avais pas l’air con devant à le regarder, je n’osais pas monter dessus. Après, j’ai appris, avec mes parents.
Mon premier portable, j’étais heureux : je pouvais téléphoner à qui je voulais, quand je voulais même si c’était un frigo. J’étais content.
Mon premier salaire : 288 euros. J’étais content, mais je ne pouvais pas y toucher car je n’avais pas de carte bleue donc je ne pouvais qu’y penser. Je pouvais pas retirer au guichet, je n’étais pas majeur.
Ma première carte bleue là enfin je pouvais dépenser mon argent comme je voulais sans autorisation de personne mais je devais faire très attention, car l’argent ça va vite.

Mon, ma, mon, ma, mon
Mon premier vélo, j’ai dû attendre trois ans avant de l’acheter. Avant j’avais un vélo d’occasion. Celui-là, ça fait cinq ans que je l’ai.
Ma chaîne Hi Fi, trop puissante, elle est grise. Mais les voisins ne l’aiment pas !
Ma carte Imagine R : enfin libre.
Mon téléphone : trop gros. J’aime sa couleur, je ne le lâche plus.
Mon camion de pompiers, il était grand.
Ma voiture télécommandée, la Subaru, je l’ai montée en pièces détachées. Elle est passée à la télé, numéro par numéro.
Ma montre, une Festina, on me l’a offerte.
Mon garage, il n’y a que moi qui ai la clé. Enfin un endroit où je peux faire mes conneries tranquille.

Monsieur je peux écrire en SMS ?
Cette année g Aki 1 PJP, un petit bijou de technologie. C’est un lecteur de jeu UMD (universal media disc).
A l’âge de 6 ans, j’ai eu une Master System.
Ma première voiture télécommandée, elle se retournait, elle avait des roues partout. Je pouvais la baisser, la lever, faire des roues, monter des trottoirs.
La Sega Saturn, c’était la dernière console à lire les CD avec Virtual Fighter, Panzer Dragon, Sonic R.
A 10 ans, mon premier portable.
Une belle paire de Air Max blanches : je les ai flinguées en 1 mois, je faisais de la moto avec, je passais les vitesses : je n’avais qu’une seule chaussure en bon état et c’est pas supercool.

Le vélo crevé, les baskets à lumière
Vélo : c’est mes parents qui ont acheté le vélo pour mon frère, il a fait un accident, j’ai eu le vélo après.
Voiture : la première fois que je conduisais la voiture de mon père, une Fiat.
Quand j’ai appris à faire du vélo, c’était en Turquie dans mon village, avec mon cousin et un vélo crevé.
Le portable que j’ai acheté à D A .
Les baskets qui font de la lumière quand on marche, c’est amusant.

Comme un grand garçon
Moi des blousons, j’en ai une centaine. Je mets un blouson juste une semaine, après c’est mort, je le mets dans l’armoire, j’en achète un autre modèle. Mes marcques préférées ? Gesta, Temps des Cerises. Après qu’ils sont sortis, ils changent de modèle. Je dois en avoir une petite vingtaine.
Ma chambre elle est tout orange, les murs orange, un poster d’une fille à poil, une petite Playstation, un canapé. Je soir je m’allonge sur mon canapé, je lis des livres d’amour.
Quand j’ai eu ma première carte bleue, je me sentais comme un grand garçon parce que là je pouvais m’acheter ce que je voulais, j’avais de l’argent.
Alors j’ai roulé mon père pour m’acheter un scooter, parce qu’il ne voulais pas, parce qu’il me disait que c’était dangereux. Mais après je l’ai roulé et après il me l’a acheté, j’étais grave content.

Nouvelle vue sur le monde
Permis de conduire en 2002 : j’étais content, mais ça ne m’a pas servi à grand-chose, il n’est pas valable en France.
Premier salaire de ma vie, ça ne m’a fait ni chaud ni froid. C’était que de l’argent et l’argent ça ne fait pas le bonheur.
Premier vélo à l’âge de 8 ans : de couleur blanche. Je l’ai utilisé jusqu’à 12 ans. De 12 à 18, la marche à pied.
Première paire de lunettes : nouvelle vue sur le monde, plus claire. J’avais 16 ans. Après la coupe du monde, en 1998, c’est ça qui m’a usé les yeux. Je n’en ai loupé aucun.
Premier jour au travail : galère. Je ne connaissais personne. L’année dernière, dans mon garage, dans le 18ème.
Première console de jeu : Nintendo.

Un vélo de ouf
Quand j’avais 7 ans j’ai une vélo de ouf elle a rien de tout sans frein elle a juste la carrosserie et le volant.
L’internet : quand je fais instaler l’internet jarivé pas à sortire de chez moi.
Quand je eu mon permie je resté un mois et je acheté une voiture.
Une 205 : j’ai cartonné et je l’ai vendue en l’état.
Maintenant je vais acheter une BMW.
Mon premier portable. C’est un Nokia, pas un frigo, c’est un talkie walkie.
Mon bracelet.
Ma chevalière 18 carats.

Oh comme il était beau
Le plus ancien souvenir, j’avais six ans, j’avais un petit camion et deux motos dessus, terribles les motos, elles étaient belles : une rouge, une jaune. La vie de ma mère : il m’a marqué, ce jouet.
A huit ans, je me rappelle ‘un pistolet, un vrai. A huit ans je jouais avec un Beretta. Il était noir, tout noir mais tout petit, pas plus de 15 millimètres. C’était mon père, il me l’avait prêté, il me l’avait donné dans les mains pour que je voie le poids. C’est grave lourd. Tout ce que j’ai eu après, c’est un gun à air. Je l’ai dans le garage.
A l’âge de 10 ans j’ai eu un vélo. Oh comme il était beau. C’est moi qui me le suis payé, avec l’argent de la communion. Il était gris, avec les poignées rouges, les vitesses sur la poignée. J’ai failli me le faire voler, j’étais en train de faire un tour avec mon pote, deux grands sont arrivés, ils ont carotté le vélo de mon pote.
Treize ou quatorze ans, ma Play. Ma première Playstation II. En vendant une montre à mon frère. J’ai vendu une Bretline, 250 euros. Il manquait juste la barrette, il me l’a dit : - Tu la fais réparer, tu la gardes. Quand il a su que je l’avais vendue, il m’a dit : - T’es un ouf. J’avais Grand Tourisme 3, et Taken 3.


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1ère mise en ligne et dernière modification le 20 novembre 2005
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