2019.10.09 | mon copain bricoleur

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serviteur du dieu de l’écriture

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J’ai une espèce de résistance passive, confinant à l’hostilité, envers tout travail manuel relevant du bricolage domestique. Je n’y peux rien, c’est comme ça. Après, je change l’ampoule et je la regarde fièrement sans penser aux trois mois que ça a attendu. J’ai la même inertie, jusqu’au paradoxe d’en être la seule ou première victime, avec un certain nombre de choses administratives. Je voudrais que le monde me laisse en paix avec ma tête et mes histoires, mais ce n’est jamais comme ça, la vie. Alors là, tu passes chercher des équerres pour rafistoler ton étagère à livres (sur laquelle les petites équerres et les vis, dans leur emballage plastique, sont désormais soigneusement posées sans avoir été déballées) et une fois de plus tu t’émerveilles des paréidolies et des combinatoires qui naissent, comme ces fleurs japonaises dont parle Proust, laissées dans l’eau d’une assiette de porcelaine, que la nécessité ancestrale de l’outil a produites en se mêlant de commerce de masse. Peut-être que, pour mon ampoule ou mes équerres, je devrais d’abord m’acheter une tenue complète et que la revêtir m’aiderait. Mais je me connais, je m’habillerais en bricoleur de l’avenir, et j’irais lire Simondon sur les objets techniques dans un coin, ou je ferais une vidéo habillé comme ça. C’est un sujet qui me replonge chaque fois dans une grande angoisse alors j’arrête là. Ah si : cette fois-là j’avais ma grosse caméra au cou, celle qui m’autorise aussi les photos à main levée et sans viser. Alors je peux les ouvrir dans Lightroom et en considérer la publication ici : avec mon petit point & shoot plus discret, et encore plus l’iPhone, j’aurais photographié (suivi de complément d’objet direct et transitif) la même chose, mais je n’aurais pas photographié pareil la même chose.

 

 



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 9 octobre 2019
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Messages

  • compliqué de tenir la distance - je suis fatigué je dors mal - il faudrait en finir mais c’est un peu impossible - on ne veut pas mourir - c’est comme ça, on s’accroche aux branches - je me souviens de Pise (photo (c)mc) - les impôts, les taxes,les affranchissements - les coups de soleil les rires les joies - A. s’envole pour Pittsburgh et j’écris un résumé en dix lignes de la guerre d’Algérie pour E. - continue l’histoire de la république de Venise (Diehl, champs : ampoulé (le livre a un siècle, faut dire) mais tant pis) et y trouve (comme toujours en histoire) des raisons d’espérer - la place du Châtelet (à ce propos) est bloquée à la circulation et c’est tant mieux (des gens parlent, des gens s’énervent, des gens (moi par exemple) soutiennent) - fait beau finalement ou quoi ?