#Chronique 01# Transformations

1 Un monde qui se réchauffe chaque jour un peu plus au risque d’une implosion fulgurante, définitive ?

2 Coupure

Je les vois avancer sur le chemin trois silhouettes chargées de quelques affaires, de part et d’autre des arbres. Avançant à mon tour, je les suis de loin, mon regard s’attarde sur le paysage environnant. Arbres, prés verts. Soudain, seule, à droite un portail ouvert sur un pré vide, hésitation, je continue d’avancer.au son des voix lointaines.  Encore quelques pas, au coin d’un chemin qui bifurque un portail en fer, bifurcation à droite, un chalet, des escaliers à descendre, une pièce à traverser, une terrasse, les silhouettes sont là, installées au sol sur leur tapis, au centre deux parasols immenses protègent du soleil. Je me pose au coin, des pierres me séparent d’un pré en contre bas. Au carrefour, d’une journée particulière.

3 Des nuits

Noctambule elle ne dort pas. Seule dans sa chambre. Seule la nuit elle marche dans la maison. Le bois craque sous ses pas seul bruit dans le silence de la nuit. Elle s’installe dans la nuit. Elle fume les yeux levés vers les étoiles. Elle sort la nuit. Elle danse toute la nuit, fume, rit jusqu’au petit matin. Elle sort étonnée du soleil qui pointe à l’horizon, traversée par le bonheur de cette nuit festive qu’elle n’a pas vu passé. Elle a 20 ans. L’insomnie n’est pas toujours un ravin. (contrairement à ce qu’écris Marie Darrieussecq dans son livre Pas dormir.) Elle ouvre les yeux, démangeaisons sur son corps, il ne dort pas, virevolte autour de ses oreilles. Elle regarde son téléphone, 1h du matin. Ne plus dormir. Oh, comment finir la nuit, elle se tourne et se retourne. Elle tapote sur son écran, pas de messages. Elle se lève, pieds nus sur le parquet, elle avance vers la fenêtre, entrebâille doucement le rideau bleu nuit qui protège de la chaleur le jour, le lampadaire illumine la route, les arbres sombres la rassurent. Marcher dans la nuit. Elle pense à tout ce qu’elle pourrait faire, il parait que dans le silence de la nuit, l’inspiration vient. Elle en rêve et se recouche. 45 ans sont passés depuis sa dernière nuit blanche.

4 6 juillet 2026Journal

Suivre un atelier a des effets rapides, des réflexes sont retrouvés, envahie par les propositions les mots circulent, arrivent, se posent, se transforment jusqu’à obtenir un fragment, un texte qui pourra être publié et se confronter aux autres qui le liront, commenteront. Moi même j’en lis beaucoup, ne laisse pas toujours un commentaire. J’ai commencé en début d’année, un journal en version numérique, abandonné les carnets papier qui s’amoncellent, mêler écriture et photo, écriture et dessin, écriture au rythme désordonné, selon le temps de solitude, l’envie, la disponibilité, ce matin à une semaine d’intervalle jour pour jour, un temps d’écriture est posé, je pense à Christa Wolf, Un jour dans l’année, que j’ai rajouté aux livres qui m’entourent et me soutiennent dans ces temps d’écriture réguliers.

5 Pique et repique

Invisible, silencieux, sournois, microscopique, tu t’immisçais sous ma manche, sous ma jupe, dans mon cou, tu t’incrustes dedans, dehors, on ne t’échappe pas – soudain je sens des démangeaisons récurrentes, à chaque passage tu laisses ta trace, une piqûre plus grosse que toi, moustique je te hais chaque jour davantage. J’essaye de me convaincre que tu fais partie du vivant tout en rêvant que tu sois happé par les petites chauves souris qui chaque soir virevoltent dans la nuit noire.

A propos de Caroline Burgy

Lire, écrire, faire écrire, trois mots, marqueurs de ma vie, animatrice d'ateliers d'écriture, ils ont jalonné ma vie depuis quelques années, des rencontres avec quelques passeurs m’ont donné l’occasion de soutenir cette place avec les autres. Marguerite Duras écrivait "l'écriture c'est l'inconnu. Avant d'écrire on ne sait pas ce qu'on va écrire..." sans doute suis je portée par cette part d'inconnu à découvrir au fil du temps...

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