1
Un monde qui n’aime pas ses enfants mérite-t-il de vivre ?
2
à venir
3
Fuir l’insomnie. Je bâille, profondément. Bâillement signifiant sommeil mûr à point. J’attendais ce signal, impossible de m’y soustraire. J’abandonne là ma lecture, ou mon visionnage. Je me couche immédiatement, Une dernière pensée parasite sur la journée passée, ou celle de demain ou la question futile. La porte est-elle fermée à clé ? Oui, certainement, elle l’est. L’est-elle ? Sur cet accroc l’endormissement se suspend. Ne reste que ce doute insignifiant. Je ne me lèverais pas pour le vérifier, je n’oublie jamais de fermer la porte, pourquoi l’aurais-je omis ? J’essaie de détourner mon esprit de cette interrogation, elle grossit jusqu’à remplir toutes mes pensées. Ma lutte est inutile, je reviens me coucher après avoir vérifié la porte. Elle était fermée. Allongée, bien calée dans ma position favorite, sur mon oreiller à la mollesse adéquate, je n’ai pas d’inquiétude, le sommeil n’est pas loin. Le sommeil revient. Le sommeil devrait revenir sous peu. Qu’est-ce que je ne dois pas oublier pour demain ? C’était important, je ne l’ai pas noté, j’étais certaine de m’en souvenir. C’était quoi ? Pour ramener le sommeil de mon côté, je dois vider mon esprit. Les moutons n’ont jamais fonctionné. La respiration ventrale non plus. Il me reste l’alphabet, je commence à la lettre A, c’est facile : Anaconda, Âne, Aigle, Albatros. Il m’en manque un pour arriver à cinq et passer au B. Le sommeil revient, curieux, pour écouter mes énumérations. Je le piège aux alentours du J.
4
Quel est le fil rouge ? Quelle est l’évolution de chaque personnage principal ? Je ne sais pas répondre aujourd’hui.
Faut-il bâtir les personnages autour de la question de leurs évolutions ou doit-elle apparaître au fil de l’écriture ?
Un récit peut-il se construire librement ou est-il impératif d’avoir défini toutes les étapes avant d’entamer la rédaction ?
Efficacité ?
5
Une bête sauvage ? Non, j’ai bien cherché une rencontre improbable. Peut-être à l’occasion d’un safari dans une savane ? Il faudrait pour cela aimer les voyages lointains. Ce n’est pas mon cas. Croiser un requin ? Non, mis à part sur un étal de poissonnier sous l’appellation peau bleue. Un fauve né en captivité dans un zoo ? Oui, mais dans ce cas une triple barrière barbelée, électrifiée et une fosse remplie d’eau nous séparent. Ce blaireau adulte aperçu sur la colline en face de ce restaurant et le silence qui se répandit sur la terrasse parmi les convives, au fur et à mesure de l’escalade de ce spécimen rescapé des chasses du siècle dernier. Les chuchotements échangés pour identifier l’animal, l’étonnement par rapport à sa taille. L’impression de puissance donnée par sa démarche dandinante lorsqu’il regagna le couvert de la lisière de la forêt. La certitude qu’en cas de rencontre, il aurait le dessus sur nous et le frisson qui nous parcourut tous alors qu’une route de campagne nous séparait de lui.