2017.01.14 | quand on me lettre ouverte

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Qu’est-ce que le textuel, et en quoi se confondrait-il, ici, avec le livre imprimé, et diffusé dans les circuits industriels et commerciaux auxquels nous, auteurs, l’avons légué par contrat ? Oui, le textuel d’aujourd’hui est sur nos blogs, dans l’éphémère de nos actions réseau, il est dans la parole qu’on tient, préparée (en cours ou sur scène) ou improvisée (mes YouTube). Et si se hisser à la parole était précisément un des enjeux du textuel d’aujourd’hui, et que la magie du web c’était nous en permettre le partage sans avoir à la rabattre sur l’objet imprimé, parce que seule technique disponible ? Et ne sommes-nous pas encore plus auteur à nous saisir de ces outils, hors du vieux monde avec ses rituels et ses fétichismes désormais – de plus – inopérants pour nous faire vivre ?

Je connais pas ce gars-là, on s’est jamais croisé, y a pas longtemps qu’avec Ahmed Slama on est copain sur Facebook, mais j’aime bien cette façon de discuter par web interposé. Je découvre qu’il a un blog, jours banals de belles notations sur la notion de mouvement et de réel, mais 3 billets seulement... alors qu’il me prévient via taguage Facebook d’une « lettre ouverte à François Bon » qu’il signe sur Hypallage, officine peu prolixe de détails sur elle-même et qui semble avoir désespérément besoin de se faire repérer par quelques liens mais pourquoi pas, la liste des destinataires de leurs lettres ouvertes en série désigne surtout les valeurs consensuelles reconnues, ne pas s’étonner qu’ils aient eu si peu de réponse, j’aime pas mais ne me défile pas.

Donc allons-voir cette lettre ouverte à mon humble personne, où se joue quand même une idée bien traditionnelle de l’écrivain. Ou alors une sorte de syndrome de Stockholm généralisé de la religion du livre : on constate que ça ne va plus, et on s’accroche précisément à ce qui sombre (non pas le livre, mais le système qui va autour) plutôt que de rejouer le dire là où ça vit et se bagarre ?

À titre exceptionnel j’ouvre les commentaires, A.S. pourra répondre à mes réponses et vous autres bro’ vous inviter c’est plaisir.

RÉPONSE 1

un peu l’angoisse de Beckett refusant les entrevues, répondant systématiquement : – Tout ce que j’avais à dire, je l’ai dit dans mon œuvre » (Samuel Beckett)

Angoisse ou travail précis et acharné côté Beckett ? Juste que ça ne l’a pas empêché de léguer à l’IMEC 3000 lettres écrites en 5 langues ? Je suis encore loin de ça (sans compter que j’écris jamais de lettres). Oui, il y a probablement un glissement : ce dialogue dans l’espace privé (j’ai bu moins de bières en compagnie que le grand Sam) a glissé vers un espace de publication, où questions sur le travail, aussi bien que livres lus, accueil du travail de l’autre et même construction de projets nous l’assumons dans un espace éditable et partageable. On n’est pas plus bavard pour autant (qui a lu complètement la correspondance de Proust ?). Il n’y a pas l’oeuvre d’un côté, ce qu’on a à dire de l’autre : oui, respect de ce qu’énonce Beckett. Il se trouve seulement que ce qui se dit, et donc est l’oeuvre, c’est le site même qui en est le dépositaire et la forme.
RÉPONSE 2

lectures où l’on voit comment le corps est engagé, avec tes intonations, ce souffle, ce rythme [...] existe-t-il en toi cette peur que le François Bon, la personne, ne recouvre le François Bon textuel ?

Suis sensible au compliment bien sûr, mais précisément à cela aussi on se forme et on s’éduque. C’est une transmission qui probablement a été mise à mal dans l’ère de domination de l’imprimé, et qui certainement avait pu se prolonger de façon plus continue jusqu’à Proust et Mallarmé. De mon côté, j’ai appris à lire moins côté théâtre que côté chanteurs (souffle, résonateurs, posture), et par des intercesseurs comme Valère Novarina ou Jacques Bonnafé, qui se sont peu exprimés sur leurs propres sources. Donc on arriverait vite à reformuler la question : si le texte est dans la parole et le corps, où est le problème ? Recouvrir le textuel : recouvrons-nous nous-mêmes, en permanence !
RÉPONSE 3

ce troisième François Bon, existe-t-il un risque qu’il n’altère la réception de tes œuvres, déjà parues, ou à venir ?

Là j’ai du mal à suivre, trouvant mon unique personne déjà assez encombrante, et les logiques du double me fascinant surtout dans la littérature fantastique. Altérer ? Le troisième François Bon, comme les 2 précédents et les autres à venir, a assez pratiqué Rabelais pour savoir très bien ce qui désaltère. Je me connais par contre, certains directement, au moins sept homonymes, mais je suppose que ce n’était pas eux qui étaient visés ? Et totale ambivalence sémantique : oui, si on publie sur le web, comme ici ce billet, c’est paru. Et en quoi une oeuvre à venir se distinguerait de ce qui se passe ici au présent ?
RÉPONSE 4

comment situes-tu aujourd’hui le rapport auteur/lecteur ?

Si tutu ça danse, la réponse est chez Blanchot, et définitive : « écrire est intransitif ». Laissons aux petits de s’intéresser à leurs lecteurs, en général dans les salons du livre entre une plante verte artificielle et avec une pile de livres à vendre.
RÉPONSE 5

par comparaison à ces auteurs cités, toi, tu as cette présence, massive, en ligne...

Ben ils ont qu’à en faire autant, non ? Je ne suis pas tout seul à être sur Internet, heureusement – de plus en plus multiforme et inventiforme : alors quand est-ce que vous autres vous ouvrirez votre sacro-sainte définition de « l’écrivain » à cette constellation neuve ? Et pour le « massive » ma vieille mère me dit ça aussi, que je suis pas beau. Les autres, s’ils ont choisi la mort en papier c’est plus mon problème : on leur a assez longtemps tendu la perche. Peur de se salir les mains en venant sur le web, souhait secret de gagner le gros lot avant l’âge du déambulateur ? Leur confiance envers un système cloisonné horizontalement et verticalement, où l’auteur a la place congrue, j’en suis plutôt admiratif. Moi je suis dans le web parce qu’ici ça respire, et que ça littérature.
RÉPONSE 6

ou alors tu considères ce travail en ligne comme une œuvre tout autre ?

Et si tu laissais tomber ton obsession pour ce mot « oeuvre » que tu répètes tout le temps, mec, tu crois pas que ça te décoincerait les bretelles ? On travaille, and the hell of the rest.
RÉPONSE 7

Trois ans que je lis du François Bon, que j’ai découvert ta prose et, aussi étrange que cela puisse paraître, ce n’est pas par le web que j’ai rencontré le François Bon textuel (j’invente rien, j’apprends rien à personne, toujours différencier la personne de l’auteur, un des plus grands enseignements que nous ont porté, je cite l’avalanche de noms chronologiquement désordonnée, Proust, Valéry, Mallarmé, Péguy…)

À nouveau merci et grand merci pour ces lectures, donc. Et liberté à chacun de s’en tenir, pour ce qu’il reçoit par le livre, à la présence du livre. Il y a des tas de livres dans ma turne derrière moi dont je ne connais pas les auteurs, ou même n’ai pas envie de les voir, sans parler des Lutz Bassmann ou Manuella Draegger qui sont au coeur du travail contemporain.

Mais là, désolé, contresens grave : en quoi la figure sur le web, oralité du journal, personnage des vidéos, lecture scénique, et même les séquences VLOG, ne seraient pas des constructions auctoriales comme celles du texte ? en quoi la complexité de la construction de cette présence voix/vidéo/web rapprocherait plus de la « personne », ou alors justement c’est le privilège d’une illusion plus forte grâce à l’emploi d’outils neufs ?

François Bon et question au questionneur : l’enjeu, en fait ce serait ça : comment je fais plutôt pour supprimer les FB précédents de ce qui a commencé désormais par la parole sur web ? et la joie à travailler dans l’éphémère d’un site qui disparaîtra d’un clic ou dans les semaines qui suivront ma fin prématurée.

Évidemment c’est un beau cadeau aussi de lire ça. Mon malaise tient surtout à cette figure de l’écrivain attelé à son oeuvre comme construction de valeur assignée selon critères pérennes. Longtemps je crois qu’on a appris que les oeuvres qui nous concernent ou nous touchent le plus sont des constructions rétrospectives (le mot est de Proust), tirant une partie de leur force précisément de leur arbitraire, de leur composite. Voyez les 26 tomes d’Artaud. Ou l’invention tardive par Alexis Léger de la biographie de Saint-John Perse. Ou l’imbroglio des manuscrits de Proust. Que savons-nous de la socialité de Rimbaud à Londres, et belle la thèse de Thierry Beinstingel incluant la correspondance épicière du Harar comme fait d’oeuvre.

Oui, avec le web, nous prenons un risque. Mais le web n’est jamais en lui-même l’origine de ce risque, il n’en est que le support ou la médiation : ce rapport à la parole et à l’improvisation, peut-être que je l’ai tardivement mis au centre de mon trajet, mais je le dois à Christophe Tarkos, je le dois à ces moments de happening que sont depuis 1993 mes ateliers d’écriture, dans tous les différents contextes où j’ai pu les mener.

Il y a des questions essentielles : comment la logique de la mutation de l’image interfère avec la logique de la mutation de l’écrit. Comment, dans une mutation imprédictible, nous avons à ouvrir l’espace encore trop peu étudié des précédentes transitions dans les quelques principales mutations de l’écrit.

Il y a bien sûr les questions première de survie (matérielle) et de résistance (intellectuelle) dans une société où ce statut de l’écrivain, et le dépôt symbolique à lui afféré dans l’âge encore tout proche des revues (Tel Quel, NRF, Change, Minuit etc) qui a structuré le champ contemporain.

Il y a certainement une instance de plaisir : oui, l’ordinateur connecté est un outil d’écriture en tant que tel, et nos pratiques même du clavier (disparition progressive de l’écran comme place et concept, rédiger directement sur base de données comme là tout de suite sur mon serveur blog, ou le vague brouillon ébauché hier sans fichier traitement de texte sur Ulysses) justifie le laboratoire, l’en avant.

Il y a certainement du conceptuel à réviser : le travail de Lionel Ruffel sur une ré-énonciation du concept de publication c’est le centre du chamboulement mental. Mais revenir à Vilém Flusser pour savoir ce qui change si j’ajoute une photo prise par moi en tête d’un article, ou si j’ouvre la temporalité de cette photo pour en faire une vidéo, ou même ces temps-ci quand je capte mes impros parole en vidéo sphérique, ce n’est pas une rupture du champ de la littérature, c’est la forme précise de l’écosystème d’outils du lire-écrire dans sa configuration d’aujourd’hui.

On se fout total de l’oeuvre : mais on accède à une chance de naissance d’oeuvre. Ce sera rétrospectif, et on ne sait pas sur quel clampin parmi nous ça tombera. Le paradoxe essentiel reste que le livre qui nous apprend au plus haut la pensée de l’écriture en temps mobile, et pour ce qui nous concerne en temps connecté, ce sont les Petits traités de Pascal Quignard.

Récemment, dans un marronnier coutumier au Monde, on me qualifiait d’écrivain très connecté. Aucun d’entre nous n’est plus réellement dans un monde bipolaire à ce point. Les tablettes et téléphones font irruption jusque dans les casseroles quand on cuisine. Bergounioux vient de publier un petit livre de ses photographies numériques. Être connecté n’est plus un état spécifique, nous devons seulement être vigilant à notre attitude critique dans l’espace multiple de la connexion : comment ce qu’on fait dans Facebook n’est pas un agir neutre – mais les grandes manoeuvres du propriétaire espagnol d’Editis, lorsque la Martinière saborde le Seuil en bradant à Editis la pleine distribution de mes livres, ce n’est pas non plus angélique. Être connecté est la définition même de notre table de travail, de notre flux d’information citoyen, de notre agir-monde comme ce l’est aussi de nos usages privés de correspondance, d’annotation et documentation, aussi bien que de la prise de langue grégaire et sauvage, clavier ou caméra, que nous organisons à même la ville, ou dans l’espace clos de notre précaire tour d’ivoire où arrive la fibre.

Ayons juste un peu de crainte pour celles et ceux qui, obnubilés par leur nom imprimé dans un recoin de Fnac, s’imaginent responsables de la survie d’un dépôt symbolique depuis longtemps liquidé, et ne s’ouvrent pas à ce risque : la publication numérique, l’écriture dans sa friction au réel, avec les usages mêmes que lui impose ce réel, qui a toujours eu le choix des armes.

 

Photos haut de page : l’auteur, la parole, le livre et l’impro, Jacques Séréna, Dijon, novembre 2003.


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 14 janvier 2017
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Messages

  • J’ai trouvé (comme par hasard) chez ce vieux Kertész ce que je ressens moi quand on me parle de moi auteur par rapport au moi qui charbonne dans les ateliers et au moi qui fait le sympathique dans des universités, etc... ("on ne vous voyait pas comme ça", m’offrent-elles un thé), donc Kertész : Déjà la porte s’ouvrait et on l’appelait, il entra et se comporta comme s’il était lui... Il regarda des graphiques, écouta des explications, il posa peut-être même des questions, qui sait. Il opina, sourit, serra des mains, prit congé et rien de tout cela ne le dérangea ni même ne l’atteignit, comme si cela ne l’avait pas vraiment concerné...

  • il n’y a que toi pour ces expressions... vive le « moi qui charbonne » et le « on ne vous voyait pas comme ça » !

  • … d’abord, François, un contre sens grave, tu m’imbrique dans les conceptions littéraires d’Hypallage parce que j’y signe cette lettre, ce n’est pas parce que ma voix se superpose à celle d’autres qu’elle se confond avec elles, si nous partions de ce principe, on dirait que Julien Coupat et Eric Hazan sont totalement en accord avec tout ce qui s’écrit sur Libé quand ils y signent une tribune, on peut même prendre la chose à l’envers, que P .O.L est un éditeur fasciste car il publie (le travail littéraire) de Renaud Camus, malgré cet argument, je ne me défile pas rapport à une question pourquoi signer chez Hypallage quand je pourrais signer dans n’importe quel blog, quel site que j’aurai créé (surtout que j’en ai un de site), je crois qu’il est important d’apporter du mouvement dans cet espace si segmenté qu’est le web, segmentation accentuée, sinon opérée, par les algorithmes qui, quoi qu’on en dise, déterminent notre navigation, et pour moi, publier prochainement un recueil chez Hypallage, puis cette lettre, et tu as remarqué que les « écrivains » interpellés, hormis quelques exceptions (Philippe Jaccottet notamment) ne sont pas très... ragoutant,(en rajoutant ce fait, que tu n’as peut-être pas remarqué, nombre d’adresses ont un caractère assez pamphlétaire) c’est une manière pour moi d’instaurer du mouvement dans un web littéraire qui me paraît reproduire les schèmes de l’entre soi, il y a également, c’est peut-être présomptueux, une portée éthique, j’évoquerai Bernard Stiegler, et son idée au sujet de la nécessite, aujourd’hui, de créer des circuits de transindivduation, te faire signe depuis le site d’Hypallage, c’est pour moi, à une mesure modeste, contrecarrer le cloisonnement diffus,introduire François Bon parmi ce panthéon assez rance, de l’air ! c’est un peu pour reprendre ta formule, Ahmed Slama 1, Algorithmes GAFA 0,

    … Dissipation d’un malentendu, « oeuvre », bon, le mot aujourd’hui, à mes yeux est « encrassé », il faudrait le polir, le nettoyer, (une peu comme ce qu’avait fait en son temps Benveniste pour le mot « rythme ») équarrir ce nappé sémantique qui le recouvre, revenir, pourquoi pas, au sens que lui donnait Plaute… travail, quand je dis œuvre, j’entends pas là juste travail, rien de plus, le travail que tous, à notre mesure, nous menons,

    Réponse 1

    « Donc allons-voir cette lettre ouverte à mon humble personne, où se joue quand même une idée bien traditionnelle de l’écrivain. Ou alors une sorte de syndrome de Stockholm généralisé de la religion du livre : on constate que ça ne va plus, et on s’accroche précisément à ce qui sombre (non pas le livre, mais le système qui va autour) plutôt que de rejouer le dire là où ça vit et se bagarre ? »

    … système qui sombre, je n’en suis pas si sûre, là, aujourd’hui, il est bien en place, et puis ce que tu n’évoques que rarement, à mon sens, c’est la violence inhérente à ce système, y a pas si longtemps dans l’un de tes services presses, tu parlais de Geoffroy De Lagasnerie et d’Edouard Louis, qui portent la violence au sein même de leur discours, dans le champs littéraire, il existe (et tu le sais bien) cette violence symbolique de la non reconnaissance et de la méprise, quand je dis reconnaissance je ne parle pas du salon du livre ou de ces pantalonnades, non, juste accéder à l’existence, même dans des sites, dits nouveaux, je prends au hasard, En Attendant Nadeau, Diacritik, ou alors même Remue.net, y a rien sur la littérature qui s’agence, au jour le jour, dans le web, on chronique, on tisse des lignes surtout sur le papier, attention je ne dis pas que l’on devrait reléguer "le papier", comme tu le dis, ça marche ensemble, mais en ce moment, niveau représentation, ça a plutôt tendance à boiter, et ça c’est d’une violence extraordinaire pour tous ceux qui produisent sur le web (dont je ne fais pas partie, du moins pour l’instant), il y a cette impression, peut-être fausse, que ça se referme sur le monde ancien, plutôt que ça ne s’ouvre,

    … et puis s’il y a faillite du système, y a à l’horizon, toujours, ce pire possible, j’en reviendrai à Bernard Stiegler et à son concept de Pharmakon, le web, comme toute technè, peut être un instrument du pire comme du meilleur, et le pire on l’entrevoit, hein, Amazon, l’édition sans éditeur (là y a même pas besoin de parler de Schiffrin),

    ... et enfin François, je serai direct, il est aisé pour un écrivain comme toi, par ta position même, de récuser le système, tu as (malgré toi, je ne fais pas de toi un acteur du système) bénéficié, en partie du moins, du capital symbolique que peut accorder le système de l’édition dite traditionnelle, n’oublions pas qu’en ce qui concerne l’Art, il y a une large part de valeur extrinsèque,

    Réponse 2

    … pour ma part, je m’en tiendrais à cette fulgurance de Deleuze, pas de vérité, que des interprétations, la citation de Bekcett, c’était pas l’argument d’autorité, à mon sens la conception d’un François Bon, ça vaut autant que celle du « grand Sam », c’était pour confronter, simplement,

    Réponse 3

    « Là j’ai du mal à suivre, trouvant mon unique personne déjà assez encombrante, et les logiques du double me fascinant surtout dans la littérature fantastique. Altérer ? Le troisième François Bon, comme les 2 précédents et les autres à venir, a assez pratiqué Rabelais pour savoir très bien ce qui désaltère. Je me connais par contre, certains directement, au moins sept homonymes, mais je suppose que ce n’était pas eux qui étaient visés ? Et totale ambivalence sémantique : oui, si on publie sur le web, comme ici ce billet, c’est paru. Et en quoi une oeuvre à venir se distinguerait de ce qui se passe ici au présent ? »

    … félicitation pour ta carrière politique,
    … sans déc’, j’avoue m’être un peu embrouillé, avec ces histoires de double, triple...etc, l’hypothèse c’était juste qu’à travers chaque médium et ce qu’il recèle comme langage, se tisse une œuvre (un travail) nouvelle (nouveau), parallèle, bref, peut-être que je me triture juste la tête pour rien, mais je crois que t’as répondu à ma question quand t’évoques le Monde te décrivant comme auteur hyperconnecté, quand je parle de rapport auteur/lecteur, ce n’est pas par rapport à toi pensant à tes lecteurs, non, mais plutôt cette trace, empreinte que l’on laisse, que l’on va laisser, que l’on ne maîtrise pas, justement, je prendrais l’exemple de Voltaire (même si je ne l’affectionne pas), qui considérait ces contes philosophiques comme des distractions, alors que ce qu’il le faisait turbiner l’Arouet, c’était ses tragédies, « La Henriade », quelques siècle plus tard, qui connaît la Henriade ?

    Réponse 4

    « Si tutu ça danse, la réponse est chez Blanchot, et définitive : « écrire est intransitif ». Laissons aux petits de s’intéresser à leurs lecteurs, en général dans les salons du livre entre une plante verte artificielle et avec une pile de livres à vendre. »

    … (mon silence parle pour toi)

    RÉPONSE 5

    « He suis pas tout seul à être sur Internet, heureusement. Et pour le « massive » ma vieille mère me dit ça aussi, que je suis pas beau. »

    heu… « le massive » n’était aucunement… péjoratif, peut-être maladroit hein ! Et puis la lettre t’étais adressée du coup un peu dur de développer une liste non exhaustive d’écrivains sur le net,

    et je terminerai enfin par le début de ta réponse, je trouve un peu dur, de réduire mon travail à trois billets de blog, ha ha, après en effet, je n’ai pas ta bibliographie et c’est clairement plus dur à trouver, ce que je fais...

  • merci, Ahmed, d’avoir répondu à mes réponses

    c’est important d’avoir ces échanges – mais je reste sur mon idée que c’est une approche beaucoup trop centrée sur le système dominant en voie de momification, alors qu’on a énorme à apprendre des logiques surgissantes, notamment là où des concepts très récents (XVIIe siècle) comme « écrivain » n’ont simplement plus cours, et où le changement même de la notion d’auteur est le nouvel appui

    ça cantonne trop l’approche à des questions de réception ou d’une valorisation symbolique à laquelle de toute façon - tu le dis parfaitement – nous ne pouvons plus prétendre

    et ces questions de "position d’écrivain" sont totalement inopérantes, ça aide pas à boucler les fins de mois, sinon vaguement quelques semaines à titre posthume

    j’ajoute ton blog dans mes css, je le verrai grandir ! même avec 3 billets, y a un début à tout : et c’est ça la magie du Net, pas de place acquise, tout est à tout le monde

    éviter aussi de chanter la messe habituelle sur Amazon etc : clairement, pour des mecs comme moi, c’est ça qui sauve l’existence et l’indépendance du travail, et pas ce qui nous reste de l’ancien système

    là-dessus je retourne à mon blog