# été du roman 2023 # 14 | Arrêt en automne

Écrivez comme ceci  Écrivez comme cela

Lisez ceci Lisez cela

Mettez des personnages Enlevez les personnages

Élargissez le champ visuel Rétrécissez le champ visuel

Monologuez Dialoguez Disparaissez

Poussez la langue Poussez les murs

Devenez ce que vous n’êtes pas

Montrez-vous Faites du bruit

Faites-vous remarquer Faites-vous oublier

Écrivez en marchant Écrivez en marmonnant

Entrez dans la Fiction N’en ressortez plus

Regardez  devant vous  Regardez derrière vous

Devenez solubles dans l’air  Devenez  pixels et big data

Prenez de la vitesse Prenez de l’ampleur verbale

Rabotez  Effacez tout  Recommencez 

Les souvenirs se ramassent à la pelle et les regrets aussi

 Achetez-vous donc un composteur sur disque dur giga !

Mathilde

EPILOGUE

Pendant tout l’été, j’ai tenté de vous faire approcher d’un récit de vie familiale, avec la conviction que les contours ont à peine été esquissés. Quelques lieux, quelques visages, quelques souvenirs et leur reconstruction. J’ai gardé mon cap en dépit des préconisations injonctives. Je tenais à boucler ce cycle comme celui des # 40 jours Les consignes ne m’ont pas donné envie de les suivre et les textes d’appui m’ont parfois été agréables à lire. Ma conception de l’écriture individuelle me paraît éloignée de celle qui est mise en œuvre dans cet Atelier particulier malgré les belles rencontres virtuelles que j’y ai faites. Je suis maintenant trop vieille pour garder la patience d’attendre davantage de ce dispositif d’émulation à l’américaine. Je remercie  François BON pour ses qualités « ressourcières » même si elles dépassent mes capacités d’absorption quotidienne. Je reste intéressée par la Littératube avec une exigence de qualité (là aussi il va falloir élaguer de plus en plus). À défaut, le Web va devenir une immense foire à l’empoigne et les hiérarchies  d’influence d’antan vont se remettre en place avec des outils supplémentaires qui clôtureront les communautés de followers entre elles.  J’aspire personnellement à garder mon champ visuel et virtuel libre d’allégeances mais à affiner et limiter mes choix d’interactions numériques. Le WEB m’intéresse, me passionne même, mais il y a aussi la vie ordinaire et l’écriture au calme entre deux lectures. Je remercie de cœur toutes celles et ceux qui ont accepté de lire mes textes et de les commenter.  La suite se poursuivra ailleurs avec mes propres outils enrichis de l’expérience de ce que j’ai glané, à mon rythme, ici. Ecrire sous regard aura été un test. Le retour à soi et à une certaine humilité me convient à présent. Je continuerai à vous lire et à vous envoyer des messages jusqu’à la fin de mon abonnement et à participer aux zooms qui m’intéressent. 

Chacun.e  ses routes, chacun.e ses chemins… C’est la petite musique que j’emporte dans ma tête.

Ce cycle d’été  lapin blanc se termine pour moi avec la # 14. J’ai retrouvé ma montre…  Je prépare un PDF pour mémoire.

Prenez soin de vos mots, ne les dispersez pas trop vite et trop fort !  Gardez-en pour l’hiver !

Bonne continuation !  Bien cordialement.

L’été langue morte de Bernard NOËL

A propos de Marie-Thérèse Peyrin

L'entame des jours, est un chantier d'écriture que je mène depuis de nombreuses années. Je n'avais au départ aucune idée préconçue de la forme littéraire que je souhaitais lui donner : poésie ou prose, journal, récit ou roman... Je me suis mise à écrire au fil des mois sur plusieurs supports numériques ou papier. J'ai inclus, dans mes travaux la mise en place du blog de La Cause des Causeuses dès 2007, mais j'ai fréquenté internet et ses premiers forums de discussion en ligne dès fin 2004. J'avais l'intuition que le numérique et l 'écriture sur clavier allaient m'encourager à perfectionner ma pratique et m'ouvrir à des rencontres décisives. Je n'ai pas été déçue, et si je suis plus sélective avec les années, je garde le goût des découvertes inattendues et des promesses qu'elles recèlent encore. J'ai commencé à écrire alors que j'exerçais encore mon activité professionnelle à l'hôpital psy. dans une fonction d'encadrement infirmier, qui me pesait mais me passionnait autant que la lecture et la fréquentation d'oeuvres dont celle de Charles JULIET qui a sans doute déterminé le déclic de ma persévérance. Persévérance sans ambition aucune, mon sentiment étant qu'il ne faut pas "vouloir", le "vouloir pour pouvoir"... Ecrire pour se faire une place au soleil ou sous les projecteurs n'est pas mon propos. J'ai l'humilité d'affirmer que ne pas consacrer tout son temps à l'écriture, et seulement au moment de la retraite, est la marque d'une trajectoire d'écrivain.e ou de poète(sse) passablement tronquée. Je ne regrette rien. Ecrire est un métier, un "artisanat" disent certains, et j'aime observer autour de moi ceux et celles qui s'y consacrent, même à retardement. Ecrire c'est libérer du sentiment et des pensées embusqués, c'est permettre au corps de trouver ses mots et sa voix singulière. On ne le fait pas uniquement pour soi, on laisse venir les autres pour donner la réplique, à la manière des tremblements de "taire"... Soulever l'écorce ne me fait pas peur dans ce contexte. Ecrire ,c'est chercher comment le faire encore mieux... L'entame des jours, c'est le sentiment profond que ce qui est entamé ne peut pas être recommencé, il faut aller au bout du festin avec gourmandise et modération. Savourer le jour présent est un vieil adage, et il n'est pas sans fondement.

8 commentaires à propos de “# été du roman 2023 # 14 | Arrêt en automne”

    • Je suis sensible à votre réaction nuancée. Dans un collectif, il y a des phénomènes de pression de conformité qui empêchent parfois la sincérité. Il faut faire avec au fil des échanges.Mais tout cela change , en permanence, les alliances et les têtes de proue. Revenir à l’écriture solitaire est une nécessité et un besoin pour prendre de la distance. Tant de bruit pour dire à peu près les mêmes choses en changeant de casquette ou de lieu. C’est le partage de la parole qui est le plus difficile et l’équilibre entre écoute et expression personnelle. Un bon laboratoire en tout cas, pour mettre en exergue « la comédie humaine » avec les mots du jour. La nuit, on peut se reposer…Merci Raymonde. Je ne suis pas loin.

    • Parcours multiples, parcours croisés; parcours solitaires, parcours accompagnés, tout est possible, tout est ouvert, à condition de pouvoir exprimer à la fois les impressions et les questions dans une dynamique qui ne capture pas l’attention individuelle de façon dissymétrique. Chacun.e a bien sûr son idée là dessus. C’est un équilibre à trouver entre espace personnel et espace partagé pas facile à doser. Mais on voit bien que les objections et les réticences font avancer l’ensemble, même si la belle plante finale garde à la fois ses fleurs et ses épines. La bienveillance ne suffit pas, elle a bénéfice à s’adosser à la clairvoyance. La métaphore est une façon d’agrandir la circonférence du pot commun et de laisser les branches aller à leur lumière. Les quatre points cardinaux peuvent rester solidaires face aux choix. Merci Piero.

    • Au delà de l’insatisfaction ( un mot valise qui est de fait très vague et peu représentatif de ce que je pense et ressens), je veux vraiment récupérer de mon temps d’écriture et de lecture, de mon temps tout court. Aller plus facilement à la source directe de ma création, et m’en contenter en continuant à lire les autres pour les écouter et leur parler tant que c’est possible.La vie s’écourte de plus en plus. Elle peut devenir pingre et déchirable, alors étirons -la en souplesse, comme une pâte à pizza… Le monologue même sincère n’est qu’une étape. Bonne journée Françoise et Merci !

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