« prendre » #6 | du gros plan comme outil littéraire, avec Jean Epstein

cycle hiver 2020-2021, « prendre »


 


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Image haut de page : Jean Epstein, Coeur fidèle (1923).

 

du gros plan comme outil littéraire, avec Jean Epstein


Résumé de la consigne :

 lecture très précise de l’extrait de Bonjour cinéma, Jean Epstein, 1921, concernant grossissement et premier plan ;

 on a déjà travaillé sur la notion de visage en littérature, notamment à partir d’Edmond Jabès, à nul moment je n’ai décrit votre visage, et c’est une notion qui devient centrale chez Henri Michaux ;

 ce qui m’a frappé, dans le texte de Jean Epstein, c’est l’idée qu’avec le cinéma le gros plan était toujours mobile, alors que dans l’exercice précédemment cité je m’en tenais à une représentation fixe du visage ;

 alors si, à notre tour, nous introduisions un mouvement de caméra ? si, à notre tour, nous étions plus attentif à ce mouvement lui-même qu’à l’idée immobile du visage ? si on écrivait ce mouvement du grossissement, ce mouvement en lui-même, pour faire surgir, comme à notre corps défendant, le visage qu’on cherche à installer dans le récit ?

 compléments : évidemment le célèbre passage dans Marcel Proust sur le narrateur embrassant la joue d’Albertine, mais précisément c’est écrit (donc la Prisonnière entre 1919 et 1921, c’est-à-dire exactement au moment où Epstein rédige Bonjour cinéma, je souhaitais l’inclure dans la vidéo et ça ne s’est pas fait....

 sur la consigne en elle-même : à nouveau j’insiste sur l’écriture en un seul bloc paragraphe, le texte d’Epstein est un formidable exemple de la liberté induite par la friction interne des phrases, et moi je remercie humblement pour l’ergonomie et la lisibilité que cela confère à nos pages contributions, puisque nous sommes si nombreux (mais j’insiste, c’est plutôt cette énergie due à la friction qui me questionne) ;

 attention : le gros plan est devenu dès l’époque d’Epstein un élément central du vocabulaire cinématographique, voir notamment le Jeanne d’Arc de Karl Dreyer, avec Antonin Artaud dans un des rôles principaux, bien avant la conceptualisation qu’apporteront Bergman et d’autres — il ne s’agit pas de se laisser avaler par le cinéma, il ne s’agit pas de décrire des gros plans issus de films, mais bien d’en aspirer la pratique, la technique, et l’appliquer à ce qui nous concerne en littérature...

 d’autres éléments probablement à suivre sur cette page dans les jours à venir, à mesure de nos discussions et premiers envois.

 

LES MOTS-CLÉS :

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1ère mise en ligne et dernière modification le 17 janvier 2021
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