Jamais je n’écrirai les paysages des déserts du Sahara, de l’Himalaya ou des îles pacifiques, besoin de m’être confrontée à un lieu pour l’écrire ; pourtant je pourrais écrire les paysages de la vallée de la Vézère au paléolithique, tellement imprégnée de ces lieux j’ai été, par de fréquentes pérégrinations entre 2016 et 2025 et des lectures.
Jamais je n’écrirai de journal intime, de texte autobiographique, pourtant mes fragments ne sont-ils pas imprégnés d’éléments autobiographiques ?
Jamais je n’écrirai l’histoire de Léonie. Pourtant il suffirait peut-être d’ajouter les fragments aux fragments évoquant Léonie pendant la période 1915 à 1922, pour reprendre l’écriture.
Longtemps j’ai pensé, jamais je n’écrirai, toujours je lirai. Jamais je n’écrirai. Le dire, l’écrire à tue-tête, pour finalement lancer l’écriture.
Jamais je n’écrirai les ciels de l’enfance, les ciels des Ardennes, les ciels gris chagrins de l’hiver, les ciels que le jeune Arthur a dû éprouver, pas exactement les mêmes, mais une atmosphère proche. Des ciels qui l’ont amené à fuir les Ardennes pour de longues marches vers l’ailleurs.
Jamais je n’écrirai le livre la tête dans les nuages, que je suis en train d’écrire, mais que je n’écrirai jamais.
Le jour d’après avoir écrit, jamais je n’écrirai de journal intime. J’ai ouvert un document intitulé « écrire le quotidien au jour le jour ». Je note en introduction Chaque jour écrire au moins une phrase dans ce journal d’écriture.