2019.08.07 | pourquoi Natashquan tourne le dos à son port

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la vie dans les nuages

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Quand j’étais sur le port, dimanche soir, j’étais seul et chaque point résonnait avec tous les autres. J’avais mis l’appareil sur son monopode, et choisi la position film. Pourtant, ce qui m’a fait reprendre ce journal, c’est bien aussi la possibilité de tagger des catégories, et qu’on puisse retrouver des images de tous les ports où je m’arrête : ils sont les mêmes. Au bout du quai, dimanche, il y avait ce conteneur mi-ouvert qui semblait offrir de lui-même une scénographie de théâtre et j’avais improvisé sans préparation. Je ne regrette pas cette brève vidéo, mais il s’était mis à pleuvoir de plus en plus fort et toute lumière était partie, j’avais dû remballer. Alors hier soir vers 16h j’y suis retourné, le soleil commençant à baisser : de 11h à 16h ici pas la peine de sortir un appareil. Je comptais refaire une vidéo, même l’idée de refaire exactement la même, mais avec une impro différente, voire opposée. Sauf que sur le quai il y avait deux gars et leur bulldozer, occupés à démêler cinquante mètres d’élingue d’acier diamètre 20, à cause de la bobine « toute pourritte » qui s’était effondrée. Mon conteneur était là, mais un chalutier tout neuf accosté en surplomb, et une voiture entre les deux. Alors j’ai juste fait les photos comme on fait mémoire. Pourtant, je commence à voir l’articulation éventuelle entre la photo et le film : si je repère mes 10 spots avec 10 cadres et 10 réglages, j’aurai une scéno prête et forte pour la vidéo. Mais la grammaire de la vidéo c’est être soi-même en mouvement permanent, quand la photo c’est le contraire : enfin je n’en sais rien, disons qu’on se fait plaisir à soi-même et que quelqu’un d’autre photographierait tout autre chose, ou le ferait autrement. Pendant combien de décennies le seul ravitaillement ici, tout au long de la Côte Nord, se faisait par bateau ? La route est venue, étrange route qui approche de son bout. Route qui ne mène qu’à la fin de la route, on est l’avant-dernière étape. Assez pour que Natashquan tourne le dos à son port, se réorganise le long de la 138 en impasse. Peut-être c’est pour ça qu’ici on ressent autant la force nue du temps.

 



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 7 août 2019
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Messages

  • Puisque cette année il semblerait, travail du monsieur oblige, qu’on ne puisse pas quitter la grande ville, ou presque pas, ou plus tard mais on ne sait pas quand - sauf que plus tard, j’espère bien que j’aurais du travail -, voilà, il ne me reste plus qu’à pratiquer l’art du sur-place de l’exploration. La grande ville s’y prête, de par sa taille ou ses mutations. Il existe toujours une rue que l’on n’a jamais parcourue, variante : une rue que vient de créer un nouveau quartier. C’est le temps qui passe qui fait le mouvement.
    Ainsi cette petite rue, une sorte d’impasse ?, du XIIIème arrondissement, en proximité de la BNF, m’était encore inconnue. J’ai donc eu aujourd’hui dix minutes de voyages en pays étranger, du moins de ma mémoire.

    Voir en ligne : En traversant Paris aujourd’hui

  • (dans l’autre partie du truc - certains diraient "dans une autre vie" mais ce genre de parole m’horripile - c’était l’inverse qui se produisait : les photos posées ici se retrouvaient parfois dans la série sur le bureau (près de cinquante occurrences) - on fait l’inverse) celle-ci est sur une remorque - je repense à Bullitt mais elle était fastback comme ils disent - et suivie d’une autre remorque portant un autre coupé - cette couleur a quelque chose de merdique mais qu’est-ce qu’on peut faire ? - j’arrive pas à bosser - les trucs s’amoncellent et je m’en fiche un peu - l’idiot d’août (Ouioui si tu préfères) (déjà posé ce billet mais fausse manoeuvre je suppose, il n’est pas apparu)