journal | cachez ce sein, garçon


Quand on entre à la boulangerie, c’est juste contre la porte. Après tout ils ont le droit, sont chez eux, ça fait penser à ces bonshommes qui distribuent des foulards à l’entrée des églises romaines pour les touristes trop court vêtu. Là, ce qui dérange, c’est juste le INTERDIT DE : je croyais qu’un magasin devait plutôt obéir aux consignes concernant l’ordre public et ne pas les outrepasser. Après, la question c’est : où donc ont-ils pris les photos ? Découpées où ? Avec l’accord des sujets concernés ? Ou en leur versant une indemnité ? Mais j’imagine, sous la lampe du salon, monsieur le boulanger avec son Bic rouge, après avoir calligraphié les titres, barrant d’une croix rouge pire que pour une faute de grammaire, trois fois et non une seule, le sein nu des garçons.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 12 août 2013
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Messages

  • Dylan ajoutait un cœur mais le pote qui lui a piqué le stylo rouge était plus prosaïque et songeait déjà à l’aspect pratique des choses, ce qui ne voulait pas dire qu’"ell" ne l’aimait pas même si le feutre vert contredisait par un Fuck assez cru le "Je t’aime" anonyme calligraphié plus bas.

    Pendant ce temps sur le petit stade aux gradins ainsi agrémentés, s’entraînait l’équipe locale (Stade Municipal Haytillon ; j’eusse préféré pour eux Olympique de la Haye mais ils n’ont pas osé -). Moment de trêve et de paix, je parviens miraculeusement à ne penser qu’à la soirée et au proche lendemain (sera-t-il possible de nager ?), la bonne ambiance sur le terrain n’y est sans doute pas pour rien.

  • je suis allé la voir (les fleurs, au fond ses petites peluches, gauche cadre la table de nuit de son amie D., et la petite table qui lui vient de je ne sais plus qui) elle était heureuse de me voir, elle me dit "il faut que vous vous réconciliez" avec mes soeurs ? "oui, elles sont gentilles tu sais" oui, sûrement, mais je ne crois pas non, "je t’aime et je t’adore" me dit-elle, moi aussi, je l’embrasse elle me raccompagne dans la pièce à côté l’une d’entre elles assise devant son ordinateur et ma tante qui lui dit "je te présente P." et l’autre qui ne bronche pas qui ne lui répond pas et qui n’existe même pas, sa soeur dans la cuisine même jeu idiot, je m’en vais, dehors les touristes et c’est tout (quelques jours en Normandie, et l’entretien d’un jardin pour la première fois de ma vie) (ça prend la tête)