des livres de chiens (une proposition honnête)

et si je le dis c’est que je le ferai, tout renseignement pour contact et commande


Voilà le site de ma nouvelle amie Janet E Dandridge, photographe de Los Angeles, découvrez-le. Elle y enseigne au Otis College, et nous avons chaque année un échange d’enseignants, c’est ainsi qu’elle vient d’arriver à Cergy pour 3 mois, chance pour nos étudiants et pour nous.

Et, me balladant sur son site, voilà de que je découvre : on entre sur la page pet portraiture, book your session !, et là, un chien qui se promène. Cliquez encore : un calendrier apparaît – vous choisissez un jour et un créneau horaire disponible, vous payez 175 $ en ligne, et la photographe vient chez vous faire le portrait de votre animal.

Ce fut pour moi une révélation. Les Américains ont de l’avance.

La commande a toujours joué un rôle, en art comme en littérature. À commencer par la peinture religieuse. Ou Edward Hopper peignant pour les bourgeois de Cape Cod leur résidence secondaire ou leur bateau fendant les flots, ce sera si bien pour décorer le salon, et ce sont des Hopper comme ceux qu’il a gardés dans son atelier, sans lesquels il n’y aurait pas de Hopper.

En littérature, on a plaisir à honorer une commande, par exemple pour un catalogue d’art, et l’oeuvre que ça vous fait découvrir. Ou telle collection, comme lorsque j’avais réalisé pour Grasset mon abécédaire Fragments du dedans.

La commande publique, en France, a longtemps été une régulation. Les fictions sur France Culture, les documentaires sur Arte, et ça s’est effondré.

Moi, marchand de chiens ça a toujours été une pensée refuge. J’aurais fait ce métier-là. L’écriture serait venue en plus. J’aurais été plus libre. J’aurais été soumis, surtout là, les 60 balais passés, à moins de précarité et plus de prévisibilité. Pendant un temps, dans les débuts d’Internet, j’avais modélisé une boutique d’accessoires pour chiens. J’aurais dû m’obstiner.

Encore pris des leçons à ce propos dans le récent voyage à San Francisco, ville où désormais il y a plus de chiens recensés que d’enfants dans les écoles (vrai). Voyez-les dans les parcs, ou à la plage : une petite catapulte en plastique pour lancer la baballe, une poussette avec couverture plastique pour pousser vos chiens par deux, des puces connectées sous-cutanées dont on rêve pour nous humains.

Alors, moi, là, ça me donne le courage. Pas faire des photos de chiens, comme Janet, je ne suis pas photographe.

Mon rêve, ce serait de faire des livres de chiens.

Pareil, il faut la liberté réciproque, et que le travail soit honoré comme il doit l’être. Moi, je demande 1200 € tout compris (hors déplacements, voir ci-dessous), et j’assume les entretiens préalables, la rédaction d’un livre de 70 à 80 pages (12 000 mots), la mise en page et l’édition. À vous de choisir si vous souhaitez une impression à N exemplaires (à votre charge) ou une mise en vente avec ISBN et diffusion commerciale (en ce cas, inclus dans le forfait) – on revient ci-après sur le détail.

Mais attention, nulle ironie, nulle dérision, de l’art et rien que de l’art : le livre de chiens est partie prenante de l’histoire littéraire, depuis le Colloque des chiens fameux de Cervantès, et les Recherches d’un chien de Franz Kafka.

Ce que je vous propose est contractualisé :

– comme pour un catalogue d’artiste, 2 entretiens de 3 heures, à mener dans le lieu même où vous vivez avec votre chien (c’est important) et dans le lieu où vous promenez votre chien ;

– les frais de déplacement de mon domicile au lieu de l’entretien sont à votre charge et comptés en sus ;

– je travaille exclusivement sur les chiens et n’ai pas compétence pour les autres animaux (pas de chats, malgré leur prééminence sur les réseaux sociaux, pas de cheval ni de compétence pour collaboration zoologique, éléphants, hippopotames etc comme on me l’a déjà proposé), pas de perroquet après Flaubert, exception éventuelle pour serpent froid ;

– je me réserve le droit, lors des entretiens, d’un temps de confrontation personnelle et dialogue seul avec l’animal, il m’est important et sera intégré dans la narration ;

– la rédaction s’effectue dans un délai de 2 mois, peut s’accompagner de photographies faites par moi exclusivement, ainsi que d’une courte vidéo de l’animal pour accompagnement de la parution du livre ;

– la rédaction (entretiens compris) peut s’effectuer après décès de l’animal, mais peut entraîner en ce cas un léger supplément financier contractuel ; de même, il est possible à mes partenaires d’offrir un tel livre à un membre de leur famille propriétaire de l’animal, mais en ce cas l’entretien se fera à la fois avec le donateur et le destinataire ;

– la moitié de la somme est payable à la commande, le solde à réception de l’ouvrage imprimé ou de sa mise en diffusion commerciale ;

– la première rédaction peut éventuellement être suivie d’un entretien complémentaire, facture des frais de déplacement uniquement.

Il ne s’agit pas pour moi d’un travail mineur, au sens deleuzien du terme. Il y a toujours eu des chiens dans mes livres. J’ai une connaissance approfondie et raisonnée du domaine, y compris dans ses aspects sociétaux, historiques et symboliques. L’éloge est une forme littéraire majeure, et les Oraisons de Bénigne Bossuet seront ma première référence pour la composition et le style. Les publicités de marque rédigées par Cendrars et Lovecraft sont aussi parmi mes références pour la forme.

Je suis l’auteur de Quoi faire de son chien mort et connaisseur aussi des cimetières pour chiens, des dressages de chiens, et spécialiste de l’histoire du chien dans le fantastique.

Côté client, au regard de ce qui aura été dépensé tout au long de la vie de l’animal, au regard des tarifs vétérinaires, mais rapporté au sans prix de l’affection partagée, le contrat-livre est tout modique et symbolique.

Et puis l’auteur doit vivre, il vivra. L’auteur doit vivre d’écrire, il écrira. C’est donc gagnant gagnant, et on ose croire que le client satisfait en tirera honneur et pour l’art et pour le chien. L’art a du chien, de toujours.

Je ne garantis pas que j’accomplirai ces missions toute ma vie d’auteur durant. Je sais par contre que j’aimerais bien aller jusqu’à 10 de ces ouvrages, pour en explorer un échantillon statistiquement conséquent des formes, territoires, personnages, villes et lieux. C’est le prix de la nouvelle bagnole qu’il me faudrait, en gros (le contrat initial peut être augmenté d’une part mécénat, ou de la mise à disposition d’un véhicule).

À vous bien sûr de me contacter par mail préalablement à tout contrat, en toute réserve et discrétion, mais avec dès à présent un bonheur gourmand.

Je l’ai dit, je l’écris, je le ferai.

Et retour à Janet E. Dandridge, pour bonne circularité : elle est à Paris jusqu’à fin mai, n’hésitez pas à la solliciter pour ses pet portraiture, elle m’a garanti que ce serait même prix que chez elle, et une belle occasion de rencontre en sus.


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne 2 mars 2017 et dernière modification le 12 mai 2017
merci aux 825 visiteurs qui ont consacré 1 minute au moins à cette page