Dans la surprise où on est d’un tel repère qui cesse ou s’inverse, on n’a même pas le réflexe de photographier. Quand la pulsion de photographier revient, ce n’est pas le lieu — le monument s’en fiche bien, que vous l’emportiez ou non dans vos images — mais ce déplacement même : l’intérieur à l’extérieur, ou la stricte symétrie de l’extérieur devenu intérieur.
chronique photos et journal, par François Bon
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23 avril 2022, par François BonBien sûr c’est fini, retrouvé la table, réaménagé le set-up travail, fait les sauvegardes Time Machine, et même hier soir et ce matin tenté les vidéos mais il y a une sorte d’apprentissage à sans cesse refaire, plus la liste de toutes choses en retard mais ce n’est pas du retard c’est juste qu’on les avait décalées et de toute façon pour les 6 mois à venir ce sera là dans la petite pièce 3 x 2 m qu’on va s’incruster mais ce sera pas choix, c’est plutôt l’équilibre entre les chantiers et les (…)
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20 avril 2022, par François BonEst-ce que ça veut dire quelque chose, photographies qu’on fait pour soi-même ? Pas mal d’images engrangées qui ressortiront peut-être au fil des besoins du site, mais qui ne déclenchent pas l’accès ici à ce « journal images ». Puis en 6 minutes chrono dans ce recoin de port tu fais cette série parce que déjà depuis si longtemps et via le mot-clé « ports, mers, rivages » elle en est une constante, poignée d’images de ce que portent ces bateaux mis au rebut, sinon qu’ils le portent, ce qu’ils (…)
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2022.04.15 | web nos livres de pierre
15 avril 2022, par François BonNous avons écrit des livres, des livres parmi tant d’autres livres, la disparition ou l’enfoncement dans la masse inerte de tous livres et voilà qu’on avait pris autre chemin, c’était plus fragile et ne nous survivrait pas mais la voix, oui la voix et les images et le geste, le geste même qui disait comme de toujours : — Ceci, ceci est mon livre. Nous dressions sur nos écrans, pour le temps même de leur surgissement, nos mêmes livres de pierre.
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