faire un livre #12 | qu’est-ce qu’une phrase

atelier d’écriture, les cycles été de Tiers Livre



 

#12, qu’est-ce qu’une phrase


Ce sur quoi insiste cette vidéo :

 la phrase, ce qui signe la singularité d’une écriture ? en tout cas ce qui la définit formellement ?

 je pars d’un livre fait de notes prises par Emmanuel Hocquard , 10 années durant, en amont des séminaires qu’il menait à l’école d’arts de Bordeaux (Le cours de Pise, POL, 2018) et notamment du bref chapitre où il pose cette question d’apparence simple : « qu’est-ce qu’une phrase ? »

 il y répond, paradoxalement, par un discours presque géographique ; les bords, les frontières, les limites, la coupe... et cela aussi change la perception du texte, contraint à le visualiser comme matière, étendue, donc rythme...

 il convoque un exemple, et le prend au plus paradoxal : une phrase de Joseph Guglielmi (1919-2017), qui restera tout au long du texte (bref) comme un îlot, un lieu de retournement, un défi à l’explication ou à la compréhension ;

 ce qui m’importe, dans ce jeu d’auto-réflexivité que je voudrais instaurer pour cette dernière partie du cycle, c’est qu’on passe à travers le simple discours de commentaire : l’auteur parlant de son texte, en détournant l’énonciation... oui, vous parlez, mais pas du livre, même pas du texte ou de comment s’assemblent ses narrations, mais seulement de la phrase, votre phrase...

 et pour cela d’abord en choisir une : dans l’ensemble de ce qui s’est écrit ces trois mois, quelque chose (une phrase donc) qui échappe, qui résiste, qui ne s’explique pas...

 et, une fois choisie, on la place sur la table de dissection (au sens de Lautréamont : la rencontre sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie)... elle dérange quoi, cette phrase, elle aurait pu ou dû être quoi, cette phrase, elle a surgi comment et pourquoi comme ça, cette phrase...

 dans la contribution que vous allez mettre en ligne, qui ne doit pas être une réflexion abstraite sur la phrase, la phrase exemple que vous avez choisie dans vos textes déjà écrits apparaît en italiques, et de façon récurrente : c’est elle qu’on cite, elle qu’on manipule et déforme, elle qu’on interroge, qu’on malaxe comme le fait Emmanuel Hocquard avec celle de Guglielmi.

 penser aux deux exercices précédents, l’obsession avec Thomas Bernhard et le négatif avec Jean-Paul Goux : mais cette fois, cette mécanique appliquée uniquement et exclusivement à une phrase, sauf que cette phrase est de vous, sauf que c’est votre écriture... et encore plus : là où votre écriture s’est affirmée malgré vous, voire contre vous...

 


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1ère mise en ligne et dernière modification le 24 septembre 2021
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