A propos de Françoise Breton

aime enseigner, des lettres et du théâtre, en Seine-Saint-Denis, puis en Essonne, au Cada de Savigny, des errances au piano, si peu de temps pour écrire. Alors les trajets en RER (D, B, C...), l'atelier de François Bon, les rencontres, les revues, ont permis l'émergence de quelques recueils, nouvelles, poèmes. D'abord "Afghanes et autres récits", puis en revues "Le ventre et l'oreille", "Traversées", "Cabaret", "La Femelle du Requin"... Mais avant tout, vive le collectif ! Création avec les anciens élèves d'Aulnay-Sous-Bois de la revue numérique Les Villes en Voix, qui accueille tous les textes reçus, photos, dessins, compositions sonores...

#été 2023 #06 bis | En Nathalie les fées coiffées

Au bout de quinze minutes, le dénivelé de mille mètres devient une torture. L. explique qu’en son temps, les chasseurs alpins faisaient d’abord des parcours d’initiation, devaient monter sur 300 mètres avec un chargement de quarante kilos sur le dos, les mecs tombaient comme des mouches, y tenaient pas l’coup. Ici, les caillasses rendent les sentiers abrupts et casse-gueule, on Continuer la lecture#été 2023 #06 bis | En Nathalie les fées coiffées

#été2023 #07bis | l’énergie ravage des hommes

L’été n’est pas aussi lent qu’en ville, semé d’odeurs retenues contre soi, libérées d’heure en heure quand on arme ses défenses du côté des communes, dans la campagne on sent le soleil se soulever dès sept heures, c’est un fil suspendu qui t’accompagne dans le corps et chaque fois elle est si heureuse d’accueillir enfin le neveu venu de la Continuer la lecture#été2023 #07bis | l’énergie ravage des hommes

#été2023 #06 | Une histoire de milieux

Ma mère l’avait repérée parce qu’elle marchait à bonnes enjambées sur les routes, accompagnée de ses deux chiennes, truffes allègres, trouvées dans les choux, des sang-mêlées tranquilles, pas gênées, qui lui rentraient dans les jambes. A force elles lui faisaient une robe à baleines, corsetée autour de la silhouette. La dame divaguait chaque après-midi sur l’unique route du village, puis Continuer la lecture#été2023 #06 | Une histoire de milieux

#été2023 #05bis | des chants et des travaux

Construction – les gens de chantiers, ils sont tellement pratiques ! Les toitures défoncées par les tempêtes, les escaliers qui s’effondrent sous le poids de la cinquantaine d’années, les bonhommes ils tiennent bien sous le cagnard, ils apprivoisent les lignes à haute tension, des fois à peine le temps de couper le circuit qu’ils ont déjà démonté les prises, les boyaux, Continuer la lecture#été2023 #05bis | des chants et des travaux

#été2023 #05 | Rutilances

Les battues sont organisées dès le début de la soirée. Si la jeune fille avait disparu en fin d’après-midi, il restait quand même quelques heures avant la tombée de la nuit. Un tee-shirt coloré dans les teintes roses fluorescentes, des baskets flashy, que la petite aurait pu perdre en courant soudain, paniquée. Et voilà, le plus curieux dans l’histoire, c’est Continuer la lecture#été2023 #05 | Rutilances

#été2023 #4bis | les histoires en territoire de pluie

Des années plus tard, ce sont les Anglais qui supplanteront cette foire aux coups bas. Ils achèteront le presbytère, l’aménageront de sorte à créer de petits studios d’enregistrement, la maison de la maîtresse sera aussi achetée, bien pratique, jouxtant le bâtiment de l’école, et la maison de l’assistante scolaire qui ne tirait pas les oreilles mais souriait que la cheffe Continuer la lecture#été2023 #4bis | les histoires en territoire de pluie

#été2023 #04 | Les machines agricoles

En face de nous, les bavards paranoïaques de la ville s’étaient installés, achetant les belles propriétés pour une bouchée de pain, nous toisant de leur arrogance. Les pervers narcissiques habitent dans les cités limitrophes des mégalopoles, ils sont fiers, leurs regards sucent la moelle épinière des sentiers qu’ils broutent, leur sel, leurs deux cents mètres carré d’impatience et de revanche Continuer la lecture#été2023 #04 | Les machines agricoles

#été2023 #03bis | Régression

Pour ma sœur, ça se voit, il n’y a rien à craindre de mon côté, je suis turbulente, inoffensive non-offensante. Dans ses yeux, elle le voit : le monde est dur méchant foutraque, un tas de viande insane, la vie donnée ne correspond à rien de ce qu’on veut, un fossé, une perte de temps, rien – elle qui veut vivre Continuer la lecture#été2023 #03bis | Régression

#été2023 #03 | Béru on the road

Y.ck fait partie de ceux qu’on pouvait côtoyer pendant les vacances. Seuls certains d’entre nous habitaient le village. Nous étions tous issus d’horizons lointains, bien tranchés, irréconciliables. Parfois déjà ancrés au travail. Comme Jean-Mich qui s’occupait d’une ferme alors qu’il avait à peine vingt ans. Il devait tout le temps faire les comptes. Il avait des animaux, des poules, des Continuer la lecture#été2023 #03 | Béru on the road

#été2023 #02bis | l’abeille et les taiseux

L’abeille est rentrée dans la manche, comment a-t-elle fait son compte. Tournant de travers, sa petite promenade pique le dos de la chemise, on entend ses pattes duveteuses et souples, rayées de soleil. C’est notre peur, notre peur à nous, peuple de la pluie, gadoue fichée dans les bottes. On ne peut les admettre, ces volantes et promenardes. Leur bourdon Continuer la lecture#été2023 #02bis | l’abeille et les taiseux