2020.01.21 | de la mort des épouvantails en hiver


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Attention, qu’on ne se méprenne pas : aucun cynisme, aucune ironie. Moi, je pensais juste très fort au Magicien d’Oz. Moi, je ne photographie pas le réel, je photographie le souvenir des contes et livres que je porte sans le savoir, et que le réel me fait soudain réapparaître.

C’est un lieu magnifique : cette petite commune de « l’agglo » dont Balzac voulait acheter le manoir, pour s’y installer. En contrebas de la mairie et de l’église, tout près de la maison de retraite (elle aussi donc, au sein même de la socialité collective), de la nouvelle maison associative en construction, au long de la minuscule rivière, des jardins collectifs. C’est la mairie qui est propriétaire. 25 euros par an. Mais la première parcelle, c’est les employés municipaux qui s’en occupent : ils y récoltent leurs graines et plants.

Mais ils y accueillent les gamins des écoles primaire et maternelle. Juste quelques séances par an ? Ils ne sont pas si nombreux. Et surtout, ils entretiennent dans les écoles elles-mêmes, avec la participation des gamins, des jardinières avec des fleurs, mais aussi tomates, persil et autres. C’est ainsi qu’on vit, ici.

Alors non, même pas de tristesse à ces épouvantails en attente du retour des beaux jours. Ils reviendront. Juste je pense au Magicien d’Oz, et que, quand même, un épouvantail on ne l’empale pas par le fondement — même ici, on ne devrait pas !

Allez, vers le week-end, je vous raconterai la belle mission impromptue qui m’a amené ici, et pourquoi ce matin j’ai fait 272 photos comme ça, là j’ai du boulot.

 

 



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 21 janvier 2020
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