2006.05.23 | l’art dans les ronds-points


Jean-Christophe Bailly m’avait demandé en 2004 un texte sur les ronds-points, et depuis je continue, au vol, depuis le pare-brise : ceux-ci se veulent très art contemporain — désarroi de l’hyper-ville ?



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 23 mai 2006
merci aux 771 visiteurs qui ont consacré 1 minute au moins à cette page


Messages

  • Rond-point de la mémoire.
    Pour un complément à l’inventaire.

    On prenait la direction sarrebourg -venant de l’autoroute de strasbourg- pour aller vers Lunéville où habitaient mes grands-parents. De loin : un rectangle en grès rose (aux couleurs de l’Alsace, Saverne est tout proche), évidé, dressé sur le gazon desséché de l’hiver.
    En glissant autour du rond, on se rend compte que le rectangle est bien un cube, dont seul demeure le châssis, comme si on avait perdu le savoir-faire de la construction ; ou comme si on s’était arrêté au dernier moment, se rappelant qu’on est sur un rond-point justement.
    Une chose si grandiloquente prête à rire quand on a douze ans et que l’on veut trouver des réponses à tout : un cube plein d’air et pourquoi faire ? C’est depuis ce jour-là que j’ai pressenti l’existence oppressante du vide en volume.
    Je me souviens d’avoir dit à ma soeur : "ils ont construit un abri pour sdf au centre des routes". Poussée à bout, la logique échevelée du monde où l’on est.

    On n’a pas assez décrit toute la métaphysique comprise dans un rond-point.