#été2023 #09 | un secret de Stephen King

un cycle dédié aux outils de l’invention du roman



 sommaire général du cycle « comédies humaines »

 sommaire général des ateliers Tiers Livre

 accès direct plateforme de publication

 téléchargement liens et textes d’appui sur Patreon

vous avez mis en ligne votre contribution à cette proposition #09 ?
rendez-vous ici même mercredi pour la #09bis !

 

#09 | un secret de Stephen King


Je renouvelle deux mises en garde :

 il ne s’agit pas, dans cette proposition, d’une quelconque notion de genre, quand bien même Stephen King les a tous illustrés, en particulier dans le domaine du fantastique et de l’horreur ;

 il ne s’agit pas, dans cette proposition, d’un quelconque retour à l’autobiographie (voir le cycle Tiers Livre de l’autobiographie comme fiction, même si ce dont parle ici Stephen King c’est de l’enracinement autobiographique de la fiction, au moins sur quelques éléments archétypes ou oniriques spécifiques.

Mais c’est un rendez-vous que je souhaitais depuis longtemps, et partant d’une question profonde.

Et puis aussi parce que le livre de Stephen King, 22/11/63 (en VO 11.22.63, 2011) est un roman puissant, qui laisse derrière lui une forte et vive rémanence.

De la même façon, ce n’est pas ce roman en tant que tel qui nous intéresse. Stephen King se confronte à son tour au vieux thème de la possible traversée des temps, comme H G Wells ou H P Lovecraft (Dans l’abîme du temps, ma trad chez Points) et bien d’autres. Il reprend cette vieille et incontournable question du « peut-on changer le cours de l’histoire », mais il le fait en maître, et dans une formidable économie de moyens, c’est peut-être ce qui le distingue, et sur un événement à forte charge autobiographique pour lui comme pour tous ceux de ma génération: : l’assassinat de John F Kennedy à Dallas en 1963. Non, ce n’est pas de ces questions que nous allons nous charger (encore que, la #09bis, vous verrez...) mais uniquement du point suivant.

Bien longtemps avant 11.22.63, Stephen King publie en 2000 un livre très dense et bref, On wirting (traduction française De l’écriture), sous-titre : A memoir of the craft, que j’aurais traduit : rapport concernant le métier. C’est dans ce livre carrément boîte à outils pour qui écrit, qu’il revient sur une période autobiographique précise, sa mère élevant seule ses deux fils, et eux, à la sortie de l’école (qui a été intermittente pour King), contraints de l’attendre sur le parking sous l’immeuble bien souvent. De l’autre côté du parking, une usine, près de l’usine, un genre de roulotte-épicerie, et sur l’autre flanc une voie ferrée et l’aventure. Géométrie archétype, mais pas ce que dit l’auteur : ce parking, avec son usine et la roulotte-épicerie, et la voie ferrée derrière, il l’a utilisée dans tous ses livres, elle y apparaît comme élément récurrent, invisible et secondaire, mais pour lui lien essentiel entre la fiction et la table d’écriture.

Je n’entre pas dans le détail de l’impressionnante carrière de Stephen King. Mais en 2002, quelque temps après On writing, il annonce y renoncer. Et c’est depuis ce faux renoncement que s’écrit 11.22.63, où ce parking, l’usine, la roulotte et la voie ferrée vont devenir l’élément central : une mise en abîme, ce qui lui permet à lui de traverser son propre temps biographique devient la fissure pour la traversée fictionnelle du temps.

Dans 11.22.63, rien ne permet de déceler, sinon aux familiers de l’oeuvre de Stephen King, ou à celles et ceux qui ont lu et relu On writing, de reconnaître ou d’affirmer la nature partiellement autobiographique du dispositif parking, usine, roulotte, voie ferrée. Et pourtant, dix ans après On wiriting, l’élément quasi secret, ou réservé à l’auteur, est devenu la matière la plus centrale de l’exploration principale.

Ce sera donc ma question pour aujourd’hui :

 quelle que soit votre démarche dans les propositions précédentes, quel que soit ce qui se dégage de lieux, de personnages, de thèmes, y a-t-il pour vous un élément rémanent de l’enfance (ou de ce qui la prolonge, comme la « route des Flandres » est élément récurrent de toute l’oeuvre de Claude Simon, alors qu’elle n’est pas un événement de l’enfance), qui, sous forme archétype, ou abstraite, ou même géométrique, ou simple couleur (le gris du linoléum dans le fond de la roulotte pour King), qui soit identifiable dans ce que vous avez déjà écrit, et puisse lui servir de prolongement, ou d’expansion ?

 et si cet élément venu d’un fond de rêve, ou d’une perception récurrente, ou d’un trouble autobiographique précis, n’est pas identifiable dans vos précédentes contributions, est-ce que l’usage qu’en fait Stephen King, et l’histoire qui le fonde, ne vous ouvre pas à un développement ou une extension des thèmes ou personnages que vous explorez ?

Et le croyez-vous ? C’est en immense confiance.

 


responsable publication François Bon © Tiers Livre Éditeur, cf mentions légales
diffusion sous licence Creative Commons CC-BY-SA
1ère mise en ligne et dernière modification le 6 août 2023
merci aux 267 visiteurs qui ont consacré 1 minute au moins à cette page