A propos de Solange Vissac

Entre campagne et ville, entre deux livres où se perdre, entre des textes qui s'écrivent et des photos qui se capturent... toujours un peu cachée... me dévoilant un peu sur mon blog jardin d'ombres.

#40jours #34 | le grenier

Seule. Une semaine déjà de vacances d’été, et la chaleur qui commence à s’intensifier sous ce troisième étage. Au-dessus, un grenier et le toit. Seule, emprisonnée d’ennui, de silence, de ce vide qui ronge l’esprit. Elle a déjà lu trois fois un Club des Cinq qu’elle va finir par connaître par cœur. Fait trois ou quatre pages d’un cahier de Continuer la lecture#40jours #34 | le grenier

#40 jours #33| la vie ainsi

Regarder en face ne se peut plus. Quelque chose va s’arrêter. Le souffle s’accélère. Au bord, le corps se penche. Effroi. Il est arrivé au bout. Il n’y a plus de page à tourner. Plus de fenêtre à ouvrir. Plus personne à accueillir. Plus de rire à laisser éclater. Plus rien. Inquiétude. Il compte les dernières pièces. Il n’y en Continuer la lecture#40 jours #33| la vie ainsi

#40 jours #32| densité

Suivre ce pas lent, un peu lourd. Prendre le temps en quelque sorte. L’air est souvent frais. Le printemps tarde à arriver. Il faut remonter le col du pardessus, enfoncer le chapeau sur la tête. Marcher ou prendre un taxi. Il ne va pas si loin. Et puis faire un peu d’exercice lui fera du bien. Il ne s’arrêtera pas Continuer la lecture#40 jours #32| densité

# 40 jours #31| dériver

ça glisse sur l’émeraude du canal – entre la forêt de mâts – traverser le brouillard – la brume plutôt – tout se voile puis se dévoile – escalier de pierre moussu en bordure du canal – de la verdure entre les blocs de marbre – le houppier d’arbres inconnus – de blanches colonnes en ogive – des lustres suspendus Continuer la lecture# 40 jours #31| dériver

#40 jours #30| l’inattendu

Derrière chaque porte. Derrière chaque souvenir. Quelque chose d’autre se profile. Un couloir, une pièce oubliée. Un souvenir dont on sait si peu. Quelque chose de perdu. Un geste démodé. Une mélodie reconnue. Une secousse de tremblement de terre. Un bruit de verre. L’envers d’un cri. Quelqu’un qui me ressemble. Des yeux fermés. Un mal de tête. Des mots enfermés Continuer la lecture#40 jours #30| l’inattendu

#40jours #29 | où sont les femmes?

Catalogue : Liste, établie dans un ordre donné, de noms de personnes ou de choses formant une collection Dresser la liste des catalogues que j’ai utilisés ou utilise encore  ( liste non exhaustive) :Le catalogue de la Manufacture d’armes et de cycles de Saint-Etienne, c’est à dire Manufrance ( le premier tout en haut de la liste)/ La Redoute / Les 3 Continuer la lecture#40jours #29 | où sont les femmes?

#40 jours #28| ça n’a pas de prix

Tu te souviens. Du temps passé dans les librairies. Depuis toujours, te semble-t-il. Avec ton père d’abord. Puis seule ensuite. La main dans la poche, qui tenait le billet. L’autre qui touchait les livres. La main du réel. La main du désir. Puis les calculs à faire. Un gros livre, de poche bien sûr ou deux petits. Le billet n’était Continuer la lecture#40 jours #28| ça n’a pas de prix

#40 jours #27| quelles réponses?

Comment il s’appelait déjà? Mais qu’est-ce qui a bien pu lui arriver ? Vous le trouviez pas bizarre, vous ? Vous n’avez rien entendu, vous habitez à côté quand même ? Vous l’avez pas trouvé triste hier ? Mais comment c’est possible des choses pareilles ? Il vivait tout seul, non ? Pas de femme, pas d’enfant, c’était un type étrange ? À quelle heure ça s’est Continuer la lecture#40 jours #27| quelles réponses?

#40 jours #26| c’est grave

D’une main timide, elle écarte légèrement le rideau de coton blanc, derrière lequel elle se dissimule. Elle fixe la boutique juste en face où quelque chose se passe. Il y a un remue-ménage inhabituel comme elle n’en a jamais vu. Une voiture de police, une ambulance, des hommes en uniforme ou en costumes, comme s’ils allaient à un mariage ou Continuer la lecture#40 jours #26| c’est grave

#40jours #25 | boutique abandonnée

Syncope de l’enseigne. Une syllabe a disparu. Un corps aussi. Il y a longtemps. Disons années 1960. C’est au bas de la rue. À droite en montant. Côté pair. Au tout début. Je me souviens du corps vivant. Grand et chauve. Un homme souriant. Je me souviens aussi de l’odeur dans la boutique. D’encaustique, de cire. De produits qui piquaient Continuer la lecture#40jours #25 | boutique abandonnée