A propos de Christine Eschenbrenner

Génération 51.Une histoire de domaine perdu, de forteresse encerclée, de terrain sillonné ici comme ailleurs. Beaucoup d'enfants et d'adolescents, des cahiers, des livres, quelques responsabilités. Une guitare, une harpe celtique, le chant. Un grand amour, la vie, la mort et la mer aussi.

#été2023 #08 | un peu de tissu

Tout replié sur lui-même. Posé là comme quelqu’un qui ne peut plus aller nulle part. Morceau de tissu effiloché. A côté de la malle noire, dans le coin. Un chiffon à poussière, on dirait. Noyé dans la grande accumulation. Presque sur le tas. Il faudrait quand même faire le tri, a dit le curieux qui avait entendu parler de la Continuer la lecture#été2023 #08 | un peu de tissu

#été2023 #07bis | sueur sang pluie d’orage et tulle gras.

Odeurs reviennent : sueur pluie d’orage sang. Dans le martellement des pas : pluie d’orage sueur sang. Dans le désordre : sang sueur pluie d’orage. La danse à trois temps ramène à la surface ce qu’elle a failli perdre en acceptant de monter dans la voiture inconnue qui devait l’emmener là où elle n’avait plus assez d’argent pour aller. Ils ont mis Continuer la lecture#été2023 #07bis | sueur sang pluie d’orage et tulle gras.

#été2023 #07 | Danse état dit second

De l’extérieur, est-ce que ça se voit ? État dit second, transe, disent les uns. Pour toi c’est tout le temps mais on ne sait pas.  Ceux qui se demandent comment tu as fait pour passer par le deuil sans te jeter sous un train. C’est non, on n’a pas fini d’accourir là où dire vie, liberté, tant qu’on peut. Quelque Continuer la lecture#été2023 #07 | Danse état dit second

#été 2023 # 6bis | personnages chiffrés

L’éboueur gagne mille trois cent cinquante euros par mois pour trente-cinq heures par semaine. Arrondit les fins de mois dans son entrepôt avec stock et troc. Ne déclare pas l’arrondi qui n’entre pas dans les cases. Le trader gagnait cinq mille cinq cents euros par mois, c’était son salaire de base n’incluant pas les bonus. A vite gagné en expérience, Continuer la lecture#été 2023 # 6bis | personnages chiffrés

 #été2023 #06 | Ce qu’on peut

On fait ce qu’on peut avec ce qu’on a. On fait ce qu’on peut avec ce qu’on n’a pas. On fait ce qu’on peut. Je me le disais encore tout-à-l ’heure en pliant bagage après la dernière collecte le long du canal dans lequel je repêche aussi, en plus du reste, toutes sortes d’objets, déformés par leur séjour dans l’eau, Continuer la lecture #été2023 #06 | Ce qu’on peut

#été2023 #05bis | En fugue

C’est déjà un livre, une fugue à elle seule, un titre. Elle seule qui se sauve dans tous les sens du terme. Enfin, elle essaie, puisqu’on est à l’intérieur. Mais on fait comment pour parler d’elle qui n’a d’autre intérêt que celui d’être passée par là, et d’avoir survécu. Epreuve du feu, ou de la glace : du pareil au même. Continuer la lecture#été2023 #05bis | En fugue

#été2023 #05 | Ecluser

 Balayer devant sa porte, c’est sûr. De ça, les gens devraient s’inspirer. En nous regardant. Tout simplement. Moi, c’est balayeur de voirie, éboueur et poète. Je ne suis pas le seul. Si tu ne me crois pas, tant pis pour toi : comme beaucoup, tu passeras à côté. Ce n’est pas parce qu’on est techniciens dits de surface qu’on n’accède pas Continuer la lecture#été2023 #05 | Ecluser

#été2023 #04bis | Nuits terminales

1.Dans la nuit de samedi à dimanche, le radeau s’est trouvé à portée de mots, au pied du lit. Le courant était fort et on sait qu’il est impossible de lutter contre. La seule possibilité : se laisser entrainer par lui et espérer en sortir quand il se mêlera aux eaux plus calmes. A ce moment-là, elle est dans l’œil du Continuer la lecture#été2023 #04bis | Nuits terminales

#été 23 #4 | trois fois vers Grigny

Le train d’avril s’arrache à la grande ville, qui ne s’efface pas vraiment, prise et postée tout du long dans le maillage de la banlieue avoisinante. La voie ferrée longe le fleuve, que l’historien et l’étudiante suivent du regard, comme s’il avait le pouvoir d’adoucir le paysage autant que l’histoire.  A ce moment-là, tout est possible :  puisque l’étudiante sous pression Continuer la lecture#été 23 #4 | trois fois vers Grigny

#été2023 #03bis | quatre étoiles, hommage

Dans le réseau, dans la galerie, elles sont vraiment quatre. Quatre qui n’ont rien à voir au départ. Quatre pas faites pour se rencontrer. Quatre avec chacune sa vie.  Mais les quatre sont unies pour toujours : elles ont sauvé les enfants d’avant, tu te rends compte ?  Photo : dans la galerie, je les vois. Alignées : une bande de vieilles dames, disent Continuer la lecture#été2023 #03bis | quatre étoiles, hommage