Dans ce village où on va au ravitaillement, entrer dans la boulangerie c’est d’abord retrouver une odeur tout simplement oubliée : farine de meunerie, âcre et forte. En vitrine, pas grand-chose : les gâteaux ne sont pas très symétriques (après tout, la Terre non plus n’a rien d’une sphère), mais les trois éclairs au chocolat n’arrivent pas à se refermer, ça déborde au milieu. Des pains non plus il n’y en a pas plus qu’il ne faut : des gros pains, des couronnes, du pain qui se garde plusieurs (…)
chronique photos et journal, par François Bon
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2016.02.24 | de l’auteur pâtissier
24 février 2016, par François Bon -
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22 février 2016, par François BonIl n’y a rien, à Peribonka – presque rien. Est-ce parce que les paysages gelés d’Auvergne, entre lacs, ciels et terre âpre, évoquent ces dimensions démultipliées du Québec, ou parce qu’à marcher dans la neige le corps enfonce et fatigue, c’était ce rendez-vous raté avec Peribonka, il y a juste 6 ans, le 9 février 2010, qui me hante depuis 2 jours. Raté certainement pas complètement, puisque les images en sont là, obsessives. Je ne porte plus Louis Hémon en moi de la même façon depuis que (…)
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2016.02.17 | de notre migration vers une mémoire algorithmique
17 février 2016, par François BonRêve très bizarre il y a 3 nuits, dont je n’arrive pas à me défaire. Entre dans la catégorie des « rêves lucides », rêves qui se basent sur l’impression qu’on a affaire à du vécu. Éléments déclencheurs relativement repérables : le coup de fil chaque dimanche à ma mère, où on se confronte en permanence, dans le rire ou l’angoisse, à sa perte de mémoire désormais quasi complète. Ce qui veut dire que le permanent mais banal obstacle qu’est la réminiscence, pour moi-même, est souvent perçu en (…)
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2016.02.16 | la machine-singe
16 février 2016, par François BonLes morts pèsent lourd, en ce moment. Pas ceux qui font exploser la viralité Twitter, mais simplement les copains, vieux copains. On ne se débarrasse pas en 10 jours de l’absence d’un qu’on considérait comme une sorte de jumeau à distance – ateliers, bagarres de terrain, traversées. Ça hante, ça distord, ça silence, ça déforme. Tout d’un coup c’est comme sur une table nue un ensemble d’ombres avec la netteté des objets de Vermeer. La position d’auteur n’est structurellement plus tenable. (…)
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2016.02.13 | de la curiosité des livres et du temps de les lire
13 février 2016, par François BonPlusieurs réactions hier à cette séquence enregistrée le matin, service de presse, 03.
La première réaction est le contraire d’une réaction : tous les lundis je dois régler un peu d’administration et donc passer à la Poste, rien de plus simple que d’envoyer un livre, surtout si j’ai plaisir à le faire. Les livres que je ne souhaite pas garder, je les dépose sur une petite table de bookcrossing à mon école de Cergy, et au bout d’un an le constat de voir que non seulement ça marche (les (…) -
2016.02.06 | surfaces progressivement recouvrantes
6 février 2016, par François BonCela manque d’horizons. On peut rêver d’un livre à faire, il y a tant et tant qu’on rêve d’un livre qui remplacerait tous les autres, c’est ce qui est devant votre chemin et le tire. On sait bien que ça a changé, qu’ils ne vous attirent guère, les parallépipèdes industriels qu’on aperçoit les gens lire dans le train ou dans le métro. Une sorte de mer s’est retirée, laissant, là où commencent la roche, les grottes, des flaques où vous et quelques autres, mais parfois loin, à distance, sans (…)
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2016.02.01 | « animé par un besoin d’écrire » (de l’édition cochon)
1er février 2016, par François BonVous révérez Henry James. Il vous est difficilement accessible dans sa langue originale, si tendue, si savante. Vous accumulez les traductions. On dirait que l’oeuvre est infinie. Ce livre, de belle facture, L’Âge difficile est vendu par Gallimard/Denoël 18€50. Voici la notice de présentation qui ouvre le livre : On ne jette pas la pierre. Ces notices ne sont pas rédigées par le traducteur, et les couloirs des maisons d’édition abritent surtout de jeunes stagiaires, oeuvrant pour les (…)
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2016.01.31 | contraintes & imprévus de l’oralité construite
31 janvier 2016, par François BonGentils amis, plusieurs fois cette semaine, qui s’excusent de ne pas avoir vu « toutes mes vidéos » – mais comment pourraient-ils. Même moi, assidu à suivre quelques-uns de ceux qui se risquent dans l’outil, je ne saurais pas être exhaustif (autre question, mais de fond : est-ce que ça me sépare de la lecture, en me permettant mois de lire ?). C’est plutôt mon rapport à l’outil qui m’interroge, en ce moment, et me pousserait à l’inverse : arrivant à Bordeaux et prenant le tram pour Talence, (…)
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2016.01.27 | « je reviens vers vous »
27 janvier 2016, par François Bon« Qu’est-ce que tu deviens, demandai-je à Lu, l’étudiante chinoise ? – Je viens ici, elle me répond interloquée ». Oubliée la difficulté pour l’autre de la compréhension idiomatique, moi qui y accède à peu près dans ma compréhension de l’américain, mais reste incapable de la mobiliser lorsque c’est moi qui parle ou écris. « Je reviens vers vous », commence cet e-mail et combien de fois cette formule utilisée, en général à la fin d’un mail – au futur – pour annoncer que la suite ne sera pas (…)
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autoportrait par jour | 2016.01.17
17 janvier 2016, par François Bonprécédent — suivant
Chaque soir, un autoportrait est ajouté aux précédents. Cette rubrique est uniquement accessible via le site, et non relayée sur les réseaux sociaux. Elle a commencé le 3 août 2020 dans la condition intérieure de se prolonger jusqu’à impossibilité physique avérée. Matériel utilisé (en principe) : GH5 + objectif Laowa 9mm. L’évolution du geste et du contexte de représentation sera un élément de réflexion aussi important que l’évolution du sujet même.