choisir, acheter une liseuse (bis)


de quoi s’y perdre, mais pas de quoi s’empêcher d’essayer


note du 17 octobre 2012
NOTA : cet article reste très consulté, preuve d’un grand intérêt pour les matériels, maintenant qu’on peut s’équiper à pas trop cher, enfin, de liseuses et tablettes de bonne qualité... donc aller plutôt voir mon billet plus récent : liseuses, tablettes, acheter quoi, choisir comment, c’est celui-ci que j’actualise en continu. Bienvenue sur mon site, en tout cas, et merci aussi de votre intéreêt pour publie.net et publie.papier.

 

note du 18 décembre 2011
Cette page vient de passer les 10 000 visiteurs (décompte à plus d’une minute de présence sur la page), c’est bien le signe de l’intérêt massif désormais pour les liseuses.

Lire donc – même rubrique – test de la petite Kobo/Fnac, je l’ai depuis 15 jours, et je lui découvre toujours des qualités, rapidité, simplicité, ajout de polices, qui compensent largement les manques (gestion des livres, passer par Calibre).

Cette semaine, je rajouterai un test de celle qui m’apparaît comme la Rolls Royce, même avec un prix très modeste elle aussi (en vente chez Virgin), la Bookeen Odyssey, mais je continue de l’explorer...

 

note du 8 décembre 2011
Très impressionné par quantité de visites et de commentaires reçus sur cette page.

Je voudrais donc la tenir à jour avec les récents tests et essais des sites spécialisés, pour vous aider à vous déterminer. Pour synthèse, cependant :
- la totalité des fonctions, la réactivité de l’iPad en lecture, on n’a ça que sur l’iPad.
- on mesure de jour en jour la diffusion du Kindle, petite bête à tout faire, mais très basique (clavier via les boutons, aïe), pour vos articles et documents perso aussi – pas d’epub (passer par Calibre pour convertir en Mobi, mais attention aux DRM...), compensé par possibilité d’envoyer articles web ou documents word via e-mail, sans connecter le lecteur. Plus : appli Kindle dispo sur tous autres appareils, y compris iPad et iPhone. Et l’annonce ce matin que le Kindle va être "physiquement" en vente dans tous les Virgin, toujours à ce prix départ de 99 euros (rappel : 79 $ aux US...). Autre force d’Amazon : vous commandez, c’est chez vous le lendemain :

- arrivée de deux poids-lourds, un vrai bonheur, pour un peu plus cher, le Kobo tactile est proposé à 129 euros par la Fnac, avec même une réduc de 30 euros pour les premiers arrivants, et c’est un très bon appareil ;
- spécial salut à l’Odyssey de la firme française Bookeen, qui sera aussi en vente dans tous les Virgin (à 149 euros), avec même 6 publie.net offerts dedans...
- point commun à iTunes, Amazon, Fnac : accès direct et gratuit à très large catalogue domaine public (3000 titres environ, les mêmes pour eux tous), il y a donc de quoi relire... avant de passer voir ceux qu’on a mitonnés, nous.
- à vous l’option donc entre la liseuse basique, les deux modèles de "vraies" liseuses, dont l’Odyssey avec vraie novation techno, et les tablettes, sachant que dans les tablettes mieux vaut biller tout de suite sur l’iPad que s’attarder aux intermédiaires.

On recommande :
- Actu des eBooks sur le Kobo/Fnac
- eBouquin pour tests éclairés tous modèles, et notamment Kindle 4, la lecture sans fioritures.

De toute façon, vous trouverez publie.net sur la totalité des supports et revendeurs !

 

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La lecture numérique, ça commence quand on quitte la lecture sur écran d’ordinateur pour disposer d’un objet à lire qui élimine l’écran vertical, et permet que la lecture devienne tout simplement posture du corps, transportabilité, invisibilité du support. [1]

 

2


L’apprentissage très savant qui nous rend invisible le livre imprimé, voilà ce qui doit nous guider pour nous approprier l’objet-bibliothèque qu’est la liseuse numérique. Confort et plaisir d’abord, robustesse aussi, pour l’avoir dans son sac, la sortir facilement là où on aime lire le plus – et l’oublier. Se souvenir aussi qu’un téléphone suffit : pendant deux siècles, la taille écran de nos appareils d’aujourd’hui était le format principal des livres populaires.

 

3


La lecture numérique est un changement de la lecture elle-même. On peut lire façon livre : on a chargé un polar de Connelly ou d’un autre, en français ou directement en anglais et voilà, on lit. Là, aucune différence, et toutes les liseuses sauront le faire, avec quasiment le même confort que le livre papier, pour moins cher et plus commode (l’avoir sur vous après que vous aurez fini de le lire, y accéder aussi depuis l’ordi ou le téléphone, faire recherche plein texte etc). Mais le livre imprimé est lui aussi un système ouvert : on regarde le ciel, on entend les bruits autour, on lève le nez en l’air, on met un signet ou on souligne, on recopie une phrase dans le carnet. Cette ouverture est la donnée native de ce qui change avec le numérique : les notes ou passages soulignés, pouvoir se les exporter sur l’ordinateur, appeler un ou plusieurs dictionnaires, passer du texte au web pour un complément Wikipédia ou vers le site de l’auteur. C’est de cette ouverture que vous tirerez le plaisir maximum de votre liseuse ou de votre tablette, à vous d’en paramétrer la facilité.

 

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Un critère important de la lecture numérique, c’est l’accessibilité de ce que vous aimez lire. La force d’Amazon, c’est l’immense bassin de titres à chaque instant disponibles, et qui arrivent sur votre machine d’un seul clic si envie, où que vous soyez. La machine est déjà dans l’intérieur de la librairie générale que vous emportez avec elle. Avec fonction repentir, possibilité d’annuler la commande si on estime l’avoir fait trop vite, ou trouvé mieux dans sa recherche ultérieure. La même disponibilité et facilité avec iTunes d’Apple, mais passage plus volontaire à l’espace Store. Les autres constructeurs ont compris l’enjeu : le Kobo à l’approche donnera l’accès one clic au catalogue Fnac, Bookeen (nouveau modèle Odyssey à l’approche, qui sera livré avec 6 textes publie.net offerts, nous sommes très touchés de cette confiance) ont vaste catalogue francophone en ligne. Sony à la traîne, mais peut-être surprise côté partenariat dans les prochains jours.

 

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À examiner : la transportabilité de votre bibliothèque d’une machine à l’autre. Chez tous les libraires (y compris publie.net), on achète un accès, c’est-à-dire qu’en vous connectant à nouveau sur le site vous pourrez recharger facilement et de façon pérenne un fichier effacé, ou sa mise à jour, ou un autre format si l’offre est multi-formats. Chez Amazon, achat via le Kindle ou bien via le site, mais mise à disposition d’une "app" gratuite à charger sur votre iPhone ou Androïd, ou tablette toute marque, ou ordi, pour lire le livrel d’une machine à l’autre sans restriction de nombre. Et fonction très impressionnante de mise à jour en temps réel, si vous avez le texte ouvert sur Kindle et commutez sur l’iPad, il se positionnera automatiquement là où vous en étiez. Chez Apple, mêmes règles que pour l’iTunes musique : le droit de déclarer 5 ordinateurs sur un même compte – rectif suite à message François G ci-dessous – autant d’l’iPhone, i Touch et iPad, que souhaités. Il manquerait la possibilité d’ouvrir votre achat depuis le compte de vos proches (fonction qui se gère par contre sur Amazon et même, assez laborieusement, via Adobe Digital Edition). L’énorme succès de iBooks en chiffres de vente (si vous avez suivi ceux qu’on communique côté publie.net) est bien la preuve que ça marche.

 

5 bis


Alerte, méfiance (à titre personnel) : ce que je hais le plus dans l’univers lecture numérique, c’est Adobe Digital Edition, logiciel de gestion des DRM qui consacre l’essentiel de ses ressources à la gestion de ces droits, donc il ne reste quasi plus rien pour le moteur de rendu et le confort de lecture. Galère pour passer d’un appareil à un autre, galère pour copier une phrase ou prendre des notes. Et, si vous avez eu le bonheur d’acheter un fichier estampé Adobe Digital Edition par l’éditeur qui vous le vend, sachez qu’il a a claqué (lui et non le libraire ou distributeur) 70 000 dollars à Adobe pour la licence d’utilisation, moi je vois toujours cette somme (et ce qui s’en répercute dans votre prix d’achat) quand j’ai le texte ouvert et blindé sous les yeux. Boycott pur et simple, dès que vous voyez la mention (surtout que vous pouvez facilement retrouver le même titre, du même éditeur, sur Amazon ou sur iTunes désormais).

 

6


Le rendu. On parle donc de moteur de rendu, le logiciel embarqué sur la liseuse (et donc forcément léger) pour l’ergonomie de ce que vous lisez. Principe essentiel : lorsqu’on imprime un livre papier, tout le monde voit ensuite la même chose. Quand on diffuse un epub, on diffuse une suite de codes qui seront interprétés de façon plus ou moins limitative par les appareils concernés. Nous travaillons (tous les éditeurs pure player) au dernier format de l’epub, le 3.0. Nous mettons le meilleur soin à pousser les frontières de l’epub (polices embarquées, couleur d’encre affinée, indentation et bords de paragraphes, inserts images et sons) en fonction du meilleur résultat possible sur l’ensemble des machines, et les baser en paramétrage par défaut sur un équilibre de consultation standard, en gros l’ergonomie du livre de poche. Il est sûr que chaque nouvelle version des liseuses accepte mieux les normes epub 3.0, mais on rame, avec ces messieurs les fabricants. Pour l’instant, iPad loin devant – que ça plaise ou non c’est comme ça –, notamment pour accepter les sons intégrés, et des tas de ces micro-enrichissements qui rendent la lecture confortable. Le Nook et (je crois) Kobo s’en tirent pas mal, un bon point aussi à la nouvelle Odyssey de Bookeen.

 

6 bis


Exemple, la césure. Pour un livre imprimé, on va pinailler manuellement le PDF, avec des tas de micro-réglages, un petit pour cent d’espacement des lettres en plus ou en moins sur telle fraction du texte, et les césures s’oublieront. En epub, c’est le grossissement du texte décidé par le lecteur qui déterminera l’affichage. Kindle ne césure pas, mais un de leurs brevets les plus protégés ça doit être la micro gestion des blancs pour qu’on ne s’aperçoive pas que le texte n’est pas césuré. Sur iPad, la machine appelle son dictionnaire pour savoir où couper dans les mots, c’est donc assez fruste, mais au moins on césure avec une régularité acceptable. Par contre, chez Apple, même si nous on a codé le contraire, incapables de respecter le principe élémentaire qu’on ne césure pas un titre de chapitre. On s’en tire de notre côté en les gardant en corps relativement petit, mais c’est typique de la préhistoire où on est encore. Idem, aucun d’eux pour savoir éviter les « veuves et orphelines », ces lignes seules d’un début ou fin de paragraphe interrompues par une tourne de page (ici, page écran).

 

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Ceci étant, il n’y a plus à hésiter. Tous ceux qui ont essayé vous le confirmeront : une fois passé à la liseuse ou tablette, on ne revient pas en arrière. Et on aura assez de lectures nouvelles, d’achats faits directement sur la liseuse, pour que le prix d’achat soit rentabilisé rapidement. Les machines sont agréables au toucher (exigez de comparer, dans les magasins elles sont souvent tristement sous vitrines, on dirait que les marchands ne savent toujours pas où les caser), et c’est affaire de feeling pour le positionnement des boutons, la facilité de navigation. Prenez le temps de jouer avec les menus : combien de clics pour aller à l’avant-dernier livre lu, ou revenir au menu bibliothèque. Là, évidemment, avantage au tactile, et – dans le tactile –, avantage à la tablette, suffit de voir un gosse de 3 ans s’approprier un iPad. A voir : comment on classe les livres, facilité à créer collections et répertoires.
- Kindle 4 : Amazon fait donc le break en lançant la 1ère machine à moins de 100 euros. Aucun problème, si vous avez un Kindle chez vous (force aussi d’Amazon : commande impulsive possible, le bousin est chez vous le surlendemain, port payé, à prix coûtant), vous vous en servirez. Transférer des articles piochés dans le web, des fichiers word à lire pour le boulot – par simple envoi à une adresse mail automatiquement liée à votre machine –, acheter et lire, en français ou dans l’immense bassin anglais, polars ou fictions, ou les classiques de publie.net, vous aurez vite l’habitude du petit machin basique et ultra-léger dans votre poche, pour le sortir dans le bus ou le métro, la sieste au soleil, ou dans la baignoire, une fois mis dans un petit sac Zip à surgelé. Mais vous en aurez pour votre argent et pas plus : machine à lire basiquement du texte basique. Et pas possible de lire le format epub. [2]
- Une bonne machine à tout faire : la Sony PRS-T1 : excellente pour succéder à la PRS-350, la petite Sony, robuste aussi, accepte epub, facilité à transférer textes depuis l’ordi. Mais trop basée sur Digital Edition, plutôt pour celles et ceux qui veulent lire pareil qu’ils achètent en librairie, des livres d’ailleurs quasi au même prix.
- Prometteuse : chez Bookeen, la nouvelle Odyssey s’annonce comme une option sérieuse, pour relayer le populaire Cybook Opus (à noter qu’on en trouve fréquemment dans les supermarchés liquidés à 70 ou 80 euros, pas hésiter dans ce cas).
- Et d’autres modèles, mais bon, on gagne à rester chez les grandes marques... Il semble acquis que désormais l’univers des liseuses à encre électronique se stabilise entre 100 et 200 euros, et donc savoir qu’entre Kindle et Odyssey vous avez l’écart du simple au double aussi pour la qualité de service rendu.

Après, c’est les tablettes, on y va.
- L’émergence d’une génération de tablettes à 250 euros : Archos avait ouvert le bal. Les amis qui disposent d’un Archos 101 s’en servent apparemment avec bonheur. Là, vous lirez les blogs et la presse aussi bien que vos livres. La navigation se fait à même l’écran, et l’epub commence à révéler sa souplesse, affichage avec accéléromètre, possibilité de lire la nuit sans lampe et sans fatigue avec éclairage minimum, possibilité de suivre son twitter ou son facebook, ou ses e-mails (et y répondre), à mesure qu’on avance dans son livre, et passer du livre au web derrière. Idem pour films et musique embarquée. C’est là que débarquent d’ici 1 mois 2 acteurs majeurs : le Kobo Vox, qui sera greffé sur le poumon Fnac, et le Kindle Fire. Si le reproche qu’on entend souvent faire à Apple (iPhone un peu trop petit, iPad un peu trop grand), est justifié, ceux-là tapent pile au milieu. Par contre, ne pas en attendre trop de services rédactionnels ou carnet de note.
- mention pour l’Asus Eepad Transformer, petit ordi Linux avec écran détachable qui devient tablette...
- l’iPad bien sûr. Autre gamme de prix, donc ne pas rapporter à l’usage livres uniquement, mais au prorata de l’utilisation globale, pro et privée. Ne sert même pas d’en parler, mais si on le voit partout c’est quand même pas qu’on est des consommateurs éblouis ou en-veau-tés. Juste que c’est un appareil d’immense réactivité, pas si fermé que ses détracteurs nous le répètent sans avoir essayé : on le branche sur le Mac par le petit cordon USB, on peut aussi l’envoyer sur un vidéo-proj par le même canal, ou échange via son Dropbox. Pour écrire, je recommande le surprenant Daedalus avec ses papiers qu’on trie en piles et exporte à volonté. Pas de problème à s’adapter au clavier tactile quand on en prend l’habitude, jeu permanent avec la connexion, ou bien sûr immersion bibliothèque. Si vous dites que la lecture vous fatigue sur iPad, c’est que vous n’avez pas pris le bon livre – tentez donc un Balzac de 4 heures et on en reparle. Ce n’est pas la lecture, qui fatigue : c’est que l’éditeur qui a mitonné l’epub a mal fait son boulot d’ergonomie. Et pour nous, atomisation des fichiers sons, sous-couches qui déploient des nuages de textes sous le texte principal, au moins on peut commencer d’inventer. Classement sur les fameuses étagères faux bois, mais on peut créer collections à volonté, trier, exporter les notes...

 

7 bis


Note bis spéciale pour les auteurs : encore vu, aux journées Gracq, auteur pourtant bien plus jeune que moi se dépatouiller (mal) de sorties imprimante A4 pour une lecture, feuilles mêlées, embrouillées. L’iPad pour nous c’est un outil de scène majeur et tout simple. Qu’on prépare le texte directement sur l’iPad via Pages ou PlainText, ou qu’on le prépare sur l’ordi avant de le transférer juste pour la scène (et même, merci D, un petit support orientable à visser sur pied micro), grossissement adaptable, tourne de page au clic marge, c’est l’outil idéal pour les situations en public, conf, lecture, perf. Mais bon, il n’y a qu’en France que ça ne sait pas. [3]

 

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- Pas parlé des téléphones : pas la peine, puisque tout le monde en a un – mais l’avez vous testé pour lire ? Sur Androïd, 2 logiciels, FBreader et Aldiko, plus l’app Kindle. Sur iPhone, penser à charger iBooks. Depuis màj iOs5, dans la barre des menus Safari, lorsque vous vous baladez sur le web, un bouton LECTEUR surgit, qui convertit le billet web et texte à ergonomie epub, bon indice de la frontière qui se déplace. Et testez, essayez, jouez de la lecture streaming, la petite liseuse en ligne Immatériel-fr a bien des surprises cachées.
- Pas parlé des logiciels. Sur Kindle, format Mobi propriétaire (avec ou sans DRM, ce n’est pas Amazon, c’est l’éditeur qui prescrit si oui ou non, comme il prescrit le prix), basique, et pas modifiable. Sur Apple, format epub (avec ou sans DRM idem), à lire sur iBooks malgré des trucs ridicules (les fausses pages et fausse tourne, quand la "tourne" Amazon est une simple translation), une suite d’options en sous-couche que vous découvrirez progressivement, facilité du glisser-déposer depuis l’ordi en posant sur la case iTunes où s’affiche l’iPad, et donc possibilité sur l’iPad de lire vos Amazon via l’app Kindle. Apparemment, fausse alerte quant au merveilleux Calibre, qui depuis 3 ans permet conversions, gestion de bibliothèque – Kovid Goyal continue... Pour créer soi-même ses epubs, l’incontournable Sigil, mais désormais bien mieux et plus simple : je recommande surtout découverte de Polifile un véritable outil d’édition personnelle en ligne pour l’epub), et c’est en même temps un vrai boulot qui ne s’improvise pas.
- Pas parlé des librairies, sauf celles (iTunes, Amazon, Fnac/Kobo, Bookeen) qui sont liées à la machine elle-même. Désormais c’est acquis, les catalogues des libraires numériques sont interconnectés via le hub Dilicom, à vous donc de choisir vos livrels depuis là où sont vos usages ou votre plaisir de lecteur : votre libraire de ville, une plateforme comme Immateriel ou ePagine ou FeedBooks ou le tout nouveau (et plein de ressources novatrices) ebooksurf.com, ou – si c’est un publie.net – directement sur notre site publie.net si envie [4]... Passez sur Amazon ou iTunes si vous voyez la mention Adobe Digital Edition, mais sinon pas de problème : vous retrouverez le texte acheté sur votre matériel, quel qu’il soit.
- Pas parlé des prix. Le monde lourdingue de l’édition traditionnelle vous tire dessus à la kalachnikov parce que vous diffusez sur iTunes et pas eux, mais 6 mois après ils y sont tous, ils vous déglinguent en privé parce que vous testez Amazon mais 4 mois après ils y sont tous, ils vous déglinguent parce que vous proposez des textes sans DRM à 3 euros mais etc... L’offre commerciale des livres électroniques ne saurait être calquée sur l’offre papier : l’accès à un fichier, ce n’est pas le transfert de possession d’un objet manufacturé. Si les dinosaures fixent leur prix par lobbying sur des critères tels que prix livre papier moins 20%, c’est uniquement pour leur trouille que le poche bascule en numérique, comme si ce n’était pas irréversible. D’autre part, ils n’ont toujours pas compris que l’intérêt du numérique, ce n’était pas d’installer quelques centaines de best-sellers ou daube à tout faire, mais de proposer les milliers de titres (déjà numérisés sur fonds public, à souligner, puisque les mêmes personnes se retrouvent partout aux commandes) qui constituent l’héritage de leur fonds. Ce n’est pas de votre faute s’ils sont bouchés (et tellement plus préoccupés de subventions, prix unique, piratageadopique et autres bureaucratopies), ne vous laissez pas arnaquer par des pdf ou epubs achetés au-delà de 10 euros, venez plutôt tester 3 publie.net de jeunes auteurs d’aujourd’hui pour le même prix !
- Pas parlé des endroits où comparer, essayer et acheter tablettes et liseuses, mais tâchez plutôt de mobiliser vos amis pour qu’ils vous fassent essayer leur propre appareil. Surtout, je recommande eBouquin, pour ses tests et analyses. Quant à l’iPad, n’importe où qu’il soit en démonstration : cliquer iBooks dans le menu principal.

 

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Fin sur droit à l’erreur : savoir que désormais, si on achète une liseuse ou une tablette et qu’on veut migrer vers une autre, on trouvera facilement à la revendre d’occasion (penser à déconnecter les comptes d’achat, c’est tout). On peut y aller, par contre, feu vert massif, et même pour le Kindle ultra-basique à 99 euros, côté Solex et non Harley... De même que oui, l’iPad est un véritable ordi de secours, mais dans le train ou sur le canapé, un outil formidable pour le boulot perso ou la lecture aussi bien web que vidéo et bien sûr livres, plus l’usage pro qui en découle très très vite en permanence.

 





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écrit ou proposé par : _ François Bon

Licence Creative Commons
Site sous licence Creative Commons BY-NC-SA.
1ère mise en ligne 22 octobre 2011 et dernière modification le 18 décembre 2011.
Merci aux 39277 visiteurs qui ont consacré 1 minute au moins à cette page.

[1Nota : ce billet vient après quelques discussions récentes, notamment une intervention commune avec Hervé Le Crosnier à l’IUT Métiers du Livre de La Roche/Yon, à l’invitation d’Olivier Ertzscheid, et doit donc à notre dialogue.

[2Nota : pas besoin d’acheter adaptateur secteur en supplément (pour la plupart des autres non plus), on branche de temps en temps sur la prise USB de l’ordi pour recharge.

[3Ajout pour les auteurs publie.net de passage : vous ai recommandé avant-hier de vous inscrire au programme "Partenaire" qu’on trouve en bas de la page d’accueil d’Amazon.fr. Quelques remarques :
- nous n’avons pas à privilégier une plateforme, quelle qu’elle soit. Notre seule tâche, enfin côté éditeur, c’est de veiller au meilleur et plus simple accès possible depuis l’ensemble des usages, donc pas Amazon plus qu’un autre (s’il y avait un plus, ce serait du côté d’ePagine et d’eBookSurf où la librairie s’accompagne d’un vrai travail de recommandation).
- mais nous devenons, nous auteurs, un vecteur essentiel de cette recommandation, si nous permettons à nos blogs d’être un relais ultra-simple vers les usages déjà existants de nos visiteurs. Dès qu’Apple proposera le même genre d’outil (un widget "acheter sur iTunes" où nous n’aurions qu’à indiquer la référence des livrels proposés), nous le ferons. Idem avec Fnac ou ePagine. Ou si nous acquérons la capacité de proposer nous-mêmes ce type de widget (c’est compliqué).
- on n’en attend pas lucre et commission. Mais bien noter que les ventes "Partenaire" sont défalquées de la commission globale Amazon, et la rémunération obtenue s’ajoutera de façon indépendante aux reversements publie.net – idem d’ailleurs pour vos livres papier.
- être conscient du côté encore microscopique de notre diffusion : insérer dans vos blogs un widget (voir leur "carrousel" ci-dessous) c’est tout simplement détourner l’outil proposé par Amazon pour valoriser nos créations livrels, et en rendre l’achat découverte one clic possible.... Tout ça est évolutif, et possible aussi recommander au même endroit le libraire numérique vers lequel vous incitez à l’achat (ePagine, ou la page publie.net directe), mais quand enfin on aperçoit un vecteur de développement simple et massif de la lecture numérique, allez-y, faites...

[4Pour chaque téléchargement, nous proposons une offre multi-formats PDF + epub + Mobi/Kindle + lecture streaming – chez nos revendeurs, ou pour les autres éditeurs, vérifiez si cette politesse élémentaire est bien respectée...




Messages

  • Pas un mot sur le format propriétaire d’Amazon, on croit rêver !

    • rêve, mon Aldus, mais tu ferais mieux de relire, non ?

    • Justement j’ai relu en détail. Focalisation sur DRM Adobe (les vilains Adobe), quelques mots sur les DRM Amazon (les vilains éditeurs), pas un un mot sur les DRM Apple... Ta partialité sur le sujet fait peine à voir. On règle LE PROBLEME du format propriétaire Amazon en huit mots "Et pas possible de lire le format epub". Allez, emballez, c’est pesé...

    • choses qui sont de plus en plus indifférentes aux usagers – ma position d’éditeur c’est d’assurer l’interopérabilité par le multi-formats, et après à chacun de choisir

      de notre côté, c’est exactement le même fichier, le même travail sur le texte, ensuite c’est juste affaire de moulinette

      et tu sais parfaitement, on en a parlé hier soir, que ni Apple ni Amazon ne contraignent l’éditeur à DRMiser les fichiers proposés sur leurs plateformes respectives

      quant à Apple, quelle haine irrationnelle (pour ça qu’il a 20 articles à la gloire du Kindle ces 2 dernières semaines sur ton blog ?), mais pour nos epubs "Hors Collection" insérant du son et navigation graphique, il n’y a que l’iPad qui propose lecture complète

      pour ça le début de ce billet, sur le fait que tout commence par facilité d’usage et plaisir qu’on en tire !

    • et sur mon iPad, aucun pb à lire les polars amerlocs achetés sur amazon.com via l’app Kindle, et repasser à iBooks pour lire un epub de NumerikLivres – par contre usage assez intensif de mon Kindle pour les articles et fichiers word (y compris étudiants) que je lui balance via l’adresse ...@kindle.com

      • Que tu proposes l’interopérabilité pour toutes les plateformes, aucun souci bien entendu, Publienet partout, formidable. Ce que je regrette c’est ton prosélytisme envers Apple et maintenant Amazon. Ils ont décidément trouvé un VRP de luxe.
    • ben si tu me trouves une tablette boulot-lecture plus polyvalente que l’iPad et qui en plus respecterait nos fichiers son, bien volontiers...

      en attendant, importance aussi pour nous de scruter avec un peu de précision ce qui est la première "liberté" pour la lecture : que nos textes soient diffusés avec résultat

      un peu de pragmatisme fait pas de mal, et pense à photographier la tête de M Editis et de M Hachette ou de M Gallimard quand t’iras leur faire, ce dont je ne doute point, les mêmes remarques :-)

    • "choses qui sont de plus en plus indifférentes aux usagers – ma position d’éditeur c’est d’assurer l’interopérabilité par le multi-formats, et après à chacun de choisir"

      hehe :)

      Ce n’est pas de l’interopérabilité que tu proposes mais le contraire.
      L’interopérabilité est un format unique standard que les développeurs de logiciels implémentent tous. le producteur n’ayant alors à produire qu’une seule version.

    • je te l’accorde, et bien sûr personne pour ne pas souhaiter une telle avancée

      la discussion de fond, puisque certains forums ont réagi pas très amicalement à ce billet, c’est qu’en tant qu’éditeur numérique nous avons le devoir d’être présents sur l’ensemble des canaux, donc y compris via ces formats verrouillés

      et ça rebondit sur le monde des "apps" : dans l’usage quotidien, il ne me gêne pas de passer sur l’app Le Monde ou l’app Libé pour lire les journaux, de même que je passe de Daedalus à iBooks selon que j’écris ou que je lis (je parle de mon usage iPad)

    • Oui offrir une multiplicité de solutions afin de maximiser

      • l’accès des utilisateurs _* « le profit »

      est une stratégie possible pour l’éditeur. Je pense que les réactions sont fortes car pour certaines personnes, le débat ou l’enjeu se situe sur la lutte pour les formats ouverts afin de favoriser un écosystème libre. C’est peut-être la résistance que tu rencontres. Et puis comme nous avons tous à gérer nos ambiguités. J’utilise Mac OS X plutôt qu’une version de linux par exemple. Ou encore mon penchant écologique se trouve confronté à mon utilisation bien trop grande de l’avion. etc.

      Peut-être le reproche principal est le manque de clarté sur la réalité de chacun des choix. La maximisation de l’offre est le terme exact plutôt que celui de l’interopérabilité. De même l’exploration d’outil comme l’ipad est l’utilisation d’une plateforme fermée (comme l’ipad) pour créer de nouvelles interactions. Note que dans ma pratique personnelle, j’ai beaucoup plus d’enjeux avec cela. Nombre de sites Web sont incompatibles avec les navigateurs qui ne sont pas webkit (chrome, safari) car ils utilisent des propriétés propres de ces navigateurs et sont justement peu/pas interopérables.

      La réponse simple à faire à tes détracteurs est : La version universelle de contenu XXXXX, accessible pour tous les outils, est disponible avec le lien qui va bien.

      L’enfer c’est les autres :)

    • Oui c’est vrai que c’est plutot chouette qu’Amazon n’ai pas limité l’utilisation des se ebooks au Kindle car Il y a beaucoup de gens qui on d’autres tablettes et qui ne voient pas l’interet d’acheter un kindle en plus

      Voir en ligne : Kindle

  • Super article François. Tout y est. Moi, je lis sur Kindle (3G) et j’en suis contente. Confort de lecture, immense bibliothèque de classique à 0,00 € et ce qui m’a emballée c’est de pouvoir acheter des livres où que je sois grâce au 3G bien sûr. Je l’ai acheté directement lors de mon voyage aux USA.
    "Pas parlé des prix. Le monde lourdingue de l’édition traditionnelle…" tout à fait d’accord avec ce que tu dis là ! Incroyable que les éditeurs offrent des livres numériques d’ouvrages contemporains à 18 € et plus !!!
    Par ailleurs, je me demande si lorsque tu as acheté un Kindle en France tu peux passer par Amazon.com au lui de Amazon.fr pour acheter tes e.books.
    Bon, je te lis avec plaisir, toujours.
    Bonne journée,
    Murielle (Amsterdam)

    • c’est une question peut-être inutile, je verrai bien puisque j’essaierai, mais e-books achetés sur Amazone : ils sont en format e-pub, n’est ce pas ? on peut les lire sur un autre support que le Kindle ? Sony reader par ex ?

      Rien de + vrai que ceci : "Tous ceux qui ont essayé vous le confirmeront : une fois passé à la liseuse ou tablette, on ne revient pas en arrière."

      merci !

      Marie

    • non, Marie, et c’est le point sur lequel on discutait avec Hervé/Aldus : Amazon impose l’usage d’une version primitive de l’epub, "Mobi"

      "Mobipocket" est un format inventé par une équipe française, il y a quelques années, et Amazon avait préféré acheter carrément leur boîte pour disposer ainsi de son propre format

      les fichiers achetés sur Amazon ne seront lisibles que via l"application Kindle (qu’il faut charger sur ses différents appareils), et inversement le Kindle refuse de lire les fichiers epub

      Amazon a annoncé évoluer bientôt vers un format html5 dit "Kindle8" mais conservant son système de verrous

      cette "fermeture" de leur système est d’évidence une option d’abord politique agressive et à tendance monopolistique

      on assiste à une sorte de combat de géants, alors que l’enjeu immédiat c’est l’accès au plus fragile : nos textes

    • merci François, j’avais eu du mal à suivre
      pour l’instant je choisis sur Publie.net, donc !
      est-ce compliqué de charger l’application kindle ?
      ou... cher ?
      je regarde tout de suite !
      de toute façon, tout ça va bouger
      forcément

      à bien vite

    • on peut se procurer le livrel souhaité chez l’ensemble des revendeurs, Fnac, iTunes, Amazon, BooKeen, ePagine et affiliés

      si on l’achète directement sur publie.net, on a l’ensemble des formats, sans verrou (DRM), et on choisit ce qui convient le mieux à son mode de lecture, ordi, liseuse, iPad

      si on l’achète chez Fnac, FeedBooks, Bookeen, ePagine, on n’aura que le format epub (sans verrou), à glisser ensuite dans liseuse, iPad etc

      si on l’achète directement sur iTunes, on aura l’epub lisible sur ses appareils Apple et seulement ceux-ci

      si on l’achète chez Amazon, il est au format "propriétaire" Amazon ("Mobi") à lire donc sur Kindle, ou bien (pas seulement les publie.net, mais n’importe quel livrel acheté Amazon), à lire sur ses autres appareils (iPad ou tablettes Archos, Samsung etc, iPhone ou tél Androïd, mais pas les liseuses type Sony), en chargant préalablement une "app" gratuite, qui permettra l’affichage de ses achats Amazon

      qu’est-ce qu’on aimerait que ce soit plus simple ! – mais pour l’instant bien obligés de faire avec...

    • Et il n’y a que sur publie.net qu’il y a l’abonnement, non ? Ce qui reste la voie préférée pour se promener et piocher dans les livres.

    • oui, et c’est bien dommage – Amazon risque là encore d’emporter le morceau si c’est eux qui proposent (ils le font déjà aux US) formule d’abonnement les premiers – plus ou moins évoqué côté iTunes mais rien à l’horizon pour l’instant... quant aux libraires indé, on dirait que c’est comme si on leur parlait chinois...

    • Bonjour.

      Très intéressant billet, et bons commentaires, qui permettent d’élargir le débat sur un sujet qui en vaut la peine.
      De notre côté, les bibliothèques publiques essaient de coller au mouvement, de façon plus ou moins organisée et volontariste.
      Et les animateurs multimédia d’Espaces de Pratiques Numériques(dont je fais partie) tentent d’aider.

      Voir en ligne : Lecture et TICE

  • Merci pour cette synthèse pertinente et vitaminée. Il y a parfois de quoi se perdre et les empreintes de pionniers sont à suivre. Se perdre pour mieux s’y retrouver donc ! Je ne vais pas l’instapaper comme JFG mais la perler afin qu’elle figure sur mon Pearltrees.

    • Un livre n’est pas une marchandise comme une autre...
      Voila pourquoi, une liseuse non plus...

      Si avec le Kindle on ne peut pas lire un document au format e-pub, ce n’est pas une liseuse, il ne faut pas le conseiller dans un article qui fait le point sur le sujet !!! De même qu’un document avec DRM n’est plus tout à fait un document...
      Derrière l’iPad, ou derrière le Kindle, il y a les projets d’Apple ou d’Amazon, qui ne sont d’ailleurs pas réductibles à des offensives commerciales.

      Il faut considérer tout autrement ces objets techniques, Aldus a tout à fait raison d’y penser avec inquiétude.

    • je ne recommande rien, je fais le point

      dire qu’avec le Kindle on ne pratique pas la lecture numérique, ah ben zut : je fais quoi quand je passe 3 h dedans à lire ?

      à chacun de définir comment et sur quoi il veut lire, il y a bien d’autres marques aussi de liseuses, et la Sony un excellent outil je le dis, nous notre boulot c’est d’être accessible sur tous

      pas possible pour nous de minorer, comme Aldus, l’arrivée d’une tablette basique, à format propriétaire, mais susceptible par son prix de donner enfin une dynamique à un mode de lecture jusqu’ici embryonnaire, et l’importance que ça peut avoir pour les auteurs

  • Je complète (et ne polémique pas…)

    Sur androïd (merci de l’écrire ainsi, entre deux), on a aussi à tester :

    — moon reader (avec version gratuite et pro)

    — mantano grosse usine à gaz à suivre (version spécifique tablettes, prises de notes, dessins, surlignage, lecture voix (comme aldiko et fbreader)). Version d’essai rapidement payante.

    — cool reader (quel nom…) je viens de découvrir mais très (très) nombreux réglages, avec mode 2 pages, dictionnaire de coupure de mots, le crénage des polices… sans doute le plus complet que j’ai pu trouver. Mais la navigation catalogue est vraiment moche…

    — pleins d’autres qui apparaissent sans cesse… suivre les liens recommandés sur le market, dont appli kindle, nook, etc.

    — je ne retrouve plus lequel mais un d’entre eux dispose d’un mode « défilement automatique », avec réglage de la vitesse très efficace et pratique, j’avais exploré cette possibilité il y trop longtemps, pour lecture de « vers l’ouest » de Mahigan.

    Pourtant de toutes ces applis deux seulement (la liseuse d’asus et cool reader) propose un mode « codex » (deux pages) quasi-indispensable à mon sens pour lecture confortable sur tablette 10″ en 16:9

    Le géant en retard, c’est Google. Google book est très prometteur pour une chose : la synchronisation de la lecture entre tous les appareils (mac annonce la même chose via icloud me semble, tu as un retour, François ?).
    Je pense que c’est un vrai plus et j’aimerais beaucoup commencer lecture sur tablette, poursuivre sur téléphone et retrouver notes sur ordi… Sauf qu’à part ça google book ne propose rien, on ne peut pas importer ses fichiers, accès à catalogue google uniquement, peu de réglages, c’est misérable mais nul doute qu’ils ont des projets dans les cartons…

    Ce que je trouve notable c’est l’importance que prennent les téléphones, en particulier androïd puisqu’il y a une course à la taille de l’écran qui les rendent de plus en plus proche du format poche (bon c’est peut-être une réflexion de lecteur du métro…). Le dernier téléphone google annoncé la semaine dernière a une résolution de 1280x720 dans 6,5″ (ça donne un coup de vieux). Se pencher aussi sur les tablettes 7″, que je trouve très adaptée à la lecture (plus que la 10″) pour le format comme pour le poids.

    Voilà, désolé du bouillon, et je veux bien retours sur essai icloud pour la synchro de la lecture.

    Voir en ligne : soubresauts.net

    • J’ajoute — et c’est usage quotidien pour moi.

      —  News Rob lecteur de flux rss en synchro double sens avec google reader. Synchro automatique (interdiction de la 3G possible) à intervalles réguliers et réglables pour lecture hors ligne (merci pour le métro). On espère qu’il marchera aussi bien avec la refonte attendue, nécessaire et annoncée pour la semaine prochaine de google reader ;

      — la fonction « read » de ios5 a été annoncée dans android 4 sorti la semaine passée. En attendant read it later fait ça super bien, avec en plus synchro entre les appareils et les ordis, accessible partout pour sous androïd depuis le menu « partager » (dispo sous ios également).

    • Pour la liste des appareils, la page wikipedia en a quelques uns qui ne demande qu’à être mise à jour.

  • Une petite précision sur la DRM Fairplay d’Apple car ce qui est écrit dans ce billet est inexact. La limitation n’est pas de 5 appareils mais de 5 ordinateurs, le nombre d’iPads, iPhones ou iPods Touch autorisés étant lui illimité. Il est donc très rare d’atteindre la limite, d’autant plus que une fois par an vous pouvez faire un "reset" des 5 ordinateurs et d’en autoriser 5 nouveaux (les précédents perdant évidemment leurs droits).

    Et je précise, car j’ai découvert récemment que ce n’était pas clair pour de nombreux éditeurs, que la DRM est optionnelle. C’est l’éditeur qui choisit d’en mettre une (ou pas) sur leurs livres. Sachant qu’il est tout à fait possible d’avoir une partie de son catalogue avec DRM et une autre sans, le choix se faisant livre par livre, ce qui permet de répondre aux attentes des auteurs (s’ils ont leur mot à dire).

    Amitiés,

    François G

    • grand merci pour ces 2 précisions, cher François

      le DRM optionnel (idem pour Kindle), c’était clair dans mon billet mais vrai que peu de gens s’en rendent compte

      pour la limite des 5 appareils, ayant moi-même à pas mal jongler entre les miens, je ne savais pas que iPad et iPhone n’étaient pas décomptés

      merci en tout cas de la visite !

  • Juste un petit point concernant Amazon et les DRMs : Sur la boutique Kindle France actuelle, il n’y a pas de moyen de déterminer à l’avance si un livre est sous DRMs ou non. Ça rend un peu plus difficile l’anti-achat "militant". :(

    • faire pression sur eux pour qu’ils l’indiquent (ai pas vérifié sur iTunes si c’était mentionné ou pas)

      en tout cas, côté éditeur, même processus que celui mentionné par François G pour Apple : au moment où on crée l’ISBN Kindle et l’ISBN iTunes, on spécifie le format, Mobi et epub (les mêmes qui sont en vente directe sans DRM sur note site publie.net, je le rappelle) et on coche l’option DRM ou "aucun DRM")

    • j’assume mes manques : jamais supporté les appareils Samsung, me suis toujours perdu dans leur philosophie des boutons, et connais pas d’utilisateurs dans mes proches

      je répète : seul message du billet ci-dessus, ne pas hésiter à s’équiper liseuse ou tablette, à chacun choix selon affinité, je souhaitais juste donner le "paysage" de la décision

    • Message compris : je vais succomber. Merci !

  • merci François
    pour donner envie et aussi pour assumer tes choix personnels, qui justement guidé par deux côtés du domaine, usager et éditeur, diffuseur.
    Quant à moi, il est urgent d’attendre, comme je ne sens pas un besoin urgent pour m’équiper (le suis dans un certain sens avec l’iphone - bien que ne lisant pas de livres là-dessus), j’observe plutôt dans quel sens cela évolue - la guerre des formats et des DRM, des prix également.
    Il est vrai que ni Apple, ni Amazon obligent de mettre de diffuser avec DRM - mais leurs promesses et offres vont dans ce sens.
    Pleins d’éditeurs et de médias rêvent de finir avec le "tout gratuit" (qui d’ailleurs n’a jamais existé comme on le fustige) et de lier leur public à eux par de nombreuses entraves.
    C’est peut-être même une tendance générale de tous ceux qui profitent commercialement de l’internet - créer plusieurs options de marché - pour les pauvres et pour les plus payants (qui auront du coup aussi le droit de recevoir des contenus en exclusivité), le capitalisme, quoi.
    En gros, ma philosophie : ne jamais se rendre dépendant d’un seul support, d’un seul lieu de stockage - il est vrai que les livres sont lourds, encombrants, etc., mais les bibliothèques brûlent bien moins souvent que les disques durs rendent l’âme.

    Bon dimanche à toi (ton chargeur est arrivé chez moi maintenant)
    Martin

    Voir en ligne : Bruits de langues

    • comme tu le dis, on est même dépendant des chargeurs (et merci me l’avoir mis au frais)

      c’est une question de fond que tu soulèves, que je vis difficilement, et toujours dans le doute : mon plaisir, c’est le site, l’intervention web elle-même

      c’est une double question, à la fois symbolique et économique

      - symbolique : sans cette validation par un circuit marchand, nos meilleures interventions web nous laissent sur le carreau dans un système entièrement basé sur les hiérarchies de l’imprimé – en nous affirmant comme éditeur, on met le pied dans la porte
      - économique : je peux m’accommoder, sur mes petits revenus d’auteurs (et de vacataire intérimaire à la fac de Poitiers) de payer mon hébergement ovh pour mon site, et le Mac qui me sert de boîte à outils – mais pour intervenir dans la danse du livre numérique les investissements sont tout autres, rémunération moins du matériel et logiciel que des gens qui bossent, les Immat pour l’infrastructure, Gwen mon chef de personnel graphique codeur conseilleur fabricateur imprimeur

      c’est bien souvent que je me demande ce que je suis venu faire dans cette galère, avec toutes les peaux de bananes et les coups d’épingle

      en même temps désaccord de fond avec toi : ce qu’on fait avec le livre numérique, dès à présent, n’existerait pas si on ne faisait pas

      tu peux avoir la plus belle bibliothèque du monde, tu n’y liras pas les Claude Favre que nous diffusons

      et quand je pense à ça, ben ça m’aide à reprendre la route droit devant, quand bien même les meilleurs copains disent, comme Gallimard et les autres, qu’il est "urgent d’attendre" – NOTA : me permettrais pas de dire ça à autre que toi, et si je ne savais pas ce que tu fais sur le terrain au quotidien, puisque c’est évidemment l’essentiel

    • Et ma réponse à tout cela est « vive le Web » ;) Quand je lis tous les commentaires de ce billet. À chaque fois, ma petite phrase dans la tête est… « bah il suffit de le rendre accessible en html + css sur le Web » Beaucoup plus d’universalités, de libertés, etc pour le lecteur. C’est là je pense que je me démarque de la démarche du livre numérique que je trouve parfois inadéquate.

    • c’est l’autre versant de la question, Karl, et on suit évidemment des routes distinctes sur ce point

      je ne vois pas le "livre numérique" comme un à-côté du web, mais comme un geste d’éditorialistion d’un fragment de web

      nos 2 sites respectifs doivent totaliser 20 ans de travail (en ajoutant !) et 7000 billets : le web ne sait produire sa lisibilité à échelle de sa propre arborescence

      ce que je nomme "livre numérique" c’est
      - 1, un fragment reconstruit, fermé sans frontière (notion admissible en astrophysique : "l’univers est un objet fermé sans bord ni frontière", S Hawking)
      - 2, pour lequel on a proposé un système spécifique de navigation complexe, réservé à son contenu, mais en proposant une (ou un ensemble de) circulations permettant de s’en approprier le contenu
      - 3, capable de se séparer du site source, et de se constituer comme relation intime et individuée avec le lecteur qui l’a transporté dans son propre écosystème d’usage

      je n’accorde pas de valeur particulière à la notion de "livre numérique", sinon en tant qu’artefact nous permettant de négocier intérieurement avec notre idée héritée du livre, dans un ensemble (le web) où elle n’a plus sens et qui la remplace, MAIS cette notion, ci-dessus uniquement liée à notre présent de transition, définirait un objet intermédiaire (étymologiquement aussi : inter-media) qui serait ce geste même d’éditorialiser un fragment complexe de web, que le web ne peut produire de lui-même comme navigation "orientée", ou accompagnée des tenseurs qui la "produisent" comme lecture

      évidemment tout ça comme question, mais vraiment au plus central du central (et rien de possible sans l’appel d’air permanent du web libre, ce qu’on doit notamment à la grange

    • bien sûr, François, je ne me trouve pas (encore) dans la même situation - étant simple usager, qui apprecie tout le travail de pionnier que des enthousiastes comme toi faites pour nous autres spectateurs. (ce nous est même très artificiel, car il y a autant de visées et de vies derrière - entre les sceptiques et les saute-sur-tous-les-trains)
      Je m’imagine que la douleur dans laquelle j’avance déjà comme simple usager (comment trier, comment garder, etc.) doit se multiplier dans ta position, bien plus exposée aux paradoxes de cette situation.
      Et tu as raison que de plus en plus d’auteurs n’existeront pas autrement - sans ce support, qui augmente encore toutes les craintes au sujet de la fragilité de tout cela.
      Enfin, cet "urgent d’attendre" ne peut pas valoir pour toi, je ne lai pas dit dans cette intention, tu as raison de l’expliciter, mais uniquement pour quelqu’un comme moi, qui ne se voit pas (pour le moment en tout cas) d’investir dans liseuse, ou autre iPad, car je peux facilement combler ce trou, s’il y en a un, par mes appareils aussi fragiles que ceux évoqués nommément dans ton article, à savoir, ordinateurs (bureau, portable), iPhone, disques dur, serveurs et aussi bibliothèque papier.
      Je verrais certainement les choses différemment, une fois plongé dans la réédition de l’Esthétique de la résistance, qui n’existera guère autrement que de façon numérique.
      Je ne sais pas, multiplier, l’incertitude va plutôt augmenter que diminuer, les pieds de nez à ceux qui voudront toujours dominer les modèles économiques, anciens ou émergents.
      En tout cas, tu ne manques pas de courage, et je soutiendrai partout et comme je peux, mon ami

    • @Karl

      Mais alors, dans ta vision des choses (note que j’ai tendance à être totalement de ton avis), un auteur qui voudrait créer un espace littéraire « clos »¹ pour son texte doit créer un site ? Peut-être faudrait-il plutôt dire un espace littéraire « unique », « fini » ?

      Toujours est-il que l’epub n’est-il pas, justement, cet espace web « unique » servant de conteneur à un html+css porteur de ce que veut dire l’auteur ?

      L’epub est-il si loin du site à partir du moment où, comme icloud et google book le proposent, il y a une synchro « dans le nuage » ?

      Les rumeurs annoncent une nouveauté pour google music qui consisterait à pouvoir « prêter » une œuvre contenue dans sa bibliothèque propre au voisin (pour un temps limité…). C’est encore très privateur, mais j’y vois le fait qu’on s’éloigne encore de l’objet « œuvre », unique et enfermée dans une machine, pour s’approcher de ce qu’est le web : un espace sur serveur sur lequel on va chercher ce que l’on souhaite.

      Passer par l’epub pour le moment me semble être le moyen le plus sur d’avancer, et se battre pour son format ouvert…

      [1] avec tous les liens et l’ouverture avec lequel on peut entendre « clos » dans le contexte du numérique…

    • Cette notion d’entité close non isolée me semble capitale. Le web, c’est un peu comme lire cinquante livres à la fois : jour après jour on lit les nouveaux articles des sites qui nous sont chers, et tout s’accumule et se mélange dans le flux continuel du net, souvent interrompu par les tweets et les mails. Le cerveau n’a pas le même mode de fonctionnement lorsqu’il se réserve une période pour s’investir dans un monde entier, fini, qu’il sait avoir entièrement sous les yeux.

      Je préfère pour ma part lire le journal d’Eric Chevillard sous sa forme publiée chaque année. Mais il est vrai que j’adorerais pouvoir profiter quotidiennement de la prose de Jacques Roubaud dans son ’never ending’ Grand Incendie de Londres.

    • Une petite réflexion de geek en passant :

      Lorsque je lis cette description du livre, je ne peux m’empêcher de penser aux DCVS (Distributed Concurrent Versions System) utilisés pour publier/versionner du code.

      Avec la popularité des interfaces web à ces systèmes, encourageant les interactions et enrichissements (GitHub, BitBucket, etc), on n’est finalement pas loin de ce qui pourrait constituer une alternative ouverte à la publication d’œuvres, ainsi qu’à leur annotation (collective).

  • Petite précision concernant l’Eee Pad Transformer. Il s’agit plutôt d’une tablette Android, pouvant se transformer en ordinateur par l’ajout d’un clavier. Elle est mue par Honeycomb 3.2 et est en ce point tout à fait semblable aux tablettes Iconia d’Acer et Galaxy Tab de Samsung.

    Ces tablettes sont d’excellentes alternatives à l’Ipad, même si aucune n’offre un écosystème comparable. L’offre logicielle pour la lecture d’ebook est très complète et la qualité d’écran tout à fait remarquable (écran IPS similaire à celui du Ipad dans le cas de la Transformer). Dernier point, très important également, la durée de charge de la pile est de près de 10 heures. Pas aussi bien que le Ipad, mais pas loin.

    • connais au moins 2 utilisateurs de cette machine (dont Pierre Mounier, de hypotheses.org) et qui ont l’air vraiment heureuses avec

      merci de ces précisions

    • Et Asus a été le premier constructeur a annoncer le passage de cette tablette à Ice Cream Sandwich (aka android 4.0) qui semble une vrai avancée du système.

      Question passage sur ordinateur je suis « soufflé » que mac™ n’ai pas encore son logiciel de lecture de livre numérique sur OsX. Donc pas de synchro via icloud.

    • encore un truc parfaitement incompréhensible de la part d’Apple, alors que l’app Store est intégrée dans Lion : le MacAir m’accompagne partout, c’est mon carnet d’écriture/lecture, et il m’arrive souvent d’y ouvrir l’app Kindle, parce que les bouquins qu’on achète c’est aussi pour travailler dessus, mais mais pas moyen de disposer d’iBooks...

  • Une liseuse était un petit vêtement de laine que ma grand mère jetait sur ses épaules pour lire au chaud au coin du feu. La liseuse était tricotée ou crochetée, le plus souvent de couleur pastel et reposante. Ma grand mère savait par coeur "Les trois mousquetaires". Elle adorait les romans de cape et d’épée. Par extension, mais par extension seulement, la petite lampe de chevet ou jouxtant le fauteuil (et qui éclaire la page du livre) s’appelle aussi liseuse ou lampe liseuse. Notez Le livre, mais La liseuse.

  • En 1987 je produisis L’hallali d’Un Drame Musical Instantané, un des premiers CD-audio en France, parfaitement adapté à de la musique "contemporaine" (j’y mets des guillemets alors que sa nature non-académique devrait m’en dispenser). Le silence du numérique, sans frottement de surface, et son bruit de 0 et de 1 suscitèrent la pièce Une passion dévorante que nous n’aurions jamais composée autrement. Les journalistes me remerciaient gentiment, désolés de n’avoir pas encore le matériel pour l’écouter. Un an plus tard les CD avaient remplacé les vinyles, ce qui n’était pas forcément génial, chaque support possédant ses avantages et ses inconvénients.

    En 1999 lorsque nous avons créé le CD-Rom Alphabet de nombreuses personnes ont eu envie d’acquérir un ordinateur pour pouvoir jouer avec. Enfin une œuvre qui plaisait aussi aux filles et qui ne s’encombrait pas de limites d’âge, en amont comme en aval. Le contenu fit vendre le support. Seuls les fabricants de hardware profitèrent de l’aubaine qu’apportaient ces objets rêvés, les sociétés d’auteurs ne sachant pas leur imposer d’apporter leur obole ! On en est toujours au même point.

    Aujourd’hui publie.net m’offre d’inventer un nouvel objet, littéraire cette fois, mais audiovisuel toujours. Le roman La corde à linge peut se lire sur toutes les liseuses. Pourtant les photographies qui font partie intégrante du récit (l’image qui commence chaque nouvel épisode provoque le texte qui la suit, qui à son tour suscite celle du suivant) sont en couleurs. Sur toutes les liseuses, disais-je, mais, pour l’instant, seul l’iPad permet de jouir des sons qui accompagnent ou ponctuent la lecture (80 minutes de musique pour la plupart inédite, d’ambiances sonores et d’effets ponctuels). Des petits "players" sont disséminés dans le texte ; à chacun de les déclencher ou pas, comme il l’entend. Certains passages agissent tels des pauses musicales prenant le relais sur le texte proprement dit. Le plaisir du livre de lire à son rythme est préservé. Les amateurs de miniatures peuvent également profiter de cette version augmentée sur un iPhone (c’est mon cas).

    À savourer confortablement sur l’iPad de ma compagne les productions Hors Collection de publie.net réalisées par mes confrères et consœurs je comprends qu’un de ces jours le contenu va générer l’achat d’un nouvel objet de consommation. Qu’il soit de culture fait passer la pilule de son coût. Je pourrai en profiter allongé en attendant une version amphibie qui sera beaucoup plus adaptée à ma pratique. Si l’iPad est l’idéal à mes yeux d’auteur, il est néanmoins plus cher qu’une liseuse à encre numérique. Il a néanmoins l’avantage de posséder mille autres qualités qui le rangent au rayon des couteaux suisses, objet insurpassable que je découvris à huit ans.

    Voir en ligne : http://www.drame.org/blog/index.php...

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  • Merci pour votre article, qui me donne réellement envie de me mettre au livre numérique, alors que j’étais jusque là assez réfractaire à l’idée (et puis je crains aussi d’adopter en réalité la même position que les réactionnaires qui se sont opposés à l’imprimerie).

    J’aurais une petite question à ceux qui pratiquent déjà le livre numérique – je redoute qu’elle ne soit pas très intelligente, ni très nouvelle, mais tant pis. L’argument qui est pour moi le plus efficace est l’idée de pouvoir toujours avoir avec soi sa bibliothèque. Me trouvant en ce moment même à l’étranger, dans une ville qui ne dispose pas de tous les classiques de la littérature française – et même si je devrais bien entendu lire les classiques du pays dans lequel je me trouve –, et n’ayant pas pu emporter tous mes livres, je suis assez séduit par la perspective de pouvoir malgré tout relire un passage de n’importe quel auteur français si l’envie m’en prend (ce serait mon équivalent personnel du « mal du pays »). Je me demandais donc s’il existait des éditions numériques des grandes œuvres littéraires qui soient dotées d’un appareil critique ? Avec préface, notes, éventuellement annotations philologiques, etc. Le catalogue de publie.net, que j’ai consulté pour répondre à cette question, ne le précise pas.

    Merci d’avance pour toute réponse !

    • réponse claire : le monde universitaire des "Lettres" méprise – ou ignore, ou incompète – beaucoup trop massivement l’espace numérique pour se préoccuper de nous donner du matériau qui aille en ce sens

      nous avons plusieurs projets, sur Mallarmé, sur Jarry, et quand même quelques essais, sur Blanchot, Quignard, Guyotat, mais nous n’avançons qu’avec nos recettes propres

      en restant donc centrés sur création contemporaine – ce qui laisse quand même pas mal de découvertes possibles, j’espère !

    • Personnellement, c’est ce qui m’arrête, moi, c’est l’absence d’appareil critique pour les ouvrages classiques. On trouve souvent cet argument en faveur du numérique - "on a accès à tous les classiques".
      Je fais partie de ces lecteurs ayant encore des lectures très scolaires, en ce sens que j’apprécie d’avoir des notes, une introduction, des repères, quand je lis du Stendhal ou du Flaubert. C’est pour moi indispensable. Et que dire des auteurs grecs ou latins... Aujourd’hui, lire le Quichotte sans avoir accès aux notes de J. Canavaggio, par exemple, c’est perdre beaucoup ; c’est même perdre énormément.
      La Pléiade en numérique, ce serait magnifique.
      (je suis d’humeur utopiste, ce midi).

    • tu as parfaitement raison, Maxime, et la réponse appartient aux universitaires : quand est-ce qu’ils se décideront à s’y mettre ?

      surtout qu’il y a formellement un énorme espace d’invention, faire surgir différentes versions d’un texte, liens extérieurs vers dictionnaire ou encyclopédie (voir notre "sainte Tina l’exilée" sur publie.net), travailler sur comment faire surgir matériau critique en "sous-couche" (voir notre "écrire au quotidien")

      pour les Pléiade : erreur commerciale grave côté édition tradi, de privilégier les best-sellers au lieu du fond

      en attendant, quand même, il ne faudrait pas que ça t’empêche de visiter nos productions contemporaines !

  • Sony propose un système de création et gestion de notes au doigt, au stylet, au clavier virtuel, de leur classement sur le dispositif, sans équivalent. Le Kindle 9,7 est bien commode pour lire les PDFs d’ouvrages de cette taille (A5).
    Il faut souligner également que la plupart des livres en ePub, format soit-disant universel, sont préparés pour chaque plate-forme afin de les rendre plus contraints et profiter des caractéristiques de chacune d’elles (et donc incompatibles de l’une à l’autre). Mais de ce fait, l’exécution est bien meilleure sur iBooks, Sony Reader ou Amazon que sur des dispositifs lambda ou que chargé directement de serveurs qui ne font aucune préparation.
    Enfin, pour découvrir les possibilités du livre ouvert HTLM5 (format prisé par Google, sans doute futur d’Amazon, et intégré à Safari), voir cet ouvrage/démonstration :
    http://goo.gl/rjpi4

    Voir en ligne : http://brunorives.blogspot.com

    • Merci pour cette "précision". Cette "préparation" est en fait une raison pour laquelle j’achète chez Smashwords quand je peux : L’usage de la Moulinette (MeatGrinder) interdit justement de ’profiter’ des caractéristiques de telle ou telle liseuse. Il s’agit bien d’un nivellement par le bas, mais qui me convient bien pour l’instant. Par contre, avec epub3 et KF8, il va falloir qu’ils trouvent un autre mode de transformation !

  • J’ajoute le PRS350, modèle de poche, y compris de veste, très commode et renforcé, et pour ceux qui souhaitent expérimenter, mais ce n’est pas tout à fait le même budget, des prototypes reader/writer(?) A4 ultra rapides et A3 couleur.

    Voir en ligne : http://papierelectronique.blogspot....

  • Bonsoir,

    Parmi les liseuses mentionnées ci-dessus, quelles sont celles que vous conseillez plus particulièrement pour une bibliothèque de recherche ?
    Nous souhaiterions en effet prêter des liseuses à nos masters, dans un premier temps. Une partie des livres intégrés dans la liseuse seraient au format PDF (ceux que nous numérisons par ailleurs, et ceux d’un éditeur suisse).

    En vous remerciant
    Bien cordialement
    Alexandra

    • Marques et appareils, tablettes ou mix, vous trouverez de nombreux compte rendus d’expérience à ce propos dans les blogs de bibliothèques.

      Recommandation 1 : les étudiants (ou les chercheurs) ont chacun leurs habitudes de travail, il me semble que l’important c’est de leur faciliter l’accès aux ressources numériques proposées sur leurs propres appareils, dans leurs usages. Donc l’accès à distance et le streaming (voir côté publie.net expériences bibliothèques publiques de Montréal ou Rennes Champs Libres).

      Pour ce qui est du prêt de matériel avec sélection de livrels, des tas d’expériences en cours, et d’autres qui vont démarrer, de Romans à Antibes, ou certaines BU (Angers) – pas de recette magique, mais combien me désespèrent les expériences qui se contentent alors de proposer du domaine public même pas mitonné pour epub correct, ou une sélection d’oeuvres commerciales homothétiques....

      Quant au PDF : à la corbeille ! c’est illisible sur liseuses. Préparer les epubs, c’est le job des éditeurs numériques, pourquoi pas un tout petit peu de dialogue et de confiance ?

    • Liseuses et BU
      heureuse propriétaire d’un Ipad2, et chercheuse en histoire, j’attend avec impatience les prêts sous forme numérique.
      Facilité de lecture, poids (fini les sorties de BU avec une valise à roulettes) et adaptation aux problèmes de vue car cela est peu abordé mais les réglages possibles par les tablettes permettent aux lecteurs d’adapter facilement les polices de caractères, type et grosseur, rendant ainsi la lecture facile ou tout simplement possible.
      Merci pour votre article

    • alors insister une fois deux fois trois fois quatre fois auprès de votre BU : tout publie.net à leur disposition, et bouquets de titres possibles voir chez les Immateriels

      de nombreuses BU l’ont compris, mais c’est de la pression des usagers que surgira l’élan, voir liste de nos abonnés

    • Prêt de matériel compliqué (je passe sur évidence type obsolescence, DRM, peur des collègues, etc).
      Préférez mise à dispo des ressources sans DRM en flux, sans quoi vous allez vous enfermer.

      Daniel B, BU Angers

    • Bonjour,

      avez-vous quand même continué à travailler l’idée du prêt ? Je travaille sur un projet de prêt de liseuses en BU de recherche en mathématiques, fonds très précis que l’on ne trouve pas sur publie.net et autres plateformes, nous produirons nos propres epub, là n’est pas le problème, enfin pas encore...
      Je cherche des résultats d’expérience de prêt en bibliothèque universitaire. Nous ne souhaitons pas de DRM, pourtant il faut tout de même garder un contrôle sur le téléchargement des ouvrages.
      Comment procédez-vous de votre côté ?

      Maider B.

  • Merci François ainsi qu’aux commentateurs. Cette page est passionnante.

    A l’occasion d’un arrêt forcé, j’ai franchi le pas il y a quelques semaines en me procurant un Kindle à 99€. Premier livre acheté, évidemment : le Après le livre :)

    J’apprécie vraiment l’encre électronique. L’ergonomie générale est convenable. L’absence d’écran tactile ne me manque pas.

    Mais j’ai tout de même un gros soucis avec l’absence de prise en charge des césures et la justification forcée à droite systématique. Quant à la gestion fine des espaces, j’ai un gros doute, brevet ultra protégé ou pas. Je ne suis pas sûr non plus que les espaces insécables soient bien gérées, je suis tombé sur un guillemet français ouvrant en bout de ligne.

    J’avais remarqué cela déjà sur le lecteur logiciel Kindle sur Mac.

    Bref. J’attendais mieux en matière de rendu. Les logiciels des autres modèles sont-ils aussi ... rudimentaires ?

    PS suite à l’écoute de Répliques (Les livres et après ? Alain Finkielkraut reçoit Frédéric Beigbeder et François Bon) ce matin sur France Culture, je ne peux m’empêcher de faire le lien vers ce papier de 1997 sur "le dernier livre" (version texte, sans figures, l’original n’est pas accessible librement). Ce projet m’avait frappé à l’époque. Il me titille toujours :)

    Voir en ligne : The Last Book by J. Jacobson, B. Comiskey, C. Turner, J. Albert, and P. Tsao

    • Ca fait maintenant 10 mois que j’ai mon kindle 3 et je ne m’en lasse pas !

      J’ai pu tester le kobo (ma mère l’a) et je ne changerais pas. Même si l’interface du kobo est plus sympa de prime abord, je préfère la sobriété du kindle et le non tactile. Naviguer dans le kobo est certes plus simple (pour acheter des livres par exemple), mais pour la navigation dans un livre (ce qui est quand même l’objet même d’une liseuse) je trouve le kindle bien plus pratique.

      Lisant pas mal en anglais, le store d’amazon propose de plus beaucoup de bonnes affaires et sur des titres de qualité (par exemple, the firm de Grisham à 0,99€).

      Voir en ligne : video kindle 3