questions réponses sans réponse sur la question de la ponctuation

historiciser, ouvrir, pratiquer : alors les facs, vous y êtes vraiment, au XXIe siècle ?


note du 22 décembre 2014øø
L’étonnement à lire cette enquête de la revue Persée 1977, la ponctuation et les écrivains aujourd’hui, avec évidemment des contradictions qui ne sont plus les nôtres aujourd’hui, et un choix d’auteurs pas forcément représentatifs de ceux que nous lisions à l’époque (imaginons les réponses de Danielle Collobert, qui s’est suicidée le jour de ses 40 ans en 1978, au moment même où paraissait cette enquête...

 

note du 13 octobre 2013
Un lecteur qui passe et vous fait souvenir d’un billet, l’occasion de le relire... Il faudrait le reprendre en dehors de son cadre initiale et de ma réaction un peu polémique.

Pas eu de retour sur le colloque qui en avait été le prétexte.

Sais pas si j’ai changé pour ma part depuis lors. La ponctuation, en fait, c’est juste comme les saisons, on glisse d’un usage à un autre juste pour respirer autrement la langue, ne pas s’y stabiliser.

En ce moment, surtout après les mois passés dans Proust est une fiction, de retour à une phrase plus courte, et en ce moment aussi un goût pour aller plus loin dans la phrase nominale. L’impression que c’est la syntaxe qui porte l’intensité, et que si la syntaxe trouve sa précision, la ponctuation pourrait y être secondaire.

Je reste convaincu aussi que la question de la pratique, côté université, devrait être prédominante dans cette approche : quand on mène un cycle d’atelier d’écriture on y est attentif. Faire écrire une fois sans ponctuation, ou avec juste un signe diacritique (le tiret), ou le déploiement d’une phrase qui ne finit pas, ou encore des paragraphes faits chacun de trois phrases, on a des tas de pistes pour aider les étudiants à comprendre physiquement, rythmiquement, la respiration de langue par la ponctuation syntaxique.

Et qu’est-ce qu’on peut faire, rien qu’en binaire virgule et point...

 

note initiale (corrigée), février 2013
Nota : l’ami qui m’a soumis ce questionnaire n’aimant pas la place publique, par discrétion et respect je laisse ce billet sur plan de l’échange théorique, le seul qui compte, mais retire son nom.

Mais je maintiens que les facs de Lettres s’enferment dans la mort pour ne pas mettre en cause leur système de littérature en tranches horizontales, division par siècles juste pour préserver les plans de carrière et pas déranger les profs TGV 2 jours par semaine petite valise à la main, et qu’un spécialisé Flaubert ne parlera jamais ni Rabelais ni Proust et ainsi de suite, alors qu’on est un des seuls pays à maintenir cette aberration.

L’autre paradigme de mort à l’oeuvre dans les facs de Lettres étant le refus obstiné, depuis 2 décennies (même avec quelques exceptions récentes), de faire place à une pratique de l’écriture au lieu du discours normé.

Et qu’il n’est plus possible de contourner la question de la désaffection des effectifs sans poser celle des contenus et du savoir (re)produit.

FB

 

le questionnaire initial (extrait)


[...] questions sur ponctuation et écriture littéraire au XXIème siècle [...]

[...] faire un point (pour projet de plus grande envergure) sur la façon dont auteurs contemporains voient, usent de la ponctuation, et notamment comment ça s’est déplacé sans doute de conception orale à visuelle. D’où le questionnaire qui suit.

Pour chaque question, qui porte sur la ponctuation en général, vous pourrez distinguer les différents signes de ponctuation ou groupes de signes, d’une part, et la ponctuation noire et blanche, d’autre part.

- À quel(s) mot(s) associez-vous spontanément ou immédiatement celui de ponctuation ?

- La ponctuation a-t-elle, pour vous et dans votre écriture, une dimension plutôt sonore/orale ou graphique/visuelle ?

- La ponctuation est-elle pour vous d’abord liée à « l’ordre du discours » (règles, normes, contraintes syntaxiques et discursives) ou à « l’inquiétude du discours » (Foucault).

- Quel est pour vous le lien entre rythme (intérieur et/ou de l’écriture) et ponctuation ?

- Que pensez-vous des points de suspension ?

 

Image ci-dessus : ligne non ponctuée de larmes dans les Mémoires de Saint-Simon au décès de son épouse – © BNF.

 

réponse sur les questions de ponctuation

Je préfère répondre sans passer par le prisme d’énonciation des questions ci-dessus, plutôt en profiter pour faire le point en ce qui me concerne.

 

1 – PRÉAMBULE : NON, JE NE SUIS PAS DU XXIe SIÈCLE


Revenir à cette expression « écriture littéraire » : pour moi c’est comme entendre « choucroute garnie ». Il y a littérature ou pas littérature, écriture ou pas écriture, et dans ce cas, rien de mieux que la vieille antienne de Banchot : « écrire est intransitif ».
Si l’écriture n’est pas littéraire, elle peut bien ponctuer comme elle l’entend : il y a tant de belles magies d’ailleurs dans les notes de service et les journaux polycopiés.

Ensuite, cette vieille autre scie du siècle : une ponctuation pour le XXIe siècle serait plus avancée que celle de Froissart ou que les emboîtements de : chers à Montaigne ? Jamais compris d’ailleurs comment l’université française se débrouille avec tous ces auteurs qui ont l’outrecuidance d’être à cheval sur 2 siècles. Sans Saint-Simon par exemple. Je suis né en 1953, donc le XXIe siècle catégorie croupion ce sea celui de mon cimetière mais y a longtemps que j’appartiens exclusivement au XIXe, jusqu’à Proust inclusive. Ce serait une question d’hygiène que d’abandonner ce genre de critère.

 

2 – LA PONCTUATION EST D’ABORD UNE HISTOIRE


La ponctuation, comme tous les autres paramètres de la langue, s’aborde dans son historicité. Elle déborde largement le champ du Codex : l’apparition de l’espace entre les mots (vers 1100), la notion même de page quand on cesse d’enrouler l’écriture autour des tablettes c’est tout aussi décisif que faire son choix chez Leclerc entre point-virgule, point de suspension et point du tout.

La ponctuation est liée à la question même du lire : la notation logogryphe de Rabelais est une partition pour lecteur lisant à haute voix le texte à d’autres. Et c’est pour cela l’usage magnifique du slash (sais pas s’il y a un nom français) dans le Pantagruel de 1532. L’autre point majeur c’est l’usage du double-point : une suspension rythmique, mais avant tout qui dénote un changement de niveau d’énonciation. Je ne pourrais plus jamais lire Montaigne dans une édition qui a normalisé ses :.

Question essentielle posée ci-dessus, celle de l’oralité : la naissance de la prose classique du XVIIe siècle, chez Bossuet par exemple, c’est un art de syncope et de déplacement – le signe diacritique intervient dans l’énonciation, non pour le renforcer, mais pour le distordre. Même chose (voir Forestier) dans la ponctuation de Racine qui n’est en rien grammaticale (questions laissées horizontales, mais point d’interrogation pour signer la levée de voix dans une affirmation) mais une indication de conduite orale.

 

3 – MES USAGES PERSONNELS CHANGENT CHAQUE TRIMESTRE


Alors peu importe chacun nos petits usages. Personnellement j’ai usé pendant un temps du point-virgule un peu à la façon du double-point de Montaigne, et puis je l’ai supprimé radicalement. Je déteste les points d’exclamations, je les trouve vulgaires. J’aime bien que la question soit la matière même de l’écriture et donc me dispense de l’usage du ?

M’intéresse beaucoup plus le saut de paragraphe, Gertrude Stein en parle dans le toujours pas traduit How to write. Très important pour moi les oeuvres monobloc (Thomas Bernhard, ou Broch de La mort de Virgile) mais ce n’est pas une remarque accessoire : récemment Kobo et iTunes nous refusaient un texte d’Arnaud Maïsetti parce qu’ils considéraient que si un texte dépassait 40 pages sans paragraphe, il y avait bug.

Il m’arrive souvent d’écrire en bloc sans paragraphe, c’est même pour moi une notion de pavé qui me concerne esthétiquement, mais quand le texte se développe je découpe en § disjoints, et c’est ce qui me permet d’en reprendre la rhétorique et les attaques.

Je suis conscient aussi que si j’aime traduire, même si mes connaissances de la langue source sont pauvres (je peux tomber dans des anglicismes de débutant, mais j’essaye que mon question sur rythme, structure, narration, réel, image, coulée complexifient mon idée de la langue cible), je me donne pour principe de ne jamais toucher d’un signe la ponctuation de l’auteur. Il y aune colère de Lovecraft à propos d’une revue qui ne respectait pas ses points-virgules, après on hésite à les lui simplifier. L’auteur m’impose une partition rythmique, à moi de trouver un chant qui coïncide (André Markowicz a poussé tout cela de façon radicale jusqu’au défi).

 

4 – TORDRE & DÉTORDRE LA PONCTUATION : L’ATELIER D’ÉCRITURE


Dans un parcours d’atelier d’écriture, je suis attaché à ce que l’usage de la ponctuation devienne exercice libre. Forcément il y aura une séance avec écriture non ponctuée (pas les sources qui manquent, à commencer par Claude Simon), et vital pour comprendre que la ponctuation est totalement inutile, si la syntaxe est capable elle-même, en chaque point, de faire comprendre sa structure et ses sauts de narration. Se toujours souvenir d’Appolinaire déponctuant le manuscrit de Zone après avoir lu Prose sur le Transsibérien de Cendrars, qui ne sera pourtant publié qu’après Alcools. Ces textes sont en général pour moi liés au refus de la majuscule initiale, et précieux aussi pour la tenue de souffle. Je fais aussi systématiquement travailler sur les phrases nominales (dans Illuminations de Rimbaud elles prolifèrent).

Le point de suspension, que je n’utilise pas pour moi ou très peu, fait aussi partie de ce vocabulaire technique qu’il me semble avoir à transmettre dans un cycle d’atelier. Chez Nathalie Sarraute, le ... signale une juxtaposition horizontale des éléments syntaxiques, délibérément subversif par rapport à la domination verticale de la phrase française (archétype : Tout condamné à mort aura la tête tranchée, voir texte de Claudel).

Un autre exercice pour moi archétype et décisif dans un parcours d’atelier, c’est le passage par la phrase continue (il y a des exemples bien antérieurs ou contemporains, chez Jean-Paul Goux par exemple) du La nuit juste avant les forêts de Koltès. Une phrase qui ne cesse pas, qu’on entretient avec toutes les ressources diacritiques (y compris parenthèses imbriquées), sans jamais le droit de la faire cesser, et la condition d’un temps référentiel nul (le récit n’a pas de durée dans les faits, ce que Bernard réaffirme dans ses entretiens comme volontaire).

Encore un autre exercice qui me semble important : chez une grande quantité d’auteurs, l’écriture de surgisssement se fait avec un seul signe, souvent le tiret. Ainsi les manuscrits initiaux de Flaubert. Parfois l’oeuvre achevée garde ce système : les Carnets de Valéry, ou, dans le contemporain, des oeuvres essentielles comme Dupin ou Collobert. Usage d’autant plus important à maîtriser si on va vers les écritures de profération.

 

5 – LA PONCTUATION EN ÉCRITURE WEB


Je dis et maintiens donc que : 1, la découpure en tranches horizontales par siècles des facs de lettres, à la différence des départements de romanistique allemands ou italiens ou US, est criminelle, et liquide toute possibilité pour les apprenants d’appréhender la ponctuation dans son histoire, ou le présent de la langue de son historicité ; 2, qu’il ne s’agit pas de venir demander aux plumitifs vétérans où ils se mettent le point-virgule, mais que cela passerait par une prise au sérieux, avec formation des enseignants universitaires, aux techniques d’écriture créative. Ça se répand de toute façon, mais il y a du ménage à faire chez les mandarins, et on est bien loin des US, du Qc ou mêm de nos voisins européens, tant pis.

Pour finir, deux éléments plus personnels (deux points saut de paragraphe – apprendre aussi aux étudiants que la ponctuation se prononce, du moins si on veut comprendre comment ça marche) :

- l’âge, et la pratique de longue date de l’écriture écran, m’ont déplacé peu à peu vers l’idée d’une composition mentale du récit ou de la phrase, disons de la prise d’écriture. Je n’écris pas tant que ce n’est pas prêt, et ça peut durer longtemps. Cela ne veux pas dire que je sais de quoi le texte sera fait. Mais à un moment précis, j’ai le son, la musique, trois mots, un rythme, et j’écris très brutalement, toujours le matin au réveil, ensuite sans beaucoup reprendre ni corriger. C’est probablement lié à mon exploration d’une écriture-fragment avec laquelle pour l’instant je n’ai pas fini. Je dirais donc que je suis de plus en plus indifférent à la ponctuation, que j’en ai un usage de plus en plus binaire (point, virgule, double-point, tiret long) ;

- 300 ans de typographie classique (mais c’est seulement mi ou fin XIXe que l’université commence à normaliser la ponctuation classique, le Rabelais que lisait Flaubert n’avait pas bougé depuis le XVIe siècle, c’est une histoire complexe et magnifique. Les usages de la césure (et ce que ça devient sur iPad ou pourquoi le Kindle dispose d’un algorithme de gestion des blancs qui lui évite la césure) ne s’en détachent pas. Une page belle est une sensation pratique et arbitraire. La ponctuation a appris à s’insérer là. Dans nos modes de lecture web, la même exigence rend quasi impalpable le travail de typo (sur ce site, Tiers Livre, les typos sont fournies par une couche payante, celle de l’entreprise TypeKit, de même que la vitesse d’affichage est aussi pour moi une politesse au lecteur, sur ordi comme sur tablette ou téléphone, et que donc, à l’instant où vous lisez cette page, vous êtes en fait sur le serveur américain CloudFlare). La politesse au lecteur, en écriture web, passe par des critères complémentaires à ceux de la ponctuation.

Et même politesse, pour un blogueur, d’entrer son texte avec des apostrophes « typo » et des insécables. Spip le permet, mais Wordpress non. Il me semble qu’on a affaire à un déplacement global de paramètres, non pas qui relativise la place de la ponctuation, mais oblige à la considérer dans son contexte de publication. Ainsi, le rapport visuel à l’italique, aux guillemets, aux tirets, renforcera-t-il cette présence écran du texte, et nous apprenons à l’anticiper dès l’écriture, comme un élément organique de la ponctuation même.

Et qu’un vers de Baudelaire sera toujours un vers de Baudelaire. 50’ d’écriture chrono sans relire, parce que c’est nos tripes quand même (nos tripes rythmiques).


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne 12 février 2013 et dernière modification le 22 décembre 2014
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Messages

  • Bonsoir François, en ce qui concerne le slash, je peux dire ceci :-)
    http://correcteurs.blog.lemonde.fr/2010/02/11/3350/
    Très intéressant tout cela... voici aussi ces réflexions de Lucien Suel
    http://correcteurs.blog.lemonde.fr/2010/01/11/virgules-en-ce-jardin/

    Voir en ligne : http://correcteurs.blog.lemonde.fr/

  • La question de la vulgarité du point d’exclamation n’a pas fini de me perturber !
    (celui qui précède étant mon dernier point d’exclamation impulsif puisque j’y réfléchirai désormais à deux fois avant de taper sur le 8).
    Par ailleurs j’aime le point virgule qui arrête et continue d’un même mouvement ; j’en use et en abuse - ainsi que du tiret, mais pour dans le cas du ; que je viens d’employer, j’aurais pu tout aussi bien me servir des :.
    Bref j’aime bien faire des signes avec la ponctuation.

    Voir en ligne : http://www.martinesonnet.fr/blogwp/

  • comme la musique avec ses cadences, ses pauses, ses silences – ces signes devraient exister aussi en typographie ! – la ponctuation peut se permettre (ou on devrait lui permettre) de se déployer dans sa fantaisie, son invention et la phrase, même si soumise à quelques canons religieux, dévaler sous les yeux du lecteur avec ses à-pics, ses virages, ses lignes de fuite, ses montées, ses descentes, entortiller l’esprit, ne plus le lâcher jusqu’au dernier mot, puisqu’il en faut toujours un (résoudre un jour cette finitude), alors les querelles bizantines amusent par rapport à la pratique, les universitaires à chapeau pointu se réunissent en conclave et la fumée blanche est à l’ordre du jour, laissez-nous ponctuer qui nous voulons, comme nous voulons, les virgules sont des apostrophes à ras de terre, les points d’exclamation peuvent être élégants, tout dépend où ils sont mis et par qui (vous voulez effacer la prose de Céline ?), les tirets étirent le temps surtout quand il est quadratin et quadrille, les points sont les cailloux du Petit Poucet mais on peut aussi écrire de la musique fluide avec des echappées hors de portée un Glass à la main la tête dans les nimbus les doigts sur les cumulus du clavier et tout laisser filer le vent pousse à la roue ou à la voile et soudain la ponctuation a disparu comme la vue de la terre maintenant l’océan seul répond de quelque chose qui serait « littéraire » avec ou non ces drôles de papillons en regard

    Voir en ligne : http://doha75.wordpress.com

  • Moi aussi, cette question de la vulgarité exclamative m’interpelle. A ceci près que j’estime plutôt que c’est l’excès gratuit qui est à blâmer. Trop de points d’exclamation rend la prose vulgaire voire grossière. A l’inverse, on peut déceler dans l’abus de point-virgule une préciosité dont le parfum peut devenir lourd - il m’arrive hélas d’y succomber (en pleine conscience, parfois).
    La ponctuation est une composante essentielle de la partition-écriture : s’y joue la mélodie, le rythme, le tempo, c’est par elle que s’inscrivent pauses et syncopes. On peut tenir à ce que la partition soit d’interprétation ouverte, en restreignant et choisissant avec soin quels signes à utiliser. Il en découlera une pluralité de lectures possibles, dans une sorte d’aléatoire contrôlé par l’auteur. C’est tout l’enjeu : jamais trop, jamais trop peu, il faut disposer de la ponctuation de façon plus judicieuse selon et le type d’écriture et ce qu’intrinsèquement on désire obtenir : un texte bien encadré, balisé, en vue d’une lecture presque univoque - si l’on pouvait, indications métronomiques comprises -, ou au contraire un texte qui dans un déficit de signes permet de déployer - peut-être seulement - un surcroît de significations, ou du moins permet une appropriation plus intime par le lecteur.
    Quant au point de suspension, c’est un signe qui trop facilement soit en dit trop, soit pas assez. Je préfère m’en méfier, surtout qu’il sait se révéler très attirant - parce que trop facile, peut-être.

    Voir en ligne : http://chapitre0.blogspot.fr/

  • On pourrait aussi se demander si certains outils ne poussent pas à l’utilisation excessive du point d’exclamation (que je n’aime guère non plus). Ainsi, selon http://www.cs.cmu.edu/~dbamman/data/10K.vocab.txt, sur Twitter, en anglais, le point d’exclamation simple (!) vient au 25e rang des signes / mots les plus utilisés, le double (!!) au 189e, le triple (!!!) au 197e et le quadruple (!!!!) au 398e.
    J’ai rassemblé quelques citations sur le ! ici (http://oreilletendue.com/2012/12/15/citations-ponctuationnelles-du-jour-bis/) et là (http://oreilletendue.com/2012/11/02/citations-ponctuationnelles-du-jour/).

    Voir en ligne : http://oreilletendue.com

  • Le bouquin a paru en 1991. C’était de Jacques Drillon, un Traité de la ponctuation française.
    À relire le chapitre 8, pour une défense et illustration du point d’exclamation.

    Voir en ligne : http://grapheus.hautetfort.com

  • M. Bon,
    Vous évoquez "la question de la désaffection des effectifs" (à la fac) pour vous liée à "celle des contenus et du savoir (re)produit."
    Pour sombrer juste après comme un Narcisse dans le lac sans fond du pédantisme, à coup d’historiciser et de Sarraute, de Rimbaud et de transsibériens. Petite leçon.
    Vous, l’écrivain français des belles lettres, avez tout compris de la littérature parce que vous la pratiquez, vous n’êtes pas comme ces petits apparatchiks qui prennent le TGV pour donner des cours à des provinciaux, vous, vous ne donnez pas des cours théoriques, vous, vous animez des ateliers d’écriture. C’est plus chic. Et, peut-être, mieux payé, par ladite université.
    Mais à l’issue de votre démonstration, la question de la désaffection des effectifs comme celle du contenu et des savoirs reproduits reste entière.

  • jamais dépassé le stade du vacataire, et encore, bien intermittent rassurez-vous
    et Rimbaud ni Sarraute ne seront jamais le monopole des universités y a pas encore de copyright sur la lecture des oeuvres
    après, tout ça ne me concerne plus tellement, et heureusement on connaît des gens qui se battent
    mais nier les problèmes en les rejetant sur celui qui les évoque, c’est pas le meilleur moyen de les traverser
    les options artistiques commencent à pointer le bout de leur nez dans les facs, et ça me réjouit, c’est d’ailleurs en bonne partie de l’université (Anne Roche à Aix-en-Provence, et Claudette Orio-Boyer à Grenoble) qu’est parti le mouvement
    j’ai toujours dialogué avec eux tous, mais je continue de condamner ce système par découpage en siècles, c’était le but de ce billet : lire des approches comme celles de Leo Spitzer ou Eric Auerbach pour voir ce que ça donne si on s’y prend autrement
    quant à la question des effectifs, ce n’est pas moi qui la pose – me souviens par exemple de textes de JM Maulpoix sur la situation à Nanterre