je te suis, tu me suis (ou pas) : des réseaux

des réseaux sociaux et de la création, pour un rapport non soumis aux abonnements des grandes plateformes et des questions induites


Les problématiques induites par le rapport de nos ressources fixes ou lentes, à la propagation réseau sous la coupe des grandes plateformes, sans lesquelles on est réduit à respiration artificielle. Et de la spécificité de la publication YouTube dans ce contexte. Première approche progressive de billets à venir sur granularité d’une part, réflexivité de l’autre.

Au fait, puisque c’est le thème, vous y êtes abonné, à mon YouTube ? C’est pas trop tard !

FB

Image ci-dessus : en feuilletant un livre de Sol LeWitt.

Le temps que j’écrive ce billet, et il se sera passé dans mon « écosystème » réseau un événement totalement insignifiant, que personne sauf moi (et vous, par le fait de ce billet) aura remarqué : le nombre de mes abonnés YouTube aura rejoint et dépassé le nombre de mes abonnés Instagram.

Événement insignifiant : oui, parce qu’il s’agit de création contemporaine dans le domaine de la littérature, alors pensez que nos petits échanges sont une gouttelette microscopique dans le web : j’aurai à peine atteint 1900 abonnés, donc en même temps sur YouTube et Instagram.

En parler ? Oui, parce que ce fonctionnement est désormais à peu près généralisé dans ce qui est une autre unité de notre écosystème général : notre écosystème réseau, soit en gros la façon dont chacun utilise (détourne, subvertit, suit passivement, observe, transmet) les réseaux en lien avec sa pratique que je dirai de « producteur de contenu » (basique) ou de « créateur » (plus noble, mais souvent vide), ou tout simplement d’auteur dans les dispositifs en ligne.

Partir par exemple des différences : Facebook n’a longtemps contenu qu’un seul degré de lien, ce qu’on dit « ami », mais avec une limite à 5000 toujours active, nous incitant lorsque c’était atteint à basculer sur son système de « pages » ouverte sans limitation, mais devenue verticale dans la relation de celui qui la propose à celles et celui qui la suivent. Par contre, avec un poids considérable de la plateforme pour les privilégier, puisqu’elles lui rapportent désormais plus que ces publicités ciblées qui nous énervent (et que nous parvenons à bloquer) : tu veux que soient signalées tes nouvelles parutions sur Tiers Livre Editeur, paye 20 euros et nous te garantissons diffusion auprès de tant de personnes etc, c’est-à-dire un glissement vers un modèle économique avec appui partiel sur l’usager devenu payeur, et son paradoxe : là où ton site est le seul vecteur de diffusion de tes livres, ou tu n’as jamais vu ni journaux ni radio ni libraire s’y intéresser, merci Facebook et Amazon de nous sauver la mise, donc tu payes et tu vends tes livres, et ça compense ce que l’édition traditionnelle ne t’offre plus.

Alors Facebook a repris de Twitter (Facebook comme plus grand phagocyteur des inventions des camarades) le lien différencié : je peux m’abonner à un compte (« suivi par » tant de personnes) et le nombre de personnes qui nous suivent n’est plus limité. Alors je l’utilise comme tout le monde : m’intéresse que mon mur Facebook soit une page vivante et active, privilégie celles et ceux qui veillent et créent, pas besoin qu’on m’indique le dernier humoriste cachetonnant à Inter ni les bons sentiments de la révolte permanente, mais être vigilant à ne pas transformer ce mur en robinet d’eau tiède en accord pré-requis avec mes propres opinions. Comme bien d’autres, le lien « ami » est réservé aux profils que j’identifie parce qu’échanges dans la vie privée ou professionnelle – IRL ou virtuelle –, élimination des comptes sous pseudo, et globalement ça s’étage vers les 3500, c’est déjà beaucoup pour mon village. Mais je sais que les 5300 et quelques personnes qui me suivent en plus de ces 3500 ne verront qu’une part restreinte de mes propres propulsions de contenus, or mon « mur » Facebook est le rouage principal par lequel mes billets et interventions sur mon site (ce billet par exemple) rejoint ma petite et vitale communauté de lecteurs. Et pas envie non plus de rendre ça rationnel, ni d’avoir des règles strictes, je m’accorde le droit de suivre ou ne plus suivre untel ou une telle, parce que trop de photos de chats, ou insipide flux de liens Libération ou Slate ou Huffington etc – alors que je peux faire ma veille tout seul–, ou collègue auteur qui n’utilise Facebook que lorsqu’il a de temps en temps un contenu (en général livre commercial) à y défendre et ne s’intéresse qu’à lui –, mais qu’on se rassure : aucun jugement qui en émane pour concerner la personne dont je me désabonne.

Sur ce même principe, depuis plus d’un an mon rapport à Twitter s’est distancié : j’en suis un utilisateur depuis le presque début (avril 2008) et j’ai toujours souvenir de cette période où c’était une sorte de cafétéria entre copains du web, pendant au moins 3 ans à quelques-uns on a exploré à fond les possibilités fictionnelles ou les discussions collectives que permettait la plateforme toute neuve. Aujourd’hui c’est plus passif (pour moi) : bientôt 15 000 abonnés – et j’en suis 1500 –, ce qui est énorme par rapport à ma micro-activité (imaginons que chacun de mes abonnés Twitter m’ait acheté même une seule fois un livre Tiers Livre Editeur, croyez que je m’en serais aperçu !), mais une sorte de veille assez indifférente et passive. Moi-même je suis mon flux Twitter, probablement 2 ou 3 fois dans la journée, alors relié à son temps réel (j’aime bien l’accompagnement à quoi cela ouvre la nuit ou le matin tôt, quand ça redevient personnalisé), donc contrairement à Facebook qui génère par ses algorithmes ce que je dois voir (à moi de cliquer sur tel ou tel profil pour contrecarrer la proposition algorithmique), ma petite appli (la vaillante et inusable Echofon) me la fournira exhaustivement, mais sur le temps limité de ma consultation. Twitter est un service qui m’est indispensable pour ma veille en information générale ou informations spécialisées, et un outil essentiel pour transmettre (même de façon strictement utilitaire : le lien, le titre) mes propres mises en ligne, mais ça s’essouffle : sur un billet Tiers Livre récent, les accès depuis le site lui-même, page d’accueil ou rubriques, sera d’environ 30%, les accès par Facebook au moins autant, les accès par requête Google suivent, et les accès par Twitter un tout petit pourcentage – alors pourquoi me suivent-ils, ces gens que je ne connais pas et qui ne cliquent pas mes liens ? Reste que moi aussi je suis des comptes dont je clique rarement les liens, mais pour disposer d’une sorte d’indicateur sur leur activité. Et le fait nouveau : un site comme Internet’Actu dont je lis systématiquement tous les billets (il y en a quelques autres), j’y accéderai désormais indifféremment depuis Facebook que depuis Twitter. En gros : si Twitter ne trouve pas une solution par développement de ses outils même (la part conversationnelle, la hiérarchie qui ne doit plus se limiter au « retweet » que nous étions si fiers pourtant, nous les utilisateurs, d’avoir inventée…), la plateforme risque bien de se limiter à une fonctionnalité neutre. Et l’échec des clones décentralisés, comme Mastodon, n’indique pas où pourrait se trouver la bouée de secours.

Approche nombriliste ou soumise à une idéologie de réception ? C’est plus grave que ça. Hier je passais sur mon ancienne page liens, que je n’ai pas mise à jour depuis bientôt 2 ans, qui ne figure plus sur l’organigramme de mon site, mais que j’utilise pour ma propre revue de blogs, au moins une fois par semaine. Et tant de blogs amis qui ont laissé tomber, probablement par manque de cette respiration des visites et de la réactivité – voir La Grange, mais il y en a quelques dizaines dont le dernier billet remonte à 6 mois ou un an. Je comprends parfaitement la réticence de ces blogueurs à se soumettre au relais réseau, c’est la même douleur que lorsqu’on a vu Facebook avaler l’espace vif des commentaires de nos blogs, mais c’est comme en politique : a-t-on le choix du terrain de la résistance ? À l’inverse, des tentatives somptueuses de création directe sur Facebook (André Markowicz, Milène Tournier), mais à ne pas se doter d’un site fixe pour thésauriser, organiser, arborifier, quel risque symétrique ?

Je pourrais compléter par tous les réseaux que je n’utilise pas : SnapChat, alors qu’en lycée c’est cette plateforme-là qui emporte le morceau, Facebook étant considéré comme un outil de vieux (c’est pas faux, j’en suis l’exemple), SeenThis (confidentiel, mais c’est aussi un choix pour ses utilisateurs, dans leurs conversations que je suppose d’un taux de confiance en plus : mais avec mes principaux commensaux Facebook je suppose qu’on affirme aussi ce genre de confiance – conversation privée tenue en public, mais dans un tel murmure généralisé de la foule que peu importe). Je sais que certains de mes proches ou correspondants ont une utilisation très dense de LinkedIn : pour moi plateforme neutre, où les demandes de lien les plus fréquentes émanent de vendeurs de coaching, d’outils de com’, voire très souvent de gens bossant dans l’édition mais qui n’ont aucune espèce d’intérêt à ce que je fais – en gros, LinkedIn comme un Internet de ceux qui veulent être sur Internet mais sans se mouiller plus que le petit doigt, donc pour moi rien plus qu’une boîte aux lettres pour les flemmards qui ne savent pas que c’est dispo déjà sur mon site.

Alors YouTube et Instagram. Je commence par Instagram.

J’y suis présent depuis bien avant que la plateforme ait été rachetée par Facebook. Je l’ai dès le début utilisée non pas pour constituer un album ou une collection ou un vocabulaire d’images, mais seulement comme fonction : une image prise au débotté avec l’iPhone se retrouve propulsée à la fois sur mes comptes Facebook et Twitter. Mais ça a évolué : sont arrivés à la fois des (« vrais » ?) photographes, et surtout des comptes avec une véritable pratique créative ou sérielle d’image. Instagram s’est imposé comme dialogue personnel avec les créateurs d’images, sans d’ailleurs que cela m’éloigne de ma propre pratique Instagram : plutôt suivie des jours et des signes qu’interrogation spécifique sur l’image. Autre évolution : Instagram depuis longtemps n’est plus un média seulement image, mais un micro-écosystème image / texte / liens qui le rapproche de Facebook, avec d’autre part la fonction « story » élégamment piquée par Facebook à SnapChat – ainsi, si vous faites plusieurs Instagram dans la même journée, ils seront regroupés dans le même album à date du jour dans Facebook. Souvent, je commente sur Instagram différemment que pour la même image sur Facebook : on est plusat entre nous. Et je suis avec plus que de l’intérêt quelques comptes qui n’existent que sur Instagram, même si ce n’est pas ma pratique. Dans ce cas, l’écosystème image constitué par ces comptes hérite de ce que FlickR avait initié il y a 15 ans, mais s’est fait déposséder. Pour moi, l’enjeu d’Instagram, et sa différence d’avec Facebook, c’est de s’installer dans un paradoxe où on n’a aucune raison d’être trop tranquille : nous répétons depuis 15 ans que le miracle du web, c’est que le primat au code, au transmédia, aux images, n’ait pas tué le primat du texte. On pourrait lire Instagram comme une sorte de préfiguration d’un web qui s’ébroue sans que le texte y soit principal. Et le paradoxe c’est qu’on aime ça, qu’on y est à l’aise, et que bien souvent ce qui nous mène à une action (un geste, dirait Flusser) Instagram, c’est la même pulsion de fusion-arrachement au réel qui déclenche pour nous écriture et fiction.

Sur YouTube – qui appartient à Google –, il y a 2 éléments à mettre en avant : le premier, contrairement à Facebook, Twitter ou Instagram, c’est que les abonnements y sont invisibles. On voit leur compte global, mais la plupart d’entre nous ont cliqué qu’ils resteront anonymes. C’est ce qui me permet de suivre, sans l’afficher pour autant, des chaînes très techniques pour l’image ou le montage, des vlogueurs qui m’indiffèrent mais dont la pratique quotidienne ou l’utilisation du média me donne des indications importantes ou sociétales pour ma propre pratique, enfin des chaînes dont je n’ai aucune envie qu’on sache que je les suis : et ce que ça pose comme indication d’une liberté minimum, dont sont pourtant dépourvus Facebook ou Instagram.

Le deuxième élément, c’est le statut même de ce qu’on propulse, et qui concerne à la fois le statut de ce qu’on y met (parole, parole construite ou improvisée, mise en scène, fiction ou critique ou journal, en tout cas le même écosystème de registres que notre rapport essentiel et global à nos pratiques d’écriture, dont elle est le décalque), et le fait que la notion de publication bénéficie d’un saut radical vers cet amont de l’écriture, sans la médiation de l’article ou du livre – avec une notion de temporalité qui devient elle aussi conceptuelle, à la fois laissée au lecteur comme celle du livre, et à la fois organisée par le scripteur comme dans la scène ou la perf.

Retour sur le point 1 : frustrant pour moi, encore plus pour les chaînes que j’affiche en recommandation sur ma page d’accueil, ce peu d’abonnés qui nous suivent dans nos démarches littérature de création sur YouTube, par rapport au moindre amuseur, ou à l’immense popularité de YouTube chez les plus jeunes – là encore, non pas du point de vue quantitatif, mais en ce que ça dénote comme YouTube devenant (Facebook le tente aussi) écosystème fermé de navigation, prenant rôle de la veille d’information. Si je regarde mes stats, la courbe d’âge de « mon » YouTube est celle du public littérature, ni moins ni plus. Pourtant, s’abonner change votre mode de consultation : l’affichage des dernières publications des YouTubeurs que vous suivez, le non-affichage au contraire du petit teaser de présentation etc. Mais pour nous, un appui essentiel dans la propagation YouTube : comment sortir la littérature d’un ghetto de plus en plus réduit, quand l’édition commerciale a renoncé à s’extraire de son simple processus de reproduction dominante, voir la façon dont 80% des romans parus en septembre ont déjà totalement disparu, au bénéfice du matraquage des prix littéraires et leur comédie trafiquée. Avec des répercussions parfois étranges : ainsi le CNC qui décide de soutenir la création sur YouTube, mais demande un seuil de 10 000 abonnés, alors que cette expansion quantitative dépend elle-même de comment la plateforme vous propulse en fonction d’une pertinence liée à ses revenus publicitaires. La question économique étant aussi sous-jacente : oui, on peut faire une chaîne YouTube rien qu’avec son téléphone ; non, le moindre détail technique de son ou d’image ou montage suppose un budget matos important, sans passer du temps que vous y passez au lieu de gagner votre vie par ailleurs. YouTube s’est fait déposséder de son modèle initial, par la loi même de son modèle : quelques vedettes de plus en plus consensuelles accaparent l’essentiel des revenus publicitaires. Tant mieux, il faut tuer globalement la publicité dans nos villes et sur le web, c’est juste une pollution. Mais le modèle économique qui me permet alors cet espace de publication, dans mon propre cas c’est seulement les ventes de livre (elles ne sont pas négligeables, mais doivent aussi rester un espace de création et d’expérimentation, cette liberté est leur première fonction), donc une économie très insuffisante, ou le pourboire Tipeee, dans tous les cas un soutien au compte-gouttes par rapport à une publication dont le premier axiome est qu’elle soit d’accès non restrictif et non parasité par les pubs de l’hébergeur (je me refuse à « monétiser » mes YouTube).

Voir par exemple la différence avec Vimeo : pour mettre en ligne sur Vimeo je paye un abonnement annuel. Le visionnage est 3 fois meilleur que sur YouTube, du point de vue de la compression image et son (pour ça qu’on l’utilise tant, au point de vue professionnel). Les réglages de confidentialité sont progressifs et personnalisables pour chaque vidéo. Enfin, Vimeo propose les mêmes fonctions réseaux que YouTube sauf que voilà : la masse critique d’utilisateurs n’y est pas, et donc le taux de consultation y est quasi confidentiel, alors que sur YouTube, comme pour la notion d’image « partagée » depuis FlickR jusqu’à Instagram, les fonctions de partage sont organiquement liées à la vidéo elle-même.

Mais c’est donc retour au point 2 : en quoi la publication vidéo, sans projection restrictive préalable dans un espace d’abord textuel, ou par rapport à l’association texte + image fixe qui a été le modèle dominant pour toute la période blog, mais qui semble désormais de plus en plus obsolète (de mon côté, je ne pratique plus la photographie : les images que j’utilise pour le site sont des copies écran de mes shoots vidéo, et je ne considère pas ma pratique Instagram comme photographie, mais où sont dans tout cela les frontières ?), déplace un curseur décisif : oui, la pratique vidéo (incluant le direct, que je ne pratique pas encore vraiment, privilégiant l’édition de mes contenus, et incluant aussi l’évolution même de l’image, comme la balbutiante VR et mes images fixes 360), n’est pas un vecteur à part ou complémentaire de la création textuelle, mais l’établissement plus en amont, dans l’expérience même du réel (l’appareil tenu à la main dans les « transports » ou le quotidien de la relation aux autres ou à la table de travail), dans la conception même de l’intervention littéraire (plus besoin qu’on nous invite en bibliothèque ou librairie ou festival : de toute façon ils donnent toujours la première place à la zizouille dominante), que nous soit remise la publication, dès l’étape de l’improvisation, comme l’étape de la diffusion, ou de la recommandation, à échelle personnelle dans le média dominant tout comme, avec les outils de Print On Demand (ma collec Tiers Livre) la production de livres selon critères professionnels de qualité, voire même un peu plus de qualité que ce qu’est devenue l’édition marchande, appartient à l’auteur sans autre médiation.

Sans aborder non plus ici la question qui sursume toutes les autres : en quoi notre intervention YouTube, en tant que forme narrative, participe nativement de notre intervention en tant qu’écriture, donc forme littéraire en soi, relevant la forme roman, ou l’accomplissant désormais.

Reste aussi pour moi le mystère si étrange de tous ces collègues auteurs qui se tiennent à distance de tout ça comme si rien au monde n’avait changé, et qu’on n’avait pas à se moquer au vulgaire : quel mal font à l’ensemble de la communauté ceux qui ont ainsi décidé de se laisser lentement mourir debout, dans leur petit cercueil bien ouaté de l’édition commerciale, des salons et de la bienveillante presse littéraire en progressive déshérence ?

Et là c’est mon point d’arrivée : en quoi tout le défi nous appartient, parce qu’il nous revient de continuer à établir ces formes, à constituer cette masse critique de contenus, alors même que pour un petit bout de temps encore on a l’impression d’y être bien seuls. Et rappelez-vous : si vous vous abonnez à Tiers Livre vidéos, cliquez sur « abonnements invisibles » et je ne saurai même pas votre nom, ça devrait vous inciter, non ?


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 3 novembre 2017
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