t’as pensé : c’est beau

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Toujours souvenir, ça devait être fin 80 ou tout début 81, de ces cours que Lyotard donnait à PVIII le samedi matin, ça portait sur l’esthétique et venait qui voulait. Autant Deleuze c’était un happening permanent, foule, tabac, grands ongles enroulés, autant avec Lyotard ces samedis on était à peine une dizaine, il commençait de parler et quand ça finissait on découvrait qu’il s’était plus passé 4h que les 2 prévues. Une séance remarquable sur Monory (bien avant que je le retrouve via Jean-Christophe Bailly). Et toujours ces décryptages de Kant (l’autre cours, le cours officiel, il nous embarquait dans les textes sur l’histoire, mais même principe de longue dérive orale) – donc sur cette notion du beau et que la seule façon d’en émettre le jugement était l’adresse à un tiers, auquel on demandait d’approuver. Mon incursion progressive dans le monde des chercheurs, en ce moment, secoue ça dans les tréfonds. Envie d’oeuvres âpres et austères – une phrase de Saint-Simon suffit. Mais il faut que ce soit au même endroit, sinon je glisse comme sur une tache d’huile et je ripe dehors. Alors, en triant et classant images récentes, je découvre avoir pris cette cour d’usine. Je ne sais pas ce qu’est la notion d’art et ça m’indiffère de plus en plus. Je cherche une résonance qui troue le réel, parfois ça passe par une géométrie dans le visible, et il y a l’équivalent pour la phrase. Si ça se constitue comme artefact ça m’indiffère à nouveau. Ces temps-ci je passe beaucoup de temps à re-fluidifier ce site, l’atomiser. Je voudrais que ces instants en soient la surface, qu’ils soient d’image ou de son ou de mots. Il ne s’agit pas de dire que cette cour d’usine est kantienne, et Lyotard est mort. Mais en ce moment c’est comme si j’étais revenu avec ma bêche dans ce fond de jardin et que je cherchais à déterrer quelque chose, sans savoir quoi : des fois dans les rêves c’est soi-même qu’ainsi on exhume, en pas beau état.


écrit ou proposé par François Bon _ licence Creative Commons BY-NC-SA (pas de © )
1ère mise en ligne et dernière modification le 27 mai 2012
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Messages

  • c’est pris au zoom, c’est resté sur le bureau, c’est pris de ma fenêtre, il fait jour, le frangin a retrouvé une photo du grand père, on est partis faire un tour, la Loire déchaînée, le pont canal de Briare, et le retour par l’Yonne la basilique de Saint Mathurin je crois bien, les avions qui passent sur nos têtes et un immeuble qui brûle à belleville

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  • c’est ce matin en remontant, le « Coiffure et Lissage », la vitrine, au fond la rue de Belleville, l’incendie de la rue Lesage, je lisais le compte-rendu du notulographe du livre de Bergounioux tout à l’heure, il a plu sur la rue de Montreuil, puis ça s’est calmé, le 26 jusque Maraîchers la rue de la Volga et celle d’Avron, des photos, plus de pluie, il est temps

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  • vu le contrôleur, dominé chez les dominants, c’est pas simple, faire attention, regarder devant soi et dire sa propre vérité (des légumes pour faire joli)

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    • appuie sur prochain arrêt Amsterdam prête à - et le 123 file tout droit - eh monsieur l’arrêt - ah ben non pas d’arrêt mais monsieur ça fait six mois que et moi madame ça fait 15 ans que je conduis le bus - drôle de journée lente à côté de - j’ ai même pas fini mon vase - co

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