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2021.10.21 | je tente une sortie

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Vrai, je n’avais pas pris le train depuis le 7 janvier dernier, et encore c’était à cause d’un carambolage en voiture, du côté de Fontenay-sous-Bois. Sur Internet tous ces mois bossé comme un dingue et quel plaisir que ces paysages tout neufs où on s’installe, et les workshops via Zoom avec la Chine ou les rencontres d’étudiants avec l’Iran ou le Québec, le dehors vient ici jusqu’à la table de travail, mais, hors un aller-retour au Illiers-Combray de Proust en juillet, plutôt visite privée que prétexte professionnel, et une vidéo enregistrée in situ à la Sorbonne en mars (ah si, là j’avais pris le train donc rectif : le 15 février dernier), la dernière sortie pro c’était à la Muse avec Kasper Toeplitz pour ce live stream 135 façons de sauver la Terre.

Le problème n’est pas matériel (pensée solidaire pour tant d’auteurs ou amis musiciens ou artistes, masculin générique), justement parce que merci Internet, les ateliers, la maison d’édition, que cette projection mentale, après un quart de siècle à vivre l’inverse : le train, les gares, l’intervention et au revoir. Début décembre je retourne pour un workshop de 2 jours à Chambéry et c’est dans le plaisir, mais je dois bien me faire à l’idée : mutation définitive.

Pourquoi pas : on voyagera quand même, et justement, on peut très bien faire de l’Internet à distance.

Enfin hier, c’était ce rendez-vous dont on ne m’avait pas donné les clés à l’avance : 8 séances organisées en commun par la BPI et l’EHESS (merci Arnaud Hée et Stéphane Breton) pour 55 étudiants inscrits (masculin générique encore, mais vrai que dans l’ombre et la distance peu vus, mais touché par les messages reçus ensuite), avec cahier de présence signé à la sortie. Ils rencontreront des réalisateurs, mais aussi un ingé son et non des moindres, c’est la 2ème saison et Bergounioux était venu l’an dernier. Moi c’était pour parler de YouTube et de la mutation numérique pour le documentaire. J’avais préparé une page de liens : de la vidéo-construction d’un web à mots (vous pouvez continuer de l’explorer ici) pour un parcours qui commençait avec ce film si impressionnant, si aigu, si pérenne de Guy Debord en 1956, pour finir sur la mort de Mark Baumer, au 100ème jour de son blog quotidien depuis sa traversée des US pieds nus, en protestation contre la politique climatique de Trump, avec une GoPro et son sac à dos.

Donc un trac double : un territoire et une forme où je me risquais pour la première fois, et la rupture intérieure et comme infranchissable avec les gestes devenus si automatiques pour le train, le métro, la rencontre même. Et plein de questions ramenées sur tout ça.

Alors j’avais moitié prévu de faire une sorte de le tour de mon jour en 80 images comme ça a pu se faire précédemment ici ou , et finalement le GH5 je l’ai à peine sorti. Juste celles-ci, de réchappées, comme images souvenir.

Au passage, quand même : en grand écran 6 x 4 m, elles tiennent rudement la rampe, nos petites inventions YouTube, émotion.

 

 


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 21 octobre 2021
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