JE fais comme si, JE fais comme ça

1 – je suis l’impulsive. Je me punis de ma rapidité par le retrait, la fuite, la rupture, le silence, les regrets ? Trop tard trop souvent !

2 – Comme si je … avec elle

elle fait comme si existait un secret dans notre famille

alors ELLE cherche les secrets de famille

elle psychote tout signe

tout mot

tout écrit

c’est son sacerdoce au prix de tous les sacrifices

elle se croit le nouveau sauveur non pas du monde mais de Nous et surtout de moi mais je ne sais pas pourquoi elle me dit « tu verras tu en auras des ricochets » … de quoi ai-je besoin d’être sauvée ?

elle se fait ses messes basses, ses messes noires, ses sabbats de sorcière

elle creuse de ses mains jusqu’aux racines de MON arbre

elle remue les vases les eaux troubles

fouille jusqu’au fruit de nos entrailles

deuils adultères maladies handicaps divorces morts

et les presque morts qui ont encore des mots plein la bouche à cracher avant de s’effacer

elle suit des doigts les cartes géographiques des déplacements, déménagements

maisons vendues, brûlées, partagées

vieux papiers de notaires qui transpirent les rancœurs, jalousies

je lui en ai photocopiés car j’ai tout récupéré à la vente de la maison de famille… à l’époque elle et les autres voulait tout mettre « à la benne » et non je ne mets pas les papiers de famille à la poubelle … les photos encore moins …j’ai le respect des ancêtres… j’ai aussi lu les mémoires d’un arrière-grand-père, le recueil poétique d’un grand-oncle – de la poésie elle n’a jamais voulu et les mémoires lui demande trop d’efforts avoue-t-elle … pourtant des potins il y en a dans ces pages …

si elle savait !

comme si elle thérapeutique en solitaire la famille

suppute sur le moindre indice, faux caillou sur le chemin

mauvaises herbes ou jardin de paradis trop beaux pour être vrais

et si elle téléphone sans cesse pour avoir des précisions, des souvenirs qu’elle interprète

je l’écoute, j’acquiesce d’un Hum douteux

les souvenirs ne sont pas vérités

elle les réécrit à son avantage

si elle levait une omerta ?

curieuse ambivalente je fais

comme si ça pouvait arriver et j’attends qu’elle me révèle le secret

et je m’interroge … ça change quoi de découvrir un secret ?

3 – Quand je n’écris pas ma tête parle toute seule.

La nuit réveille les phrases, phrases de rabâchent pour ne pas se perdre. Au réveil toutes oubliées.

Les pas émoustillent les idées peintes par les paysages, les mots s’inscrivent dans le ciel et s’effacent au moindre souffle.

Ne restent que des fragments appauvris loin du délire du déroulé mental.

Le corps écrit

Ecrire avec son corps, son mental sans papier est-ce écrire ?

C’est une écriture qui m’habite, une compagnie, une présence, une présence. 

Alors quand je griffonne une page blanche quelques mots timides j’ai l’impression de ne pas être la même personne.

Quel moteur habite l’écrivant ? Je ne me considère pas comme écrivaine.

Je joue à écrire.

Peut être écrire ne m’est que badinage.

Mais écrire me fait souffrir autant que cela m’amuse. La confrontation est difficile. C’est un combat avec moi-même. Cracher ce qui m’habite. Le vomir en mots.

C’est plus fort que moi.

J’écris.

Je ne sais pas comment

Je ne sais pas pourquoi

4 – Je suis avec Marianne et Faithfull[i] et Patrick Cloux[ii]

Tout le long de l’autoroute monotone les champs s’affichent pailles mélancoliques bordées de haies grillées.

Au-dessus le ciel se traine, lent, dans un gris sale, chante une symphonie de lumières pâles, un concert silencieux, le soleil indécis dans des corridors bleus.

Et j’entends la pluie qui tombe sur le sol

Pendant que mes larmes tombent

Se noient les vacances et les cadeaux de l’été

Les choses données et perdues (…) je ne sais que faire de tant d’images


[i] As tears goes by

[ii] Marcher à l’estime « une chronique de nature »– Ed. le temps qu’il fait –

A propos de Béatrice Planchais

Enfance à la campagne grande sensibilité à la nature , j'écris principalement de la poésie

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