2020.07.22 | ne plus savoir où c’est (Chicago non Chicago)


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Bien sûr que si, je sais parfaitement où c’est, et la date aussi. Juste que là, ouvrant les archives faute de déplacements à mon vouloir, chercher des photos de Chicago et ce n’est pas Chicago. Poche urbaine photographiée mille fois en six ans, vous serez nombreux à reconnaître, et qui me servait d’exercice : puisqu’on partait à Chicago juste ensuite, ce soir-là faire des exercices de photo qui m’aideraient pour Chicago. Aucune idée si ce genre de pratique est répandu chez les photographes, il l’est plus chez les filmeurs, et bientôt au lieu de photographier ce même coin de béton j’y empilerai mes apprentissages vidéo. Pourtant, je n’étais certainement pas au bout de ce que j’avais à y faire photographiquement. Pourtant, si j’y étais revenu cette nuit même, j’aurais procédé autrement, même si probablement j’aurais refait une fois de plus les mêmes photos, même point, même angle. Ce sont toutes ces questions que j’aimerais voir traiter, concernant la photographie urbaine, mais on ne vous y aide pas beaucoup : chacun pour soi. Alors, à rouvrir cette nuit ces photos et les replacer ici dans le journal, est-ce que j’interroge un lieu, une pratique, ou même simplement la thérapie mentale qu’est assurément une photographie rigoureuse. C’est pour cela que j’affirme : ne plus savoir où c’est. Se mettre en état, devant ses propres photographies, de ne plus savoir où c’est.

 

 



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 22 juillet 2020
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