#anthologie #24 | marmottes

Un bras qui pend comme une liane descendant sournoisement le long du tronc. On ne voit pas la tête, elle est tournée du côté mur pour mieux égarer les lumières des frontales qui jouent aux ombres chinoises la nuit venue. En-dessous, son compagnon de lit superposé, peut-être randonnent-ils ensemble, peut-être pas, dort la bouche ouverte tournée vers l’allée étroite qui Continuer la lecture#anthologie #24 | marmottes

#anthologie #25 | « mais pas d’odeur vous monte au nez »

Il n’y a pas d’odeur fondamentale, pas plus que pour les couleurs. C’est leur usage, notre niveau culturel, l’emploi des mots correspondant à notre condition qui nous permettent, avec plus ou moins de chance de bonheur ou de malheur, de pouvoir les décrire. Lévi-Strauss lui-même, grand anthropologue qu’il était, disait que le Brésil sent la cassolette, en raison d’une homophonie Continuer la lecture#anthologie #25 | « mais pas d’odeur vous monte au nez »

#anthologie #24 | je n’étais pas prête

Pourquoi ce soir je te regarde dormir ? Je me vois te regardant dormir… je m’entends me racontant des histoires, des histoires sur nous, parce que je te regarde dormir… tu ne peux pas me mentir… c’est moi qui sais ce que je vais te faire dire dans mes histoires que je me raconte tandis que je te regarde dormir… Continuer la lecture#anthologie #24 | je n’étais pas prête

#anthologie # 25 | pot-pourri

Rarement :  quand les feuilles tombent et que leur décomposition engendre l’humus, certaines fois, en forêt, peut-être aux parages des chênes, un parfum exquis. Il suspend tout le reste. Quand je te l’ai dit, tu as répondu : tu rêves tellement. Et un jour, dans les bois humides, tu t’es arrêté net : c’est vrai, je viens de le sentir odeur de sainteté : Continuer la lecture#anthologie # 25 | pot-pourri

#anthologie #23 | Underground

Parfois le vieux délire, soi-disant qu’avant les humains auraient vécu à la surface. Et vas-y que c’était mieux que maintenant. Que soi-disant l’air avait un parfum sucré et pou, lui il dit un mot comme doux mais c’est pas un mot qui existe. Au bout d’un moment évidement il commence à me courir alors je lui demande des détails précis. Continuer la lecture#anthologie #23 | Underground

#anthologie #24 | sommeil et li(t)s

Quand elle ou lui vers la fin sombraient dans le sommeil, tout se mélangeait en moi : il me les prenait, je lui en voulais, mais en même temps tous deux pouvaient, grâce à lui, prendre peut-être un peu de repos. Ils récupèrent, disaient les auxiliaires qui savent. Et moi, je pensais que l’un comme l’autre s’échappait, faisant des incursions dans Continuer la lecture#anthologie #24 | sommeil et li(t)s

#anthologie #23 | en pensant à D

A l’intérieur de la soucoupe plongeante. Comme dans un calamar accueillant. Allongée sur un matelas. Pour observer tranquillement en descendant Le passage d’une strate à l’autre ne se voit pas tout de suite. La lumière traverse encore les épaisseurs bleues mais tout est doux, fluide. C’est comme une respiration. Eau aspirée, eau rejetée. On voit passer les formes vivantes et Continuer la lecture#anthologie #23 | en pensant à D

#anthologie #25 | l’odeur de…

l’odeur de l’intérieur d’une casquette, l’odeur du printemps, l’odeur d’un printemps ensanglanté, l’odeur de celleux qui passent, l’odeur d’une capote pleine, l’odeur d’un spectacle en répétition, l’odeur du mal de ventre, l’odeur de l’hésitation, l’odeur de l’évanouissement, l’odeur de l’acrobate qui s’élance dans le vide, l’odeur du trapéziste qui la rattrape, l’odeur de l’effort de cette dame qui s’appuie sur Continuer la lecture#anthologie #25 | l’odeur de…

#anthologie #22 | à la place de l’archange

Celle de tous les rendez-vous. Logée au cœur de la ville avec sa grande statue guerrière au doux visage. Une trouée. Plate-forme donnant sur le boulevard qu’on traverse pour d’un côté emprunter la rue de la Buchette ; de l’autre la rue Saint-André-des-Arts. Ou alors longer le pignon en remontant le boulevard. Ou laisser derrière soit la plaque tournante pour aller Continuer la lecture#anthologie #22 | à la place de l’archange

#anthologie #21 | quatre avec notes

Il y en a quatre. (1) Quatre photos. J’ai bien compté. Et recompté. Quatre prélevées dans de vieux albums. Quatre regroupées dans le grand album vert. Quatre de toi entre un et huit ans (2) — deux fois quatre. Quatre comme nous quatre (3). Ceux que tu as mis au monde. Quatre comme l’âge de ton arrière-petite fille qui te Continuer la lecture#anthologie #21 | quatre avec notes