Jeûne

On raconte que Jésus jeûna quarante jours dans le désert. Admettons. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eût faim. Voltaire n’aurait pas dit moins. L’Evangile fait état d’une lutte contre des bêtes sauvages, mais ne dit rien de possibles mirages. Satan, lui proposa-t-il de l’eau ? Quelqu’un sait-il si Jésus but dans le désert ; la question reste entière : Jésus but-il dans le désert ? Butina-t-il ? Buta-t-il ? Se buta-t-il ? Dans quoi ?Contre qui ? Certains témoignages l’attestent ; la science nous le confirme : un corps humain ne peut se priver d’eau plus de trois jours. Heureusement, Jésus n’est pas humain et face aux tentations, il répond : « Il est écrit : L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » Si l’Ecriture nourrit Jésus, et la parole de Dieu les hommes, si Jésus n’est pas un homme, si personne n’a rien bu et que la science dit vrai, si j’entame mon premier jour de jeûne, de quoi vais-je me nourrir et à quelle source vais-je boire ? 

A propos de Anna Miro

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11 commentaires à propos de “Jeûne”

  1. Paraît que Jésus savait marcher sur l’eau sans mouiller ses habits ni ses pieds. Paraît quand même qu’il était assoiffé de justice. Et puis il semblerait qu’en temps de jeûne, il faille se garder une poire pour la soif. Faut voir.

  2. le truc des 40 jours/40 nuits c’était pas plutôt le déluge ? (que d’eau, que d’eau ?) (enfin ce que j’en dis n’est certes pas parole d’évangile) (comme tu sais)

  3. Merci, Anna, pour ce texte !
    L’affaire semble complexe : si Jésus était Dieu fait homme, il était en butte à la soif. Et derechef, votre question : but-il ?
    L’hypothèse du butinage semble intéressante…🐝
    (Pourriez-vous vous pencher sur l’affaire de la mer rouge mise à sec par Moïse ?)

  4. Merci pour ces retours Agathe qui sont de bien précieuses pistes de travail. Il n’est pas de hasard ; pour une apicultrice amatrice, revenir au butinage au coeur d’un pré-texte religieux.

  5. Satan est un homme de contrat qui fait couler beaucoup d’encre… Merci Brigitte de contextualiser cette figure.