A propos de Catherine Plée

Je sais pas qui suis-je ? Quelqu'un quelque part, je crois, qui veut écrire depuis bien longtemps, écrit régulièrement, beaucoup plus sérieusement depuis la découverte de Tierslivre et est bien contente de retrouver la bande des dingues du clavier...

#anthologie #36 | Miss Pardon ou le flamant rose

D’abord elle rougit, et se sentant rougir rougit plus encore, s’imagine que tous ne  voient que çà, ne pensent qu’à ça, qu’à elle et son teint de tomate confite, les autres la jugent, sans aucun doute ils la jugent, ah les autres… elle ne connait pratiquement personne ici, elle est mieux quand elle connait ne serait-ce qu’une personne, elle peut s’y Continuer la lecture#anthologie #36 | Miss Pardon ou le flamant rose

#anthologie #32 | superposition d’images

Au sortir du métro encore deux cent mètres  il pleut c’est bien ma veine en veste légère et sans parapluie je courbe les épaules les pavés luisent sous le feu des vitrines éclairées Petit bonhomme vert je passe et laisse le Monoprix derrière moi les voitures font un bruit de salive caniveau rempli d’eau pieds trempés vitrine du magasin Clarks bardé Continuer la lecture#anthologie #32 | superposition d’images

# Anthologie # 34 | Aide-la!

Aide-la dit mon père. Quoi faire quoi ? Aide-la… A faire quoi ? se lever ? allumer sa bougie ? la sortir d’ici ? Fais ce que tu veux mais aide-la, moi je n’en peux plus… Tu n’en peux plus, tu n’en peux plus, mais c’est toi le mari, non ? Je l’ai pas épousé pour le meilleur et le pire, moi, ma mère… Aide-la quand Continuer la lecture# Anthologie # 34 | Aide-la!

#anthologie #33 | mère l’oeuf

Ouvre cette porte me dit mon père. Mais je ne veux pas, je ne veux pas. Ne fais pas l’idiote, ouvre cette porte, tu n’es plus une enfant… La porte a grincé férocement avant de daigner s’ouvrir sur un cagibi tout noir. Assise sur un tabouret, ma mère tient une bougie éteinte à la main, elle semble étonnée de nous Continuer la lecture#anthologie #33 | mère l’oeuf

#anthologie #29 | Un père et une mère

Il a quatre-vingt-dix ans, il est aveugle, couché sur son lit d’hôpital, il sort du coma, arrache sa perfusion, il veut embrasser sa fille qui recule devant ce mourant en couche-culotte, je déteste les histoires de famille tout le monde a une famille il dit c’est l’heure de vérité. C’est d’une banalité désolante Demain, il sera de nouveau dans le coma. Dans deux semaines Continuer la lecture#anthologie #29 | Un père et une mère

#anthologie #26 | bruits de fond

Comme une brise dans mes oreilles, un souffle continu, le bruit du dedans. Il fait si chaud, ça amplifie, et puis un train qui passe, il n’y a pas de voie ferrée ici, peut-être le cahot d’une valise à roulettes sur les pavés, un airbnb perdu dans la nuit ? le souffle revient, puis comme un frottement, une présence là tout Continuer la lecture#anthologie #26 | bruits de fond

#anthologie #25 | Amours et pestilences

Enfant, on n’acquiert pas tout de suite la hiérarchie des odeurs ce qui sent bon ou pas est pure transmission, ça pue ! est avant tout une parole : l’ainé persuadé et persuasif expliquant au cadet fort surpris ton caca sent mauvais, le mien sent bon. La mère proclamant au saut du lit Ce qu’il pue cet homme, et le père sentira Continuer la lecture#anthologie #25 | Amours et pestilences

#anthologie #24 | le bonze

son père disait Ils sont si mignons quand ils dorment. Et pourquoi pas mignons lorsque morts ? Le plus laid des bébés atteint à la beauté dans le sommeil. C’est d’abord ce souffle ténu d’une régularité souveraine, ce visage que nulle ride, nulle blessure, nul pli amer ne vient troubler, rien pour offusquer la rondeur de l’enfance. Uniquement des courbes dessinées Continuer la lecture#anthologie #24 | le bonze

#anthologie # 23 | la fenêtre

C’est ainsi. A chaque fois que je passe dans leur rue, je ne peux pas m’empêcher de relever la tête vers leurs fenêtres, celle du salon à trois battants, et celle, basculante de la cuisine. Je regarde surtout celle du salon car c’est dans celle-ci que pointaient soudain leurs têtes quand j’arrivais (souvent) en retard. Les éléments de la cuisine Continuer la lecture#anthologie # 23 | la fenêtre

#anthologie #17 | Virginia

elle me dit suivez-moi, nous allons au phare, le phare c’est toute une histoire. Je l’ai lu dis-je bêtement, elle a un petit rire, sa voix est un peu grave, un peu dure et acérée comme son profil. Tout est long en elle, son nez, son ovale, ses jambes, ses mains, je suis incapable de dire si elle est belle Continuer la lecture#anthologie #17 | Virginia