outils du roman #17 #18 | compte double

cycle été 2020 | outils du roman


 


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Image haut de page : Jean Hélion.

 

#17 #18, compte double


Résumé de la consigne :

- approchant de la fin du cycle, on propose donc 2 exercices complémentaires, l’un qui sera une sorte de détermination négative, par accumulation, l’autre qui se voudra un zoom très précis, très concret, sur un minuscule rouage de situation ou de contexte, dans stricte condition d’en respecter le vrai ;

- #17, détermination négative : des participants ont rappelé combien l’exercice précédent, le #16 sur les notes de bas de page, leur avaient rappelé l’exercice pratiqué en toute fin du cycle « construire une ville avec des mots », comme celui du « dictionnaire » à la fin du cycle « pousser la langue » –- du point de vue méthodologique, l’enjeu est le même : installer du langage là où le livre n’est pas encore écrit, créer des appuis ou des prises de langage (comme ces murs d’escalade qui fleurissent sur nos rocades) là où l’intuition même n’a pas dessiné de figures — ces exercices participent d’une même démarche, et sont autant de variations (si vous cherchez, j’en ai testé quelques autres, cf par exemple la fiche à partir du dossier mission Stendhal qu’avait présenté Nathalie Quintane pour son Saint-Tropez) qui pourraient être rassemblés dans un même chapitre d’une future grande méthode d’atelier d’écriture (elle existe, c’est ce site et ses cycles/modules) ;

- il s’agit dont bien d’installer une transition : éléments de langage projetés dans ce qu’on ne sait pas du livre à venir (le majestueux titre de Maurice Blanchot) pour que marcher seul.e soit possible, indépendamment des exercices qui s’arrêtent ;

- l’appui est surtout symbolique, voire ludique : le beau titre d’un des (rares) ouvrages iconoclastes du rayons writer’s help des librairies américaines : 179 ways to save a novel, donc accumulation, donc fragmentation, mais qui part des problèmes, et même des éventuels obstacles rencontrés, des dérapages et sorties de route, des enlisements... autant de choses qui nous concernent pas ! — mais en cherchant nous à définir ce que notre livre ne sera pas, ou bien ne pourra et ne devra pas être, on relance la machine à projeter du langage, et les intuitions, quand elles vont prendre le relais, ne seront pas face à un mur, mais déjà à naviguer dans un archipel...

- et #18 : une histoire vraie... il ne s’agit pas d’aller dévoiler le secret de famille derrière l’orfèvrerie de nos textes — il s’agit d’éprouver comment la contrainte du vrai interfère avec nos habitudes de langage, et, sur un minuscule rouage, une scène, une situation, une routine (rien de grand, juste de l’habituel, mais cerné au plus près), instaurer un rapport du langage au réel qui élimine le plus possible narrateur ou narratrice, locuteur : pour que ce vrai tienne tout seul, il va falloir en convoquer et examiner, au microscope comme au plan large, tous les rouages, formes, aspects, éléments, et ce sont ces rendez-vous réguliers, dans l’épaisseur du livre, qui lui donneront son assise hors de l’emprise de qui l’écrit (bien pour cela que c’est aussi un exercice de fin de cycle) ;

- bien séparer la notion de vrai et celle d’intime : on a pris des exemples dans les textes existants, notamment, dans un texte extrêmement chargé biographiquement, la phrase apparemment anodine où on voit le personnage préparer une pâtisserie, rituel familial d’apparence simple, et dont chacun dispose d’un équivalent intérieur, dans sa propre autobiographie : l’histoire vraie, ça peut être la fabrication de cette pâtisserie, incluant la pièce où on le fait, d’où viennent les ingrédients, les gestes qui s’y associent (mains essuyées dans le tablier), odeurs et four, linge qui recouvre pendant refroidissement et rituel du partage etc, ainsi naîtra l’histoire vraie, dans le pari que l’autre histoire, l’histoire en amont, lourde de secret et de nécessité intérieure, aura trouvé un autre champ de gravité ;

- j’insiste sur la formule de John Gardner, dont c’est l’avant-dernier des 30 exercices : raconter une histoire vraie avec tous les moyens à votre disposition — le mot vrai compte énorme, mais ce tous les moyens, si vous aussi le preniez au sérieux ?

En tout cas, l’amorce à nouveau de deux nouvelles directions dans cette transition de l’espace des propositions à celui de l’écrire seul...

 

LES MOTS-CLÉS :

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1ère mise en ligne et dernière modification le 12 octobre 2020
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