étrangeté radiophonique pour 4 acteurs (et un chien mort)
à l’écoute
Quoi faire de son chien mort ?, 26’
générique
texte François Bon, © France Culture, réalisation
Christine Bernard Sugy, avril 2003 _ avec Christine Murillo, Martine Pascal, Nicolas Devanne et Jean-Baptiste Malartre, que je remercie.
fair use : cette émission est réservée à l’écoute personnelle.
Quoi faire de son chien mort ? appartient à une série de pièces de théâtre courtes, celle-ci pour deux hommes et deux femmes. Le recueil Quoi faire de son chien mort ? a été publié aux éditions Solitaires Intempestifs en 2004 (ou commande en ligne).
Rien à faire, les requêtes Google continuent d’arriver sur cette page, aussi monotones que celles qui apparaissent ci-dessous : chien mort, que faire de son chien quand il est mort, mort de son chien... Je préviens donc : rien de mieux ici que cette fiction à écouter ci-dessus. Et si ça ne vieillit pas, ce n’est pas de ma faute ! (Souvenirs tellement précis de cette image à Tours une fois, à un carrefour, d’une femme portant son chien mort, et puis à Langres d’un de ces magasins de toilettage qui deviennent de vrais supermarchés, et par dessus tout ça la voix de Jean-Baptiste Malartre, et cet extraordinaire binôme de Christine Murillo et Martine Pascal... Comme j’aimerais qu’on puisse proposer, à France Culture ou à Arte, ce genre de format bref : ce n’est plus dans l’air du temps.
note du 4 juin 2008
Au courrier, l’invitation pour la remise des prix SACD 2008, mais cette année je ne suis pas sur la liste, d’ailleurs j’ai touché en tout et pour tout 8,23 euros de la SACD pour je ne sais quel pourcentage sur les diffusions câble et j’ai dû payer ma cotise : il faut bien assumer de laisser l’univers du théâtre à sa solitude de plus en plus close, tant qu’ils auront subventions. Avoir choisi la migration Internet fait de nous, dans la période de mutation, de drôles de funambules...
Ceci pour dire, quand même, à propos de cette mutation, que les auteurs américains, de tout temps, ont vécu des commandes des magazines pou leurs short stories, et qu’en Allemagne, ce qui a permis aux auteurs d’exister et de travailler, c’étaient les commandes de Hörspiel, les pièces radiophoniques (et de nombreux auteurs français, comme Georges Perec, ont écrit pour les radios allemandes). Il faut dire que chez eux on ne fait pas cette distinction "radio culturelle" spécialité française, il y a des émissions culturelles dans chaque chaîne radio des principaux Länder...
Pour ceux de ma génération, les commandes de fiction ou documentaires radiophoniques de France Culture ont été un grand et beau poumon. J’en ai bénéficié depuis Les Nuits magnétiques ("De l’autre côté de la Défense" en 1986) jusqu’aux récents feuilletons rock (hélas, droits de diffusion déclassés catégorie "reportages et entretiens" pour le Dylan, coup dur). Est-ce que c’est une période terminée ? Il reste le département Fictions de Blandine Masson, les Ateliers de création radiophoniques, il reste Surpris par la nuit, mais les émissions parlées ont pris le dessus. En tout cas, quel bonheur et quel défi c’était que répondre à la commande de 25 minutes de fiction, et ce miracle de la radio que ces voix passent directement à l’imaginaire – la radio est un vecteur éminemment moderne, encore plus aujourd’hui avec la diffusion en ligne...
Donc petit pincement de coeur à voir cela s’éloigner de plus en plus : on ne nous demande plus rien, sauf des tables rondes. En compensation, la possibilité de travailler l’audio sur nos blogs, mais le vieux savoir cumulé de la Maison de la Radio, depuis le temps des Nagra et des petits autocollants jaunes, nous n’en disposons pas.
Si l’idée d’écriture audio se transfère peu à peu vers les blogs, voir la réussite d’Arte TV, et la consultation de nos sites continue de doubler d’une année sur l’autre, c’est le web qui progressivement devient la mémoire audio de l’époque... Mais l’idée de communauté, liée à ce que fédérait la chaîne de radio, s’éloigne. Comme, en même temps, les auteurs plus jeunes gardent leur métier et que, si on parle de ces questions, on se fait regarder de drôle de façon, n’en parlons plus... La radio, dans les années 70/80, a eu rôle décisif d’aider les jeunes ou nouveaux auteurs, dans cette période où on se "professionnalise" – c’est cela qu’on laisse se perdre.
Petit souvenir donc un peu nostalgique à ce plaisir de la commande, à l’idée du faire ensemble, voix, acteurs (et non des moindres, pour ce Quoi faire de son chien mort ?... Le texte est publié aux Solitaires intempestifs, donc juste l’enregistrement : profitez-en ?
Quant aux requêtes Google mensuelles (voir ci-dessous), elles continuent d’être une sorte de poème brut en boucle avec variations, et cette page un beau témoin de la magie d’Internet : on ne vient pas ici pour le théâtre, on repart avec.
note du 27 juin 2007
La SACD m’a attribué son prix radio 2007, merci en particulier à Yves Nilly, président commission radio. L’occasion de remettre en Une Quoi faire de son chien mort : France Culture a supprimé depuis lors ce format de fiction en 25’, pourtant si bien adapté aux pratiques d’écoute...
note du 7 décembre 2006
CHIEN MORT _ MORT DE SON CHIEN _ QUE FAIRE DU CHIEN MORT _ CHIEN MORT QUE FAIRE _ QUOI FAIRE DE SON CHIEN MORT : cette page est consultée, depuis des mois, par plusieurs dizaines de personnes qui arrivent, jour après jour, par ces requêtes Google. Je m’excuse auprès d’elles : il s’agit ici d’une fiction radiophonique, qui a démarré par la brève vision, un après-midi, attendant en voiture à un feu rouge, d’une dame tenant un chien mort dans ses bras. Les requêtes Google, leur régularité, prouvent cependant qu’il s’agit bien d’un point de friction sensible de notre société. Alors : dialoguons quand même ?

- requêtes mensuelles pour cette page sur Google, mai 2008




