écrire | Artaud en juste 100 mots

corps et mental sans je, à partir de « description d’un état physique » d’Antonin Artaud


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parcours libre | Artaud, description d’un état physique


Et d’abord « description d’un état physique », lire/écouter ce texte (extrait plus complet dans les fiches téléchargeables) :

une sensation de brûlure acide dans les membres,

des muscles tordus et comme à vif, le sentiment d’être en verre et brisable, une peur, une rétraction devant le mouvement, et le bruit. Un désarroi inconscient de la marche, des gestes, des mouvements. Une volonté perpétuellement tendue pour les gestes les plus simples,
le renoncement au geste simple,

une fatigue renversante et centrale, une espèce de fatigue aspirante. Les mouvements à recomposer, une espèce de fatigue de mort, de la fatigue d’esprit pour une application de la tension musculaire la plus simple, le geste de prendre, de s’accrocher inconsciemment à quelque chose,

à soutenir par une volonté appliquée.

Une fatigue de commencement du monde, la sensation de son corps à porter, un sentiment de fragilité incroyable, et qui devient une brisante douleur,
un état d’engourdissement douloureux, une espèce d’engourdissement localisé à la peau, qui n’interdit aucun mouvement mais change le sentiment interne d’un membre, et donne à la simple station verticale le prix d’un effort victorieux.

Localisé probablement à la peau, mais senti comme la suppression radicale d’un membre, et ne présentant plus au cerveau que des images de membres filiformes et cotonneux, des images de membres lointains et pas à leur place. Une espèce de rupture intérieure de la correspondance de tous les nerfs.

Un vertige mouvant, une espèce d’éblouissement oblique qui accompagne tout effort, une coagulation de chaleur qui enserre toute l’étendue du crâne ou s’y découpe par morceaux, des plaques de chaleur qui se déplacent.

Une exacerbation douloureuse du crâne, une coupante pression des nerfs, la nuque acharnée à souffrir, des tempes qui se vitrifient ou se marbrent, une tête piétinée de chevaux.

C’est sur ce texte qu’on va s’appuyer. En vous demandant non pas d’en copier la forme, mais de compacifier votre contribution en un seul paragraphe, et de limiter la longueur à 100 mots (le texte d’Artaud en fait 400). Que l’effort de synthétiser, aiguiser, compacifier la prose dans un seul bloc soit ce qui permettra de l’approfondir, de la rendre essentielle, de lui donner son culot d’invention, d’ellipse, sauts et fissures.

Mais que les mots de ce texte d’Artaud (relire chaque paragraphe, sélectionner un mot-clé par paragraphe : ça donne quoi, l’enchaînement de ces mots, et pourquoi est-ce ce mot-là que dans chaque paragraphe vous avez retenu ?) que les mots d’Artaud donc vous servent d’appui, de balises, de chemin.

 


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1ère mise en ligne 9 juillet 2016 et dernière modification le 2 février 2020
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