2008.02.14 | le chemin d’Espinchal


A Bron, quand Thierry Guichard m’a demandé quel était, de mes livres, celui que je conseillerais à quelqu’un qui voudrait découvrir mon travail (question qui concluait paraît-il chacun de ses entretiens), j’ai répondu que c’était certainement mon site Internet, avec ces cavernes, ses galeries qui s’organisent, qui était ma réalisation désormais principale.

Ainsi, d’y retrouver chaque année à même date ces photographies du Cézallier âpre et sauvage. Deux semaines d’isolement dans un gîte rural découvert il y a 12 ans, et dont le prix n’a pas varié. Le bruit même de l’ordinateur y est différent. C’est toujours un moment privilégié pour la forge des livres.

C’est un peu différent maintenant : un coup de voiture jusqu’au Mac’Donald d’Issoire, et la wifi permet de maintenir lien minimum : c’est très commode, la wifi gratuite des Mac’Donald, dans un pays encore largement sous équipé ou qui veut vous faire payer ça très cher, dans les gares.

Et puis ce chemin, de la Godivelle à Espinchal. Grâce que c’est, dans ces temps ternes, de retrouver l’espace. Fréquent de croiser à quelques mètres un renard. On s’immobilise un temps, jusqu’à ce qu’il daigne un lent demi tour. Ici, le travail garde une autre permanence. Du mal à comprendre parfois pourquoi ces empilements de ferrailles.

Cette année, j’accumule séries de ces meules de foin sous plastique, étranges géants immobiles dans le vent. A Espinchal même, le monument aux morts : le gaspillage que représente à distance, dans des campagnes qui ne s’en sont jamais remises, la boucherie organisée par la bourgeoisie d’état. Ou les géométries de ce bandeau zingué et riveté.

L’appareil est un peu malade : il y a une tache qui m’échappe, dans l’intérieur, et dans cette lumière brutale je n’ai pas su bien régler les ISO, tant pis.


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François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 14 février 2008
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