#transversales #07 | l’histoire de Tarkos en 10 chapitres, par Tarkos

un cycle consacré à la méthodologie de l’écriture et ses outils


 

#transversales #07 | l’histoire de Tarkos en 10 chapitres, par Tarkos


Il s’agira ici, simplement mais résolument, de décrire qui écrit en notre nom, quel est l’auteur que nous portons, ce en quoi il se sépare de nous et dispose d’une voix, d’une expression autonome.

Et de confronter cet auteur, qui surgit à travers nos écrits les plus personnels, à trois questions majeures : quelle est son histoire, que cherche-t-il littérairement, quelle quête du réel entreprend-il ?

Le cycle « transversales » est consacré à la relation même de l’auteur à sa fabrique, la méthodologie concernant moins le texte que le travail d’écrire lui-même. C’est une ressource à laquelle on peut revenir à n’importe quel moment de sa pratique ou du cycle en cours, ce que j’ai intitulé un « amont de l’écriture ».

En cette transition du cycle Le double voyage à un autre plus basé sur technique et outils, je souhaitais revenir à une écriture qui permette, mais de façon distanciée, hors dévoilement autobiographique (ce n’est pas du tout le propos, on a eu pour cela le cycle de l’autobiographie comme fiction, et en écho aussi à nos très denses échanges lors des Zooms du lundi, revenir à ce qui, pour chacun·e d’entre nous, peut se constituer en une sorte d’énonciation de l’auteur par soi-même.

Se fixer dans un écart, même le plus minimum possible, qui permette de saisir qui écrit en nous, ou mieux encore qui, hors de nous, est celle ou celui qui écrit ce qu’on écrit. Des tautologies ? Oui, parce que zone opaque, et que tout va se constituer justement par cet écart ou cette distance.

Le texte que je cite ici est infiniment singulier, mais me colle à la peau depuis sa découverte il y a bientôt deux ans. On a déjà utilisé cette publication, Le kilo de Christophe Tarkos, POL, 2021 — cf mot-clé Tarkos ci-dessus — lors de notre cycle écrire au quotidien, les 40 jours, mais ce chapitre n’implique pas directement une forme qui permette l’atelier.

Rappel : les deux éditeurs de Le kilo, David Christoffel et Alexandre Maré, y ont compilé une archive majeure de Tarkos, dossiers laissés par lui-même après son décès, feuillets d’imprimante, mais aussi notes volantes, carnets, publications dans des revues parfois très confidentielles, et d’autre part — certainement une première — ce qui s’empilait, comme pour chacun d’entre nous, dans les plis et replis du disque dur, ou des disquettes et autres supports numériques.

C’est ainsi qu’ils ont constitué dans le livre une sous-section intitulée MOI, où Tarkos a semble-t-il rassemblé dans un dossier un ensemble de textes brefs éponymes : « moi », et y ont inséré des textes relevant de cette catégorie mais hors de cette archive : ainsi cette Histoire de Tarkos en dix chapitres (merci de la télécharger avant de vous embarquer dans l’écriture) a-t-elle été envoyée à un de ses amis, le poète (et non des moindres) Ivar Ch’Vavar.

Je reprends dans la vidéo les différents sous-titres numérotés de ce texte singulier, et notamment les 5 premiers :


 chapitre 1, où l’on verra comment Tarkos est devenu poète ;

 chapitre 2, où l’on trouvera la réponse à la question cruciale, « être poète à quoi ça sert » ;

 chapitre 3, où l’on verra que la vie de poète est semée d’embûches et pas de tout repos ;

 chapitre 4, où l’on verra Tarkos se tirer de deux mauvais pas ;

 chapitre 5, Tarkos et la difficile question du réel ;

Des 10 « chapitres », la proposition ici serait de répondre à ces 5 premières.

Et ce, en tenant compte, et du point de départ, et du point d’arrivée.

Point de départ, chapitre 1 : cette phrase, la troisième fois, je l’appelais Tarkos. Il me dit : « Oui, c’est moi. Comment tu m’as reconnu ? ». On a construit donc une dissociation entre le narrateur et le nom d’auteur, et c’est cette dissociation qui va nous permettre de scénographier l’auteur dans le chemin même de son écriture, en 5 fragments disjoints, chacun une figure qui ignore le précédent comme le suivant, 5 blocs qui vont donc conserver l’énigme.

En remplaçant « Tarkos » par votre nom ? Pas forcément. À vous de choisir. D’autant que les pseudonymes ou hétéronymes ne manquent pas, même à notre échelle personnelle. Mais on peut choisir un énoncé neutre : Histoire de soi en 10 chapitres, voire Histoire de moi en 10 chapitres. Un autre texte de Tarkos me hante pour une proposition similaire, voire, même section de Le kilo, son texte Poème de naissance.

Et point d’arrivée : cette question du réel, pour vous, c’est quoi ? Toute liberté pour le dire, mais obligatoire de le dire.

Ça, c’est la proposition. C’est la justification, qui compte : éclater, fragmenter, disséquer, ce hors-soi qui écrit, en nous, quand on écrit. Travailler sa position ou son énonciation en tant qu’auteur. Alors oui, on est bien dans ce qui justifie cette rubrique « transversales ».

 


responsable publication François Bon © Tiers Livre Éditeur, cf mentions légales
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1ère mise en ligne et dernière modification le 2 avril 2023
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