2016.10.13 | Bobby le Zim nobélisé – sa conférence de presse traduite en direct

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serviteur du dieu de l’écriture

J’ai pu me brancher sur la conférence de presse que Dylan a tenu cet après-midi depuis sa résidence de Malibu. C’est juste des phrases traduites à la volée (je les relançais sur Twitter à mesure). Mais l’esprit y est.

Dylan, première question, savoir s’il a été surpris :
— ils sont gentils, je n’étais pas si bon pianiste que cela

Dylan, interrogé sur la reconnaissance qu’il en a :
— après Soljenytsine et Sinatra c’est un grand honneur pour le Minnesota

Dylan, question concernant pourquoi ce prix, qu’on attendait depuis si longtemps, ne soit venu que cette année :
— quand j’ai enregistré mes chants de Noël, l’an dernier, je ne m’attendais pas qu’ils m’attrapent ça

Dylan, question sur qui il remerciera à la réception du prix :
— je voudrais surtout remercier mes bassistes, mais certains sont morts

Dylan, nouvelle question sur le discours qu’il prononcera :
— si je fais le discours à l’harmonica, ça leur fera plaisir certainement

Dylan réagit à un journaliste qui l’interpelle au sujet de l’argent associé à la remise du prix :
— je sais que Beckett avait refusé le chèque, mais on ne joue pas la même musique

Dylan, à qui on rapporte que l’Europe est surprise :
— ces gens du Danemark ont beaucoup changé depuis Hamlet

Dylan, interrogé sur pourquoi il pense que sa poésie a intéressé les Nobel :
— j’avais écrit « Einstein joue du violon électrique » et il a eu le prix des Nobles aussi

Dylan, interrogé pour savoir s’il fera le déplacement pour l’attribution du prix :
— j’irai chercher ce prix à Elseneur accompagné de tous mes morts

Dylan, interrogé sur le grade de Sir attribué à Mick Jagger et si c’était un peu la même chose :
— j’aurais voulu que Keith Richards soit jaloux, mais il ne sait pas où c’est le Danemark

Dylan, suspension entre 2 questions, se tourne vers son staff :
— est-ce que Blind Willie McTell avait eu le Nobel aussi ?

Dylan, à une question sur le fait d’être chanteur plutôt qu’auteur :
— ce prix des Nobles doit aller aussi à ma guitare, c’est un instrument noble

Dylan qui répond, alors qu’on évoque Chroniques 1 qui n’a toujours pas de suite publiée ;
— un prix de littérature pour Chronicles 2, que j’arrive pas à écrire, that’s truly dylanian no ?

Dylan, alors qu’on va vers la fin, dernière question, savoir s’il est heureux :
— my dog Bert has gone dead yesterday, I’m sad because of zat, guys

Bob tout à la fin, qui reprend soudain le micro :
— ils auraient pu le donner à Moondog aussi, et je dis pas ça à cause de mon chien Bert

 


• ma minute de silence vidéo en l’honneur du Nobel de Bobby – et si ça vous donne l’occasion de découvrir ma chaîne, pensez à vous abonner !

 

 

et j’aurai pas pollué les ondes


Dans l’heure et demie qui a suivi cette annonce, j’ai reçu pas moins de 13 messages mail, twitter, facebook, SMS et le 5640 de Radio France a tenté sa chance au moins 7 fois, j’ai dû couper mon biniou. Après, ça s’est calmé, chacun avait dû trouver quelqu’un d’autre, ou bien c’était déjà plus de l’actualité intéressante.

Attention : la plupart d’entre elles et eux très polis gentils (mention à BibliObs et Libé) et sans pression. C’est juste que non, juste que je m’exprime largement assez ici, dans ma maison virtuelle.

Autre mention : rien, mais alors rien de rien, qui aurait émané d’Albin-Michel, titulaire de la propriété des droits sur mon livre de 2006. Ils sont toujours à la pointe de la délicatesse.

C’est troublant, quand même, tout ça parce que j’ai sorti ce livre il y a 10 ans, mais chez cet éditeur qui ne me parle plus depuis au moins 5 ans (ils m’ont payé, quand même, une fois que j’ai eu fait cette vidéo sur le trottoir d’en face), troublant de se dire : ah bon, ils savent que j’existe, tous ces gens des journaux et radios ? Mais pourquoi alors zéro d’entre eux pour parler de ce Fictions du corps, ou de mes Conversations avec Keith Richards ?, ou bien simplement de ce site, de son YouTube, de la création de Tiers Livre Éditeur ? On n’est pas si mal dans l’écart (comme disait le regretté Michel Butor), c’est juste ça qu’on apprend, avec notre vieux cuir : dans ce cas-là, pas trop en sortir.

Dylan, sacré artisan, sacré artiste, sacré bonhomme. Pas loin de 35 bouquins ici le concernant. Traduits en français, 2 ou 3, et encore. Nous on sait ce qu’on lui doit, et que ça concerne aussi la langue. Ces jours-ci suis dans Cendrars : même complexité, mêmes jeux de fiction, même défi en chaque phrase à la langue.

Liens complémentaires :

- passer lire cette belle analyse de Visions of Johanna chez Arnaud Maïsetti

- Claro qui s’amuse

- un petit air de Dylan avec mes propres traductions

- sur le site France Culture, l’intégrale de mon feuilleton de 2006, récemment rediffusé – 10 épisodes sur 15, ils ont arrêté juste pour l’attribution du Nobel, jugeant que le boulot était fait :-)


LES MOTS-CLÉS :

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 13 octobre 2016
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