A propos de Marie Moscardini

«Après une formation à Aleph en 2014, j'anime des ateliers d'écriture dans une petite ville de Saône et Loire.» Voir son site Nouvelles à écrire.

#anthologie #06 | toute seule

« Mais tu es toute seule, viens avec nous ». Elle préférait voir le monde assise à sa fenêtre, elle savait tout du monde, il y avait eu la guerre, un prisonnier allemand à la maison, le soir au souper on avait droit à une sardine, une seule et c’est tout. Elle savait la vie, naître, grandir, se réjouir, aimer, souffrir, vieillir, Continuer la lecture#anthologie #06 | toute seule

#anthologie #05| Une vie devant

Je suis devant la fenêtre de ma chambre pour bien profiter de la lumière du jour. Ils pensent tous que je ne pense pas. Ce n’est pas parce que je ne suis pas allée à l’école au-delà du certificat d’études que je n’ai pas la capacité à penser. En apprentissage, j’ai appris à broder. Je suis brodeuse. Je ne lis Continuer la lecture#anthologie #05| Une vie devant

#anthologie #04 | Lieux de vie

Habiter ton absence, chercher en vain ta présence, effleurer les murs doux de notre vie d’avant. Habiter sous les chênes, se protéger du soleil chaud d’été, embrasser leur tronc réconfortant. Habiter dans la maison de l’enfance, retrouver les gaufrettes dans la boîte sur le buffet, entendre le bruit du tracteur, respirer le vent du large, caresser la mousse sur le Continuer la lecture#anthologie #04 | Lieux de vie

#anthologie #02| Imprévisible

18 h 00 à la pendule. Un cœur en tissu imitation peau de crocodile-doré est attaché à la queue d’un chat en bois d’olivier, art martial de longue vie, bien-être, énergie, équilibre, c’est écrit sur le papier à côté du chat, le tapis de souris rond et rose n’est pas loin du chat, une femme est debout devant son ordinateur, Continuer la lecture#anthologie #02| Imprévisible

#anthologie #01| Marcher sur la tête

Marcher sur la tête, traverser le ciel, jambes et bras semblables à un oiseau, voler toujours plus haut, avaler une tranche de nuage pour se rafraîchir, éviter un avion qui pique du nez, apercevoir la ville minuscule, ses rues labyrinthes bordées d’immeubles, deviner une foule torrent dévalant les trottoirs, atterrir sans rien comprendre, replier les bras, resserrer les jambes, se Continuer la lecture#anthologie #01| Marcher sur la tête

#anthologie #prologue | je vacille

Je suis née le jour de son anniversaire, une nuit de tempête. Je n’ai pas entendu les arbres tomber sur la route. Je me suis nourrie de son lait à en être malade. Je vacille, je marche à neuf mois, je tombe, je me relève, je communique, je réponds même si je ne comprends rien, j’invente mon langage, je les Continuer la lecture#anthologie #prologue | je vacille

#gestes&usages #02 | courir elliptique

Une contrainte pour s’évader, atteindre les sommets…Mettre des chaussures qui ne vont jamais dehors, sur la terre, sur les graviers, dans l’herbe fraîche, prendre le transistor, tourner le bouton en recherche d’Énergie, le poser sur la table juste à côté du papier et du crayon. Enlever la housse, mettre la prise et enfin monter. Choisir un programme égal à soi, à son état Continuer la lecture#gestes&usages #02 | courir elliptique

#gestes&usages #01 | pas aujourd’hui

Elle avait cherché, feuilleté le gros classeur, sélectionne deux ou trois modèles et à cause de la couleur en avait choisi un, finalement le geste s’est arrêté, elle a beau le lancer vers la toile vierge, il se bloque à cause de la couleur de l’incertitude, elle tire, étire le drap sur le fil, un geste habituel, un geste du Continuer la lecture#gestes&usages #01 | pas aujourd’hui

#enfances #09 | Les mélanger les chambres

Les mélanger les chambres en un lieu parfois inquiétant, parfois réjouissant où toujours il y avait des murs, des portes et un lit. Pour ranger pyjamas ou chemises de nuit il y avait sur l’oreiller une housse en tissu avec les mots « jolis songes » brodés de volutes de fleurs colorées. Le matin il fallait faire son lit ranger son pyjama Continuer la lecture#enfances #09 | Les mélanger les chambres

#enfances #08 | Pas de disputes

La nuit disparaît de la fenêtre, un peu de jour arrive à travers le clair des persiennes. Petites filles, nous dormons ma sœur et moi dans le même lit. Un léger bruit me réveille, une porte s’ouvre, j’aperçois notre mère, elle transporte deux magnifiques couffins de poupée. Je ne bouge pas, je rêve peut-être. Un peu plus tard enfin je Continuer la lecture#enfances #08 | Pas de disputes