« prendre » #8 | au bout du monde, mais avec son microscope

hiver 2020-2021, cycle « prendre »


 


- le sommaire général du cycle ;

- dans l’habituel dossier FICHES IMPRIMABLES, un extrait de l’Éloge des voyages insensés de Vassili Golovanov, et un autre de L’usage du monde de Nicolas Bouvier –- je cite aussi le chapitre « villes étrangères » d’Espèces d’espaces de Perec ;

- les contributions reçues

- pour mise en ligne de vos contributions, participation aux rendez-vous visio, et bien sûr la lettre d’info de coordination du cycle cf inscription ici,

- rappel : les textes sont envoyés à l’adresse du site, fichier joint au format docx, odt, pages (mais pas PDF)... beaucoup de discussions et d’échanges sur le groupe Facebook, je rappelle qu’il s’agit d’un groupe « privé » réservé aux abonnés de Tiers Livre.

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Image haut de page : Kolgouev, l’île de Vassili Golovanov, image Google Earth.

 

s’en aller au bout du monde, mais son microscope


Résumé de la consigne :
- il ne s’agit pas d’un exercice d’écriture sur le voyage, c’est la difficulté la plus essentielle que j’essaye d’exprimer dans la vidéo, mais d’effectuer un saut vers ou dans ce qui pousse un voyageur à écrire ;

- en ce sens, la définition « littéraire » d’un récit de voyage, son ajout au corpus de la littérature de voyage, est toujours rétrospective, et bien sûr une frontière toujours ambivalente : le Voyage en Orient de Nerval, l’Itinéraire de Paris à Jérusalem de Chateaubriand sont des oeuvres d’écrivains en voyage, les livres d’Alexandra David-Neel ou d’Ernest Shackleton sont des récits de voyage que la littérature élit rétrospectivement comme socle (ce qui permet à Jules Verne ensuite son Hivernage dans les glaces par exemple) ;

- et c’est comme ça depuis la fondation : l’Enquête d’Hérodote, le merveilleux et complexe apocryphe de Marco Polo, les voyages d’Ibn Battuta...

- ceci posé, j’y verrais bien l’enjeu principal : écrire sur la ville, on l’a fait à l’été 2018, de 45 manières différentes (et probable aussi que je rouvre ce dossier l’été prochain, d’une autre manière), on a aussi travaillé dans pousser la langue, à l’été 2019, notamment avec l’exercice de description d’après Gertrude Stein... ce que je souhaite ici, c’est une sorte de saut mental dans la surprise du voyageur (Golovanov intitule son narrateur le fugitif), et conditionner l’appel à l’écriture depuis cette seule pratique du voyage ;

- voyage qui peut être ancien, récent, mais du voyage lui-même on ne parlera pas : dans l’Éloge de Golovanov, le nom de l’île n’est pas prononcé dans le titre, ni même dans le début du livre : par contre il y a, dans l’ouverture du livre, p 36-38 ce merveilleux souvenir d’enfance sur un minuscule refuge en forêt, il y a la méditation sur les cartes, il y a la référence aux peintures du russe new-yorkais Roerich, qui a aussi été déterminant pour Lovecraft ;

- par contre, le point commun entre Nicolas Bouvier, son usage du monde, l’expédition en Fiat 500 d’un tout jeune dessinateur et d’un tout jeune photographe à travers la vieille Perse, et la façon de Golovanov, c’est de s’en remettre au plus concret, quitte à l’envisager depuis le plus minuscule ;

- d’où l’importance aussi de ce passage « villes étrangères » de Perec dans le chapitre Villes de son Espèces d’espaces : le moment de la première découverte, même si c’est le trajet le plus banal de l’aéroport au centre-ville, sera celui qui s’imprime le plus, nous déboussole le plus, quand bien même ensuite on arpentera, visitera, explorera — on retrouve ce principe dans l’extrait que j’ai choisi de l’Éloge de Golovanov : le premier matin sur Kolgouev, marcher du hameau (on le distingue vaguement sur Google Earth, mais délibérément flouté) jusqu’à cette plage finalement si banale, tous les bords de mer ont une appartenance commune, si ce n’est cet étrange crustacé du monde polaire, qui pourra être un lien de plus avec l’exercice précédent, d’après Gilles Clément ;

- donc ce tout premier moment, et ce paysage mais minuscule, c’est pour cela que j’ai voulu le mot microscope dans le titre, et c’est de là que viendra ce que Jean-Christophe Bailly, dans son livre éponyme, nomme le dépaysement ;

- contrairement à pousser la langue, justement, ou à outils du roman, pas de consigne concernant la forme : je maintiens mon attachement aux structures en bloc paragraphe unique, mais ce serait plutôt une approche négative, au sens du négatif photographique : parce qu’on ne sait pas où c’est, parce que c’est un énorme grossissement de l’ordinaire (mais justement, dans une découverte non ordinaire), être le plus précis possible quant au concret (c’est l’immense qualité de Nicolas Bouvier, de nous rendre ainsi présente toute chose, visualisable, perceptible, en relief...), et savoir se dépouiller de nous-même écrivant pour rejoindre cette surprise du voyageur (étonnants voyageurs...), provoquant l’appel aux notes, au langage écrit...


- complément : Vassili Golovanov, ma méthode pour écrire..., photo ci-dessus Pascal Jourdana, nov 2010.

- et si besoin d’un petit shoot de langue le temps que vienne le quoi écrire, un petit tour dans Par les champs et par les grèves de Flaubert, dispo en ligne ?!

 

LES MOTS-CLÉS :

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1ère mise en ligne et dernière modification le 6 février 2021
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